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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 07:55
Le masque de Fudo – Brume de Saverio Tenuda chez Les Humanoïdes Associés.

Le synopsis des Humanoïdes Associés :

« Le jeune Shinnosuke, issu de la classe la plus basse de la société japonaise médiévale, grandit entre une mère qui le rejette et une petite soeur qu'il essaie de protéger. C'est derrière un masque en bois, découvert dans un temple abandonné, qu'il trouve le courage de lutter contre sa condition. Mais ce masque semble exercer un pouvoir de fascination de plus en plus grand... Avec ce premier volet d'une nouvelle série, Saverio Tenuta nous dévoile le passé de Fudo, personnage central de La Légende des nuées écarlates. »

Un petit Spin-off pour le voyage vers Angoulême. Cela ne peut pas faire de mal. Quand en plus, c’est signé Tenuda cela ne se refuse pas. Cet auteur de qualité nous propose une prise d’angle pour retourner mieux dans son univers et dans sa série remarquable « La Légende des nuées écarlates ». C’est l’occasion pour les fans de retrouver leurs héros favoris et pour les lecteurs nouveaux d’accéder par cette voie royale au Japon médiévale et à cette culture ancestrale. Que dire du style ? Saverio Tenuda comme à son habitude nous livre un travail superbe. C’est fin et raffiné. Les codes couleurs sont splendides. C’est de la peinture. Les planches sont bien découpées et la dramaturgie est très maîtrisée. C’est une œuvre cohérente qui s’intègre bien à l’ensemble de la saga. Chacun y puisera ce qu’il veut. C’est sorti le 21 janvier.

Saverio Tenuta est né à Rome en Italie le 14 mai 1969. Il est diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Rome. Dès 1993, il commence à travailler en tant que graveur d'art et que graphiste dans la publicité. A partir de 1996, il entame une collaboration avec plusieurs éditeurs américains notamment avec SQP (Conan the cruel). En 1997 c’est sur ses terres italiennes qu’il collabore avec Phoenix sur différents albums, comme Laida Odius, ou encore Les cauchemars technologiques. En 2001, c’est le grand saut, il participe à JLA : riddle of the beast, nouvelle graphique éditée par DC Comics, avec des oeuvres de peinture pour Batman, sur un texte de Alan Grant. En 2006, publication du premier volet d'une aventure médiévale japonaise prévue en quatre tomes "La Légende des nuées écarlates". En parallèle de ses projets de bandes dessinées, Saverio continue, depuis 1993, à donner des cours à l'Ecole Internationale de Bande Dessinée de Rome.

Le masque de Fudo – Brume de Saverio Tenuda chez Les Humanoïdes Associés.
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 07:55
Angoulême 2016 : le pronostic d'Oncle Fumetti.

Comme depuis trois ans, Oncle Fumetti se lance et fait sa sélection et essaie detrouver le vainqueur du Fauve d'Or 2016. Pas sûr d'être dans le vrai mais on peut essayer. On s'en fait quatre pas plus.

1 – La République du Catch de Nicolas de Crecy chez Casterman. Une histoire improbable , des personnages étranges et le style de Crécy inimitable. nous fait suivre à un rythme effréné les aventures improbables d'un marchand de pianos, d'un manchot, de mafieux peu amènes et, bien sûr, de catcheurs. Les amateurs du trait de Nicolas de Crécy retrouveront avec grand plaisir l'univers riche et chaleureux de l'auteur et les autres vont découvrir autre chose. Le favori d'Oncle Fumetti.


2- Saga tome 4 de Fiona Staples et Brian K Vaughan chez Dargaud/ Urban Comics. Une légende de la BD. C'est le recyclage de contes pour enfants. C'est novateur et très connu. Au delà de cela c'est superbement dessiné. Une série à lire et à relire.


3 – Vive la marée de David Prudhomme et Pascal Rabaté chez Futuropolis. C'est une œuvre écrite et dessinée à quatre mains. Il s'agit d'une fresque de 120 pages qui promène le lecteur dans les clichés des stations balnéaires. C'est le portrait d'une population obsédée par la réussite de ses vacances. C'est bien vu et bien pensé. Il peut gagner.


4 – Murderabilia de Alvaro Ortiz chez Rackham. Un livre déjà remarqué par Oncle Fumetti à sa sortie. C'est une œuvre intéressante. C'est travaillé et même fouillé. On reconnaît la patte des ibères. L'école espagnole du dessin est excellente. En tout cas l'auteur crée son propre univers. Il dessine et scénarise. Bien lui en a pris. Le Vieux Fumetti a beaucoup aimé. A découvrir absolument.

On est sûr de rien mais ces livres ont leurs chances. On verra bien.

Angoulême 2016 : le pronostic d'Oncle Fumetti.
Angoulême 2016 : le pronostic d'Oncle Fumetti.
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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 07:55
Anima et Druuna de Paolo Eleuteri Serpieri chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

«Elle se réveille à moitié nue, enfourche son fidèle destrier volant et part explorer les contrées sauvages et splendides de son monde. En chemin, elle bravera tous les dangers et vivra des aventures incroyables et sensuelles. Elle fera la rencontre d’un homme aussi bestial que les créatures féroces qu’il affronte, puis celle d’une mystérieuse femme. Son destin s’en trouvera changé à tout jamais. ». et « Dans un futur post-apocalyptique, un dangereux virus transforme les hommes en effroyables mutants assoiffés de sang. Seul le sérum permet aux survivants d’en réchapper. Dans ce monde corrompu par le sexe, la maladie et la violence, la jeune et belle Druuna part en quête de la moindre fiole de ce remède pour sauver l’amour de sa vie : Schastar, gravement atteint. Aussi intrépide que sensuelle, elle va user de tous ses atouts pour parvenir à ses fins... ».

C'est l'année Serpieri chez Glénat. En effet ,Druuna, série de référence de la bande dessinée érotique des années 1980, est aujourd’hui rééditée ! Grâce à ce premier album reprenant les 2 premiers épisodes de la saga, vous avez la possibilité de lire ou de relire l’œuvre de l’un des maîtres de la bande dessinée italienne : Serpieri, dont le talent de metteur en scène et la fascination pour les femmes le rapproche d’un Milo Manara. C'est de la BD érotique mais pas que. Chaque nouvelle édition – un volume tous les 3 mois – sera enrichie d’un cahier graphique. Dans le même temps Glénat nous fait le plaisir de rééditer Anima. Il s'agit pour le grand Serpieri de nous embarquer dans un torrent de sensations, de beauté et de sensualité. C'est une épopée fantastique et sublime, teintée d’humour,aussi. Les dessins parlent d’eux-mêmes. Quand vous saurez que La Galerie Glénat consacre une exposition à ce très grand artiste pendant 1 mois depuis hier, vous ne pourrez plus dire "je ne connais pas" et surtout "je n'apprécie pas". C'est un très grand artiste.

Paolo Eleuteri Serpieri est né le 29 février 1944 à Venise. Il débute en tant que peintre en 1966, avant de se tourner vers la bande dessinée en 1975. Grand amateur de westerns, il coécrit L'Histoire du Far-West, série sur le Far West, avec le scénariste Raffaele Ambrosio, et publiée aux éditions Larousse. À partir de 1980, il travaille sur différents projets comme Découvrir la Bible, encore pour Larousse, ainsi que sur des courtes histoires pour différents magazines. En 1985, il crée la série Druuna, qui comprend 8 volumes publiés entre 1985 et 2003. Ses œuvres ont connu un très grand succès avec plus d'un million d'albums et une traduction dans 20 langues. Il a également travaillé sur le design du jeu vidéo Druuna : Morbus Gravis, basé sur le personnage de sa plantureuse héroïne.

Anima et Druuna de Paolo Eleuteri Serpieri chez Glénat.
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 07:55
Les tourbieres noires de Christophe Bec chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« Antoine est un jeune photographe qui parcourt les tourbières de l’Aubrac à la recherche de clichés inédits. Alors qu’il est surpris par la rapide tombée de la nuit, il trouve par chance une vieille ferme fortifiée et demande le gîte. Le propriétaire, Baptiste, l’accueille en compagnie de ses deux molosses écumants de bave. Ce vieux chasseur acariâtre semble cacher un lourd secret de famille... Mal à l’aise, Antoine hésite à rester, quand la sublime fille de Baptiste fait son apparition : Mélodie, à la beauté aussi envoûtante que les landes de l’Aubrac.. »

Christophe Bec s'est librement inspiré de Guy de Maupassant sur cette œuvre. Même si c'est juste une évocation cela se sent. Il faisait défaut depuis un moment puisqu'il n'avait pas dessiné et réalisé un travail de bout en bout depuis un moment. Il dessine et scénarise. L'Aubrac est un terroir qui l'inspire puisqu'il avait travaillé sur un projet sur la bête du Gévaudan. Il a aussi scénarisé la série Royal Aubrac pour Vents d'Ouest. Il aime le fantastique. C'est clairement un amateur de Lovecraft, de Poe et cet album est de cette veine. Graphiquement il dit s'inspirer de Breccia, Vance ou Giraud. L'atmosphère est pesante et intéressante à lire. D'ailleurs la relecture est nécessaire pour ceux qui trouveront des doubles sens et de détails pas vus dans la découverte. C'est un bon livre pas forcément à mettre entre de jeunes mains. Une belle découverte.

Christophe Bec est né à Rodez en 1969. Il étudie à l’école européenne supérieure de l’image d’Angoulême. Il est à la fois scénariste et dessinateur. Son premier contrat est signé chez Soleil. Il collabore avec Corbeyran, Dorison, Rocca notamment.

Les tourbieres noires de Christophe Bec chez Glénat.
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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 07:55

Kim Jung Gi est un artiste coréen, né en 1975 à Goyang-Si, une province de Kyongki en Corée du Sud. À 19 ans, il entre à l’École des Beaux Arts et en sort avec un Master d’Art et de Design. Il étudie 3 ans à l’Université de Dong-Eui à Busan, sur la côte Ouest, qui est réputée pour son enseignement technique. « Funny Funny », la première publication de KJG est apparue dans le « manwha » (manga coréen) « Young Jump ». De là ont découlé plusieurs nouvelles et quelques expositions avant que KJG ne commence à enseigner le « manwha » dans des universités et autres écoles privées.En 2007, 2011 et 2013 il publie 3 sketchbooks qui regroupe 2200 pages de son art. Quand il ne travaille pas pour une agence de pub en Corée ou qu’il n’est pas occupé par AniChanga, l’école de dessin qu’il a créée à Séoul, il travaille avec l’écrivain français Jean-David Morvan sur la BD « Spy Games » qui est sortie aux éditions Glénat. Sur cette vidéo il travaille sans crayonné, à main levée. Le crayonné est dans sa tête. Il est connu pour réaliser de grandes fresques de la même manière.

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 07:55
Golem de LRNZ chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« Steno ne peut pas s’arrêter de rêver. Pour une raison quelconque, dans un monde où le moindre besoin est déjà satisfait par le « système », Steno sent qu’il devra, tôt ou tard, réaliser son rêve par lui-même. Il n’imagine alors pas que le monde entier a besoin de lui, de cette capacité à rêver... »

C'est une première que nous proposent Glénat Comics et LRNZ. Première œuvre. Déjà le pseudo du créateur interpelle. C'est pas neutre de se déclarer par quatre lettres. Cet italien talentueux et il y en a beaucoup dans la BD nous mène à son gré dans une satire sociale. Et là on va vous sortir le coup de la parabole politico-philisophique. On va vous parler de l'économie, de la mondialisation, de Big Brother, de la finance sans âme qui écrase et maltraite le monde. Il y a de cela mais c'est talentueusement traduit par cet artiste particulier. Pour son premier roman graphique Lorenzo Ceccoti signe un récit de SF et d’anticipation ambitieux, surprenant et complètement maîtrisé en s’inscrivant dans un registre graphique élégant et virtuose. C'est du tout bon. Assez-y franco. C'est sorti.

LRNZ alias Lorenzo Ceccoti est italien. Italien de Rome. C'est un artiste et un designer. Il est membre du collectif SUPERAMICI. Il travaille dans de nombreux domaines de l'art visuel. Consciencieux, LRNZ aime aller à la recherche de la beauté en toutes choses. Il voue une grande passion pour les jeux vidéo, l'art et le chara-design japonais et, bien sûr, la bande dessinée.

Golem de LRNZ chez Glénat.
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 07:55
La page érotique d'Oncle Fumetti...Premières fois de Sybilline chez Delcourt

Le synospis de Delcourt :

«Charnel, sensuel, brutal, tendre, obsessionnel, solitaire, soft... Le sexe recouvre une gamme infinie de premières fois. En voici dix exemples : Première fois, Sex Shop, Fantasme, 1+1, 2+1, Nulle, Club, Soumission, Sodomie et X-rated. Dix récits aussi courts que brûlants. »

Voici un album érotique un peu particulier. Il n'est pas dû à la réalisation d'un ou d'une artiste mais de plusieurs. Au dessin il s'agit quand même de pointures jugez-en Messieurs Dames ; Dave McKean, Cyril Pedrosa, Dominique Bertail, Olivier Vatine, Alfred, Vince, Capucine ou Virginie Augustin. L'homogéneité de l'ensemble est assuré par les petits scénarios de Sybilline. Cela crée une unité interéssante tout en garantissant des œuvres graphiques différentes et riches. Après chacun y trouvera son compte puisque tous ces styles ne plaisent pas forcément mais les confrontations sont toujours riches. L'avantage des nouvelles c'est que cela apporte de la diversité et que cela ne lasse pas. C'est donc une création de 104 pages plaisantes. Vous le trouverez facilement et vous passerez un joli moment avec toutes ces première fois. C'est sorti en 2008. Bonne découverte.

Sybilline est née en mars 1978 à Paris. Elle multiplie des petits boulots : figuration, animation d'une émission un peu chaude sur le net avec Brigitte Lahaie. Une amie lui propose un poste dans une maison d'édition : Sibylline devient, en août 2005, l'Accueil des Éditions Delcourt. Son envie de raconter des histoires grandit et, en 2007, elle rencontre Loïc Dauvillier qui lui propose de partager l'écriture d'un livre : Nous n'irons plus ensemble au canal Saint-Martin. Réunissant les dessinateurs Jérôme d'Aviau, François Ravard et Capucine autour de trois histoires émouvantes et intimistes, cet ouvrage est publié en octobre 2007 aux Éditions Les Enfants Rouges. Encouragée par David Chauvel, elle décide de rassembler un collectif pour raconter les histoires les plus secrètes ; parler de sexe, le montrer, sans rougir, sans tricher et sans pudeur. Sibylline espère que chacun, quelles que soient ses références, sera ému ou touché par ces histoires.

La page érotique d'Oncle Fumetti...Premières fois de Sybilline chez Delcourt
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 07:55

Enki Bilal est né le 7 octobre 1951 à Belgrade. Il est dessinateur, scénariste de bandes dessinées. En 1960 il emménage à Paris. En 1967 naturalisation de lui et de sa famille. En 1971 il gagne un concours du Journal Pilote. En 1980 il publie sa première série « La foire aux Immortels ». En 1985 il fait des recherches graphiques pour Jean Jacques Annaud pour le film «Le Nom de la Rose ». Il obtient le Grand Prix du 14e Salon International de la Bande Dessinée d'Angoulême en 1987. En 2013 : Il expose au Musée du Louvre une vingtaine de photographies de tableaux célèbres dans lesquelles il dessine des fantômes « Les Fantômes du Louvre ».C'est un des plus grands dessinateurs ou artiste contemporain. Aujourd'hui dans cette vidéo réalisée pour Le Point et Casterman il explique et nous montre dans son atelier, sa technique du passage du crayonné à la peinture acrylique. En 2010.

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 07:55
Les 10 ans des éditions "Les Enfants Rouges" : L'interview de Nathalie Meulemans.

La maison d'édition « Les enfants rouges a 10 ans cette année. Nous avons souhaité interroger sa créatrice et directrice ; Nathalie Meulemans.

Meilleurs vœux pour cette année qui débute. Votre maison d'édition a 10 ans. Racontez nous sa genèse Comment et pourquoi souhaite-t-on un jour éditer des livres ?

Avant l’édition, il y a eu une librairie spécialisée en bandes dessinées. En 1992, j’ouvrais une petite librairie à Antibes. Deux ans plus tard, je l’ai déménagée dans un local plus grand en y annexant une partie café/petite restauration. L’endroit était très convivial et permettait d’inviter des auteurs pour des rencontres et dédicaces. Je me suis, dans la même période occupée, de la programmation d’un festival de bandes dessinées à Valbonne et d’un atelier dédié aux expositions d’auteurs.De nombreuses rencontres et discussions m’ont donnée envie d’élargir mes connaissances dans le domaine de la bande dessinée. Le « roman-graphique » (comme on l’appelait à cette époque) était en plein développement et promettait de belles créations. En 2005, l’envie de me lancer dans l’édition s’est imposée naturellement. Cela me permettait de travailler au plus près avec les auteurs.

Pourquoi éditez vous des bandes dessinées ?

Après 14 ans de librairie spécialisée, j’ai vu la diversité qu’offre la bande dessinée. C’est un domaine qui m’est à la fois familier et qui me surprend sans cesse. Les premières bandes dessinées que j’ai publiées m’ont été présentées par des auteurs qui étaient aussi des amis, comme Marc Moreno, Loïc Dauvillier, Laurent Bramardi.... Nous avons pu travailler en confiance en prenant le temps de développer à la fois les récits, la pagination, les maquettes, les formats, chacune des étapes qui allaient construire la création des collections.

Planche de "Bernarreke"

Planche de "Bernarreke"

Je crois que votre ligne éditoriale est le monde de l'intime, les récits personnels. Pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que ce sont des récits qui me touchent.

Est-ce que l'on pourrait voir les Enfants rouges éditer de l'héroïc fantasy, du western ou de la Science Fiction ?

Parmi ces trois genres, la science-fiction existe déjà un peu dans le catalogue des Enfants Rouges. Je pense à deux albums qui sont plutôt des récits d’anticipations : « Chronique d’une chair brûlée » de Fabien Bertrand et Aude Massot dont l'action se déroule dans une société totalitaire, un récit proche de « Brazil » ou alors « Métropolis » de Christophe Girard d’après l’oeuvre de Fritz Lang. Le western, pourquoi pas. Il peut-être moderne, à l’instar du film français « Les cowboys ».

Comment choisissez vous vos auteurs ? Est-ce la nature du projet qui vous attire ? La recherche artistique ? Le feeling ?

Un peu de tout cela. Mais avant tout, il y a l’histoire et les rapports humains. Pour le graphisme, je parlerais davantage de feeling. J’aime quand un auteur se distingue par son univers, même si on ressent parfois ses inspirations, mais si je suis surprise en recevant un projet, c’est déjà une première étape.Ce fut le cas lorsque j’ai reçu les pages de "Fastermarket "de Jérémy le Corvaisier. J’ai eu réellement un coup de coeur pour son style et son univers très particulier.

Planche de "La belle absente".

Planche de "La belle absente".

Avez-vous des interdits ? Peut-on tout publier ?

Je ne m’interdis pas de publier, mais si je n’aime pas, je ne publie pas. Il y a des genres qui ne font pas partie du catalogue, soit par goût, soit par choix de ne pas les développer. On me propose souvent des « gags » issus de blog. Même si certains sont bien traités, bien réalisés et drôles, je ne suis pas intéressée par une publication papier de ce que l’on peut lire gratuitement sur les blogs. Une exception : avec David Snug, nous avons publié « La maison n’accepte pas l’échec » en 2013. La majorité des histoires étaient parues sur son blog de façon sporadique, mais pour la version papier, il a complètement redessiné chaque histoire. Je travaille avec David Snug depuis ses débuts. Nous avons publié son premier album « Je suis très déçue par ton attitude » en 2008, il a un univers bien particulier avec des traitements graphiques qui ont évolué pour chacun de ses albums.

Quels sont vos auteurs-phares. Présentez les nous ?

Je vais citer ceux avec lesquels je travaille de façon régulière, comme Christophe Girard. Nous venons de publier le 10e album « Bernarreke » sur un scénario autobiographie de Bernard Valgaeren. Ils préparent le secont volet qui paraîtra en octobre 2016. Jean-Marc Pontier, auteur de "Peste blanche » a également travaillé avec Bernard Valgaeren sur un récit-graphique-témoignage "Jean-Eudes ». Jean-Marc Pontier est enseignant, peintre, auteur et critique. Il finalise son prochain projet « Les panthères" qui paraîtra en avril 2016. Séverine Vidal est une scénariste qui écrit beaucoup pour le jeunesse et les adolescents. En 2014, nous avons lancé une petite collection « Les petites marées » dont le 1er album « Mona » avec Mathieu Bertrand a su rencontrer son public. « Rose" et « Jules » sortiront en octobre 2016. Parallèlement, Séverine Vidal m’a présenté un autre projet « La belle absente » co-scénarisé avec Constance Joly et illustré par Barroux. Un récit noir pour adultes à paraître en avril 2016. Avec Camille Rebetez et Pitch Comment, deux auteurs suisses, nous nous sommes lancés en 2012 dans une « série ». La série n’était pourtant pas dans mes intentions éditoriales, mais la rencontre avec les auteurs et l’originalité du projet « Les indociles » m’ont convaincue. Janvier 2016 voit se terminer cette saga qui a vu défiler 50 ans de la vie des personnages.

Planche de "Les panthères".

Planche de "Les panthères".

Pour une maison comme la vôtre est-ce que le numérique est une évolution nécessaire voire indispensable ? Peut-on s'en passer ?

Non, je ne pense pas et je n’y pense pas. J’ai du mal à imaginer lire un roman-graphique sur une tablette. 200 planches sur une tablette... on perd forcément l’ensemble de vue.

Comment allez-vous fêter vos 10 ans ? Devons nous nous attendre à des surprises ?

Pour les 10 ans des Enfants Rouges, nous avons décidé de présenter 10 albums du catalogue et de les proposer à 10 euros. Un beau cadeau pour tous les lecteurs qui souhaitent découvrir ou compléter leur collections. Le choix a été fait en fonction de l’actualité des auteurs ou de l’actualité de notre époque. L’occasion de revisiter le catalogue et de remettre en avant les albums qui ont égréné ces quelques années d’édition. Des albums d’auteurs qui depuis connaissent d’autres succès, des albums dont les thématiques résonnent encore dans notre actualité « Salt Pit – Prison secrète de la CIA », « La faute à 68’ », « Bello Ciao – G8, Gênes 2001 » ; des albums qui permettent de mettre en lumière la complexité et les dysfonctionnements administratifs « Jean-Eudes », des récits à hauteur d’enfants, parcours parfois difficiles mais poétiques « Sages comme une image », « Le fils de son père » ; des adaptaions littéraires « Il est mort le poète », « Rashômon » ; des autobiographies aux situations plutôt comiques, d’auteur parti s’installer au Vietnam « Yeü Yeü Saïgon » ou d’un adolescent des années 80 « J’aime pas la musique ».Ces dix récits complets au prix de 10 euros seront en librairie dès le 21 janvier.Nous serons à Angoulême pour fêter cette 10e édition avec les auteurs et présenter le premier album de Nina Jacqmin et Nicolas Antona :" La tristesse de l’éléphant ».

Au delà de cet anniversaire, quels sont vos prochaines parutions durant l'année qui vient et les défits à relever pour pouvoir fêter un jour vos 20 ans ?

J’en ai déjà cité quelques uns dans mes réponses précédentes ; il y aura "La tristesse de l’éléphant", le dernier volume de la saga « les indociles ». En avril s'ajouteront deux romans-graphiques plus littéraires « Les panthères » ou le parcours initiatique de Manu, l’idiot de la cité qui, par amour, va découvrir et aimer la littérature et les arts; puis "La belle absente », une écriture incantatoire et mystérieuse, à la deuxième personne du singulier, qui place d’emblée le lecteur dans la thématique de l’obsession amoureuse. En mai : "Mangeur de feu" de Gérald Gorridge, un récit gourmand sur la fameuse soupe vietnamienne Pho. Plus tard, paraîtront « Rose », « Bernarreke" (seconde partie), et « Pierrot" de Mary Aulne et Mathieu Bertrand.Voilà une année déjà bien chargée avec huit titres (contre 4 en 2015). Sans compter que j’ai un autre projet en parallèle, dont je vous parlerais prochainement si tout va bien.

Merci Nathalie Meulemans et bon anniversaire à votre maison d'édition.

 "La tristesse de l'éléphant".

"La tristesse de l'éléphant".

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 07:55
Le grand A de Xavier Bétaucourt et Jean-Luc Loyer chez Futuropolis

Le synopsis de Futuropolis :

«Quand le Grand A a été construit à l'aube des années 70, nul ne savait quelles seraient les conséquences de sa présence sur le centre-ville d'Hénin-Beaumont et sa région. Aujourd'hui, le chômage est omniprésent et la ville est dirigée par un élu Front National. Pour mieux comprendre le fonctionnement de cet hypermarché, les auteurs ont interrogés des clients, bien sûr, mais aussi, des caissières, des employés, la direction, des agriculteurs et des fournisseurs. Et les commerçants délaissés du centre-ville. Ils tentent de répondre à de multiples questions : L'Hypermarché est-il un « état » indépendant qui peut imposer sa loi ? Quelle organisation dans cet état ? Comment vendre à ceux qui n'ont pas les moyens ? Comment créer les besoins, de la baguette de pain au service bancaire ? L'Hypermarché est-il un ogre qui dévore et détruit tout sur son passage ou est-il source de progrès, de développement ? Comment fonctionnent les filières d'approvisionnement ? Les producteurs locaux sont-ils les laissés pour comptes de ce gigantisme ? Les clients sont-ils les victimes de la guerre économique liée au modèle de consommation ou les bénéficiaires? Les hypermarchés sont-ils les responsables de la malbouffe ? Le petit commerce et la vie des centres villes sont-ils victimes ou coupable de ne pas s'être adaptés ? »

Deux hommes du Nord de la France se livrent à une étude sociologique et économique sur la vie d'une ville de leur région qui semble organisée autour d'un hypermarché. Il est de plus situé dans une localité en souffrance ce qui accentue l'intérêt du livre. Souffrance économique et sociale avec un chômage endémique et une montée des extrêmes politiques. Il est intéressant de voir l'impact sur la vie des habitants de ce qui est un lieu de consommation avec une organisation marketing très stricte avec des gondoles normées et construites mais aussi un lieu de vie puisque les habitants s'y croisent et parfois plus. Tout un monde cohabite et interragit. Une étude complète et qui révèle ou confirme que l'arrivée des hypermarchés aura eu un impact très important sur l'organisation de la vie contemporaine. C'est passionnant à découvrir ou à redécouvrir. A lire absolument. Le livre sort aujourd'hui.

Jean-Luc Loyer est né le 18 août 1964 à Hénin-Liétard. Il est dessinateur.Il est diplômé de l'École des Beaux-Arts de Douai en 1984 et de l'École des Beaux-Arts d'Angoulême, il travaille dans l'atelier BD Sanzot, avec Mazan, Isabelle Dethan, Cécile Chicault. Après quelques années passées à travailler dans le dessin animé, qu'il avoue trouver «plus marrant au départ» (studio IDDH avec les Tortues Ninjas et Lucky Luke, puis Octopussy), il s''adonne à la bande dessinée. Jean-Luc Loyer est tout particulièrement sensible à Jaccovitti. Il avoue aussi apprécier le cinéma intimiste de Federico Fellini, sans oublier Marcel Pagnol, son auteur préféré. Il reconnaît être très curieux, touche à tout, et même «dispersé». Ainsi, outre d'autres projets de bande dessinée, il réalise des travaux de communication, de publicité, de sculpture, ou encore d'illustration sur CD-Rom.

Xavier Bétaucourt est né à Lille. Il est scénariste. Enfant il découvre des classiques tels que Tintin, Astérix et Gaston Lagaffe, puis les Comics US, avant de revenir à la bande dessinée franco-belge lorsque adolescent, il lit Blueberry. Il suit une formation de Lettres puis de filmologie. Il commence à travailler en tant que journaliste pour une télévision régionale et c'est par le biais de son travail qu'il se réalise aujourd'hui en tant qu'auteur de bande dessinée. Il ne revendique aucune influence particulière, si ce n'est un certain éclectisme, car elles sont, selon lui, multiples et inhérentes à sa personne, et reproduites de manière inconsciente.

Le grand A de Xavier Bétaucourt et Jean-Luc Loyer chez Futuropolis
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