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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 07:55
Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Livre singulier que celui proposé par Sylvain Combrouze ; Prison d'ébène. Déjà chroniqué par Oncle Fumetti. Celui-ci a comme à son habitude souhaité en savoir plus.

Bonjour Sylvain Combrouze. Votre premier livre est publié ces jours-ci et vous êtes encore peu connu. Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Et surtout pourquoi ce mode d’expression ?

Bonjour. Je m'appelle Sylvain Combrouze, j'ai trente sept ans et je vis à St Junien à côté de Limoges. J'ai étudié les Arts Appliqués, et je suis aujourd'hui concepteur volumiste-graphiste dans le domaine du carton. Depuis toujours le dessin m'accompagne donc il me paraissait évident de raconter cette histoire en bande dessinée.

Vous publiez « prison d’ébène » avec les éditions La Boîte à Bulles. Présentez-nous ce livre ? Quel est le sujet ? Pourquoi ce thème ? Et pourquoi cette narration sur deux époques ?

"Prison d'ébène" est une histoire fantastique, dont les thèmes sont la vie, la mort, la vengeance, sur les choix que l'on doit faire, sur l'ambivalence du personnage principal: Ernest. Elle est construite sur l'alternance de deux époques: Une qui se déroule au 18ème siècle, l'autre de nos jours à Nantes. Cette mise en scène permet de maintenir un intérêt, une intensité, un effet miroir qui prend tout son sens à la fin. J'ai toujours eu le goût pour les récits fantastiques, surréalistes et c'est vrai que le vaudou, la magie noire s'y prêtent bien. Et puis ces origines, croisement des croyances des esclaves venus d'Afrique et des croyances catholiques. Ayant vécu dans cette belle ville durant trois ans, je me suis intéressé à son passé, ces lieux, et je voyais là tous les ingrédients pour réaliser une histoire. Ce n'est pas un récit historique, c'est plutôt un conte, une fable surréaliste sur une base historique.

Une fois le sujet et le thème abordés. Pourquoi le noir et blanc ? Pourquoi cette absence de texte ?


Au début de l'écriture, il y avait du texte. Mais je me suis vite aperçu que ces images fortes que j'avais depuis longtemps dans la tête fonctionnaient beaucoup mieux sans. Et puis cette absence de paroles renforce ces ambiances sombres, ce climat mystérieux, le clair obscur, et le dessin en noir et blanc s'y prête merveilleusement.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Cette œuvre est sombre et laisse le lecteur un peu livré à lui-même. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi et le sens de votre démarche ?

Il est certain que ce parti pris radical offre une liberté d'interprétation. Je ne veux pas non plus perdre le lecteur : On suit les événements, le parcours des personnages dans l'ordre que j'ai établi. Mais il y a cette volonté de ne pas imposer mon point de vue. Chacun peut s'approprier l'histoire, cela reste un livre ouvert. Il est peut-être possible de voir encore autre chose en relisant le livre. Cela enrichit, donne de l'épaisseur au récit.

Vous publiez votre premier livre à presque quarante ans. C’est dû à quoi ? Pourquoi cette maturation lente de votre livre ?

Cette façon de raconter demande une grande rigueur sur le découpage, l'articulation des planches. Je me suis un peu éternisé sur le story: J'ai recommencé, je me suis égaré, je suis revenu... La mise en scène, j'adore ça, c'est peut être l'aspect que je préfère en bande dessinée. Et puis c'est un premier bouquin avec ses hésitations, ses doutes, trouver le bon angle,un rythme, cela prend pas mal de temps.

Vous travaillez comment ? Quels outils ? A quel rythme ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Pinceau, encre de chine, gouache blanche, cutter sont mes armes. Ensuite il y a la palette graphique pour réaliser la bichro. Je travaille quand je peux, le soir après le boulot ou bien le week-end.

Quelles sortes de BD lisez-vous ? et comment vous ont-elles influencé si c’est le cas ?

Comme tout le monde j'ai lu les grands classiques: Les Astérix, Tintin, Spirou...mais de plus en plus je lis les auteurs qui ont un univers, quand j'ai le sentiment qu'il me parle avec leur propre language: C'est Edmond Baudoin, Blutch, Dave McKean, Chris Ware, Burns, Moebius, Zezelj, Thomas Ott, Winshluss, Larcenet, Druillet, Levallois ... Y'en a tellement. Tous ces auteurs m'ont influencés, m'ont inspirés de près ou de loin, tant sur le plan graphique que narratif : Par exemple "Cages" de Mckean m'a beaucoup marqué à l'époque de sa sortie, il y avait ce parfum un peu étrange, ce regard sur la vie, cette poésie embellie par une très jolie bichromie, c'est un livre important pour moi. Et puis Arzach de Moebius, les Yeux du Chat, c'est culte! Je vais pas tous les citer mais il y a vraiment des petits bijoux en bande dessinée.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Didier Comès a publié « Silence » presqu’au même âge que vous « prison d’ébène ». C’était quasiment sa première publication, un succès, et c’est aussi une œuvre en N &B. C’est le hasard ?

C'est un pur hasard ! Comès fait partie des grands et si le livre rencontre le même succès que Silence ça serait énorme ! Il y a aussi cet ouvrage: "L'ombre du corbeau" un récit magnifique qui m'avait beaucoup marqué enfant.

Comment envisagez-vous la suite de votre travail ? Quels sont vos projets ?

Pour le moment j'ai envie d'accompagner le plus loin possible ce livre, participer à des manifestations. Il a un bel accueil pour l'instant, donc c'est très motivant, on va continuer. Pour la suite, j'ai un embryon d'histoire, mais trouver le bon équilibre entre la vie de famille, mon métier et cette activité très prenante, solitaire, n'est pas toujours évident.

Merci pour toutes ces réponses Sylvain et à bientôt.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

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Published by Oncle Fumetti