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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 06:55
Le chevalier à la licorne de Stéphane Piatzszek et Guillaume Escalada Gonzalez chez Soleil.

Le synopsis de Soleil :

« 1346, la bataille de Crécy. Juan de la Heredia, chevalier Hospitalier, offre son cheval au roi de France en mauvaise posture. Cerné d’Anglais, il ôte son armure dans un sursaut de fougue, libérant ses mouvements et sa rage. La folie meurtrière qui l’envahit le garde en vie, mais Juan est désormais son captif. Le voilà qui se lance à la poursuite d’une licorne, comme on poursuit une chimère… ».

Voici un livre singulier. Le personnage qui a réellement est assez incroyable. Il a été le sauveur du roi à Crécy. Il lui laisse son cheval avant de se faire estourbir. Il survit et croyant avoir vu une licorne au moment de son presque trépas il se lance à sa poursuite une fois être revenu d'entre les morts. C'est un homme peu bavard et cela se ressent dans le livre. Il est constitué de planches superbes. La ligne claire est un style maîtrisé par Escalada Gonzalez. Il le prouve. La colorisation est très réussie aussi. La dramaturgie est habile et laisse le lecteur suivre ce récit parfois surréaliste. C'est un grand moment de BD. Cela faisait un moment qu'une telle virtuosité n'était pas apparue dans les bacs. Bref on passe un moment très agréable à tourner les pages. C'est sorti.

Stéphane Piatzszek est un jeune scénariste. Il a déjà quelques belles réalisations à son actif. Il a exercé plusieurs métiers ; enseignant, journaliste avant de trouver sa voix et d'écrire des scénarios. Il a collaboré aussi avec la télévision pour la série PJ produit pour France Télévision. Le commandant Achab est aussi sa came.

Guillaume Escalada Gonzalez est un dessinateur espagnol. Il nous propose son deuxième livre. Il est un virtuose et un remarquable coloriste.

Le chevalier à la licorne de Stéphane Piatzszek et Guillaume Escalada Gonzalez chez Soleil.
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 06:55

Joe Sacco, le dessinateur réaliste nous présente son travail réalisé sur la Grand Guerre. C'est passionnant.

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 06:55
Mitterrand, un jeune homme de droite de Richelle et Rebena chez Rue de Sèvres.

Le synopsis de Rue de Sèvres :

« Personnage controversé et mystérieux s’il en est, figure incontournable de la Cinquième République, Mitterrand n’en finit pas d’intriguer. Philippe Richelle nous propose de découvrir ses années de formation, entre 1935 et 1945 (entre ses 19 et 29 ans). Il sera notamment fait prison-nier pendant la guerre, s’évadera avant de s’impliquer pour l’aide à la réinsertion des prisonniers sous le régime de Vichy. Outre ses rapports avec nombre de figures historiques telles que le maréchal Pétain, Laval ou Giraud, ce roman graphique donne à voir un leader et surtout un fin politicien en construction. »

Mitterrand. François Mitterrand (1916 -1996) est un « Agent contractuel sous le Régime de Vichy, puis résistant, il est onze fois ministre sous la IVe République :ministre des Anciens combattants et des victimes de guerre, ministre de la France d'Outre-mer, ministre d' Etat, délégué au Conseil de l'Europe, ministre de l'Intérieur, garde des Sceaux, ministre de la justice. Il est député de la Nièvre (de 1946 à 1958 puis de 1962 à 1981) et sénateur de la Nièvre (de 1959 à 1962). Opposé au retour du Général de Gaulle, il affronte celui-ci au second tour de l'élection présidentielle de 1965, qu'il perd. Il devient premier secrétaire du jeune Parti Socialiste en 1971. Candidat de l'Union de la gauche à la Présidentielle de 1974, il est battu par Valéry Giscard d' Estaing.... Sa présidence se déroule du 21 mai 1981 au 17 mai 1995. Il détient ainsi le record de longévité (deux septennats complets) à la présidence de la République française", nous raconte dans un résumé rapide de Wikipédia. Dans ce bel album on nous raconte une partie de la vie de ce personnage emblématique du siècle dernier. C'est une des parties controversées de sa vie. Celle qui le voit travailler dans le gouvernement de Vichy sous le Maréchal Pétain et sous l'occupation allemande. C'est un album au graphisme fin et élégant. On découvre un riche et jeune bourgeois qui cotoie son milieu et prépare consciemment ou non sa montée vers les sommets. C'est un 152 pages intéressant à lire. Un album en noir et blanc. Si vous êtes un passionné d'histoire, un passionné de politique ce livre vous intéressera. Pour les autres, c'est l'occasion de découvrir un homme qui aura laissé une empreinte forte sur notre pays que l'on apprécie ou non son action. Cest sorti.

Philippe Richelle est né en Belgique à Liège en 1964 ; Il est le scénariste de ce livre. Il est aussi diplômé en sciences politiques et passionné de sciences humaines. Il est remarqué rapidement pour ses récits chez À Suivre, Belle comme la Mort et la sérieAmours Fragiles, avec Jean-Michel Beuriot. Il conjugue succès public et critique. Il s'est surtout distingué par ses scénarios politiques, Les coulisses du pouvoir chez Casterman et la série en cours chez Glénat, Les Mystères de la République.

Frédéric Rebena est né en France en 1965. Il intègre les Arts décoratifs de Paris avant de collaborer à la revue À suivre. Il s'oriente ensuite vers l'illustration presse et édition Il revient à la bande dessinée en 2009. Il réalise les couvertures du Club des cinq chez Hachette, des San Antonio chez Robert Laffont et Pocket et récemment de Sade chez 10-18. Il illustre des albums destinés à la jeunesse, dont La ménagerie d'Agathe, avec Eric Chevillard, chez Hélium.

Mitterrand, un jeune homme de droite de Richelle et Rebena chez Rue de Sèvres.
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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 06:55
La cavale du Dr Destouches de Christophe Malavoy et Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis.

Le synopsis de Futuropolis :

« 1944 : Louis-Ferdinand Céline, Lucette son épouse, et le chat Bébert quitte Paris bombardé. Traversant l’Allemagne en ruines, ils rejoignent Sigmaringen où s’est réfugiée la communauté française collaborationniste, et où ils retrouvent le comédien Robert Le Vigan qui a quitté le tournage des Enfants du paradis. Cerné par des personnages piteux et minables, voire carnavalesques, le drame tourne à la fable burlesque. De cet épisode historique réel, Céline a écrit D’un château l’autre, Nord et Rigodon. Christophe Malavoy, comédien intuitif et liseur attentif de littérature, féru de l’écriture Célinienne a eu l’envie et l’audace d’adapter la trilogie allemande de l’auteur de Voyage au bout de la nuit avec la complicité des frères Brizzi, ténors du film d’animation français. »

Singulier que transcrire Louis-Ferdinand Céline en Bande Dessinée. C'est un pari osé et difficile. Courageux en tout cas. Cet auteur brillant par le style et sûrement moins par la personnalité est complexe. Certes il y a une histoire qui se dégage de ces récits mais c'est surtout par le sens littéraire de Céline qui se crée l'atmosphère de ces livres publiés en 1957, 1960 et 1968 chez Gallimard. C'était un vrai challenge. Il semble au Vieux Fumetti que c'est réussi. Les frères Brizzi prêtent leurs talents à ce projet. Ils proposent un vrai travail graphique qui recrée l'univers de l'auteur et l'ambiance pesante des livres. Dès la couverture on plonge dans le récit. C'est intéressant et c'est sorti.

Gaëtan et Paul Brizzi sont frères jumeaux et sont nés en 1951. Ils sont parisiens. Ce sont des réalisateurs de dessins animés mais aussi des artistes peintres et des illustrateurs. Ils remportent en 1977 en emportant le César du meilleur court métrage d’animation pour Fracture. Ils font parti des rares français à avoir travaillé pour Disney. Leurs empreintes et leurs styles ont marqué notamment ;Astérix et la surprise de César, La bande à Picsou et l’Oiseau de feu dans Fantasia 2000.

Christophe Malavoy est né en 1952 en Allemagne. et vit aujourd'hui à Paris. Il a joué dans plus de 50 films et téléfilms et une vingtaine de pièces de théâtre. Il est également réalisateur et l’auteur de plusieurs romans, dont d’étoiles et d’exil chez Flammarion.

La cavale du Dr Destouches de Christophe Malavoy et Gaëtan et Paul Brizzi chez Futuropolis.
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:55
La page érotique d'Oncle Fumetti...Alex Varenne et Erma Jaguar.

Alex Varenne est né le 29 août 1939. Il est dessinateur et scénariste de Bande Dessinée.

Après avoir fait ses études à Lyon, il devient professeur en arts plastiques. Il crée en 1979 la série Ardeur, du nom de son héros, avec son frère Daniel. Il est publié alors dans Charlie Mensuel. Six volumes sont alors publiés entre 1980 et 1987. Varenne aura l'occasion de montrer son trait souple et son art du noir et blanc. En 1985, il publie sur un scénario de son frère Daniel Varenne L'Affaire Landscape. Il publie dans L'Echo des savanes et il se consacre beaucoup à l'érotisme, avec Carré noir sur dames blanches(1984), les trois volumes de la série Erma Jaguar (1988-1992), Corps à corps (1987), Les Larmes du sexe (1989), Amours fous (1991), et les portfolios Erotic Opera (1986), Fragments érotiques (1993), ou encore Le Goût des femmes (2002). La plupart sont publiés chez Albin Michel. Il collabore ensuite avec Casterman sur une série d'oeuvres graphiques ambitieuses : Angoisse et Colère (1988, scénario de Daniel Varenne d'après le roman Mars) et Gully Traver (1993). En 2007, il fait paraître un recueil d'entretiens, Itinéraire d'un libertin.

Erma Jaguar est un personnage-phare de la Bande Dessinée érotique. Ce personnage gaînée dans son bustier, sort dans la ville vivre ses rêves, assouvir ses fantasmes et aussi ceux des autres. Tout lui est bon, les routiers vulgaires juqu'aux jeunes vierges effarouchées. Les rencontres seront multiples, nombreuses, mystérieuses, enrichissantes ! C'est la créature de tous les fantasmes. La fantasque et fatale Erma n’a qu’une devise ; n’en faire qu’à sa tête ! Un rêve éveillé poétique et une errance troublante, au cours de laquelle des secrets étonnants vous seront révélés.

La page érotique d'Oncle Fumetti...Alex Varenne et Erma Jaguar.
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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 06:55

Bon !!! C'est pour les germanophones mais il y a du français et des séquences d'anthologie. Allez c'est fun et c'est un bon rappel. Merci à Arte.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 06:55
Parole de BD...François Boucq.

«...En revanche, quand il s'agit de raconter l'histoire, ça ne regarde que moi. Au cinéma, le scénariste prépare le script, mais c'est le réalisateur qui le tourne, et s'il a envie de changer quoi que ce soit, il ne va pas lui demander l'autorisation. Alain Resnais avait raison quand il interdisait la présence de ses scénaristes sur les plateaux de tournage ! ». Tiré d'une interview donnée à Télérama en novembre 2014 lors de la sortie de « Little Tulip ».

François Boucq est né à Lille en 1955.Tout en se consacrant à la renaissance du carnaval de sa ville natale, il s'essaie à la bande dessinée et publie ses premières planches dans ‘Mormoil' en 1975. Puis viennent des parutions dans Pilote, Fluide Galcial ou dans le légendaire «A suivre ». Ses œuvres sont multiples et marquantes. Ce grand nom de la BD (Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 1998) est, en outre, l'illustrateur officiel des couvertures des "Nouvelles aventures de San Antonio", publiées au Fleuve noir.

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 06:55
Superdupont Renaissance de Boucq, Gotlib et Belkrouf chez Dargaud.

Le synopsis de Dargaud :


« Le retour du plus grand superhéros de tous les temps ! Superdupont is back !

Enfin !!! Tel un Batman repris en main par Frank Miller, un Spider-Man réinventé par Todd McFarlane, Superdupont renaît de ses cendres sous la plume de l'éternel Marcel Gotlib, gloire à son nom, et du redoutable François Boucq. Le seul superhéros garanti 100 % français revient tel un Phénix pour sauver la France éternelle et restaurer notre grandeur dans un monde en déliquescence. La jubilation et la complicité du tandem éclatent à chaque page, transformant cette collaboration en une réussite totale. Oubliez les Américains en slip moulant, le plus grand superhéros de tous les temps est un Français. »


C'est le mois des renaissances. Ce mois de septembre va être un grand mois. Alors que l'on attend le retour d'un personnage de légende c'est Dargaud qui dégaine le premier avec un autre personnage de ce calibre. Le plus grand des français est de retour. L'Anti-France n'a qu'à bien se tenir. De plus nous avons tous la chance que cette « Renaissance », c'est le titre, soit mené par des grands anciens et quels grands anciens : Marcel Gotlib et François Boucq themself !!! Bon ils sont accompagnés par Belkrouf, grand complice devant l'Eternel de Boucq. Bref cela part bien et d'ailleurs cela part à 300 à l'heure avec la naissance de son fils. Pas de Boucq !!! De Superdupont. Il faut dire que le pépère a déjà eu ses 40 ans et donc il était temps !!! On sent en voyant les dessins une grande proximité avec Comics US. C'est jubilatoire. On s'éclate comme des fous à lire cela. Ne perdez pas l'occasion de vous amuser, de rire et de participer à ce retour. C'est pas souvent que cela arrive.


Marcel Gotlieb dit Gotlib est né à Paris en 1934. Il est auteur de Bande Dessinée. Il est connu pour ses participations aux journaux, Fluide Glacial qu'il crée en 1975, l'Echo des savanes ou Pilote. Il est le créateur de Gai-Luron, Les Dingodossiers qu'il crée avec René Goscinny ou la célèbre Rubrique-à-brac. On lui doit aussi Pervers Pépère ou Superdupont. Une légende de notre art.


Karim Belkrouf est né en février 1961. Intermittent de la BD, il a collaboré avec François Boucq sur de nombreux projets de communication ou de publicité, son activité principale. Une réelle connivence les a amenés à récidiver régulièrement avant de réaliser en 1992 un ouvrage technico-pédago-délirant sur le vaste sujet du dessin «Un point, c'est tout !» chez Casterman. Ils ont également co-signé les fameux dossiers de presse de la collection «Troisième Degré Lombard», devenus depuis de véritables collectors, ainsi qu'un album intitulé «Cocktail transgénique» dans la collection «Petits Délires».


François Boucq est né à Lille en 1955. Il entre dans la carrière en 1974, en réalisant des caricatures politiques pour des magazines tels que ‘Le Point', ‘L'Expansion‘ et ‘Playboy'. Tout en se consacrant à la renaissance du carnaval de sa ville natale, il s'essaie ensuite à la bande dessinée et publie ses premières planches dans ‘Mormoil' en 1975. Puis viennent des parutions dans Pilote, Fluide Galcial ou dans le légendaire «A suivre ». Ses œuvres sont multiples et marquantes. Ce grand nom de la BD (Grand Prix du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 1998) est, en outre, l'illustrateur officiel des couvertures des "Nouvelles aventures de San Antonio", publiées au Fleuve noir.

Superdupont Renaissance de Boucq, Gotlib et Belkrouf chez Dargaud.
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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 06:55
Sortie de "Gueule Noire" chez Casterman... Interview de Antoine Ozanam.

Antoine Ozanam sort aujourd'hui son nouvel album «Gueule Noire » avec au dessin Lelis. C'est chez Casternam. Il a accepté de répondre à Oncle Fumetti...

Encore beaucoup de sorties pour toi en cette rentrée littéraire...Klaw, Temudjin et donc Gueule Noire le 9 septembre. Cela ressemble un peu à ton début d'année 2014 avec « L'Ombre blanche » et « Succombe qui doit »... D'où vient cette boulimie dans l'écriture ?

C'est toujours la même histoire : le hasard des sorties. Gueule noire, par exemple, est terminé depuis deux ans pour moi. Lelis a d'ailleurs terminé l'album l'année dernière. Peut-être que je suis vraiment atteint de boulimie (j'en doute) mais les sorties ne sont pas l'image des titres que j'ai écrit l'année dernière. Après, vu le nombre de titres que je sors par an, je me dis que je suis qu'une grosse feignasse. J'aimerais tellement trouver le temps d'en écrire plus.

Carrion, Jurion ou Lelis pour ce projet, au delà du fait que ce sont des dessinateurs qu'est ce qui lient ces artistes qui collaborent avec toi ?

Le premier lien, c'est qu'ils ont un univers graphique reconnaissable. Une vraie personnalité. Personne d'autre ne fait ce que Lelis dessine. C'est très important pour moi. Ça nourrit mon imaginaire. Ils correspondent aussi à une envie différente que j'ai en moi. Ils ne sont pas interchangeables. Quand j'écris pour Antoine Carrion, je connais ses forces et ses faiblesses. Je suis sûr que le même scénario fait par Lelis ou Jurion serait moins bien. Et vice versa.

Si on rajoute que ces trois livres sont publiés par trois éditeurs différents (Maghen, Casterman et Le Lombard) on croit comprendre que tu aimes l'éclectisme non ?

Au départ, je rêvais (ça m'arrive encore) d'être un « auteur maison ». Ce qui a bien failli être le cas avec Casterman pendant un temps. C'est un peu une idée de vieux. Mais si les deux parties jouent le jeu, ça permet d'aller plus vite, plus simplement et de façon plus approfondie. Je dis pas que l'éditeur doit tout accepter mais il doit être un interlocuteur privilégié. Il se doit de répondre vite et de façon non bâclée. De son coté l'auteur envoie en avant première toute sa production... Et l'un et l'autre se parlent de leurs envies respectives. Par exemple, l'éditeur annonce qu'il ouvre telle collection pour que l'auteur lui propose un truc... Bon, c'est assez difficile à faire en ce moment. Si j'étais un gros vendeur, ça serait plus facile... en plus il faut une sacré confiance de part et d'autre. Donc, pour l'instant, je vais là où on croit en mon projet. Car un éditeur quel qu'il soit ne peut pas vendre bien n'importe quel projet. Encore une fois, ils ont tous des forces et des faiblesses. Il faut donc bien choisir son éditeur et pas seulement sur l'argent qu'il propose mais sur sa capacité à bien vendre le livre. Et là, le premier point, c'est qu'il aime vraiment le projet.

Parle nous de « Gueule Noire » ? Pourquoi ce projet ? Pourquoi ce thème ?

Gueule noire regroupe plusieurs thèmes que je voulais aborder. À l'époque (il y a 8 ans), il n'y avait pas de BD sur la mine. Et vivant dans le nord, je baignais dans une culture propice. Un jour, en travaillant à la médiathèque de Roubaix, je suis tombé sur une revue spécialisée sur la mine. Dedans, il y était question d'une grève au début du 20ème siècle. Du coup, j'ai emprunté plusieurs numéros... Puis, je suis rentré en contact avec un ancien mineur... En allant le voir, je lisais Le voleur de Georges Darien... Il a vu le bouquin et nous avons parlé d'une de ses grand-oncles qui avait fuit le Nord, espérant faire fortune à Paris. Là bas, il s'était trouvé une conscience politique. Et lors d'une manifestation, il avait rencontré le sabre d'un dragon.

Donc hop, j'ai commencé à écrire une histoire de mineurs, de condition sociale et d'anarchie...

Est-ce une commande d'éditeur ou une idée de toi ?

Non, uniquement de moi. Je réponds que très rarement à la commande. Et surtout parce qu'on me propose que très peu de chose. Et encore moins d'intéressantes...

Lelis est brésilien. Comment s'est faite la rencontre ? Comment travaille cet artiste peu connu en France ? Qu'est ce qui caractérise son style ?

Sortie de "Gueule Noire" chez Casterman... Interview de Antoine Ozanam.

Je « connais » Lelis depuis dix ans grâce à son blog. Je suis rentré en contact avec lui et très vite, nous avons réalisé « Last bullets » chez Casterman. C'était un album à l'aquarelle (la vraie, par la technique de mise en couleur d'un dessin encré. Là, c'était sans encrage du tout). A la fin de l'album, on s'est dit que ça serait bien de changer de technique. Surtout que Lelis a un boulot d'illustrateur dans un journal quotidien au Brésil et qu'il ne fait pratiquement que des aquarelles. Donc, on s'est mis en tête de faire un album noir & blanc. Le premier projet que nous voulions faire était l'adaptation d'un roman de Jean Meckert. Mais les droits appartenant à Gallimard, notre éditeur nous a dit qu'il ne fallait pas rêver. Chose rigolote, le groupe Gallimard a racheté Casterman depuis... Bref, juste après, on s'est mis sur Gueule noire.

Pour le travail, on a fait comme sur le premier : on a tout fait par mail ! Avec Lelis parlant très peu français et moi pas du tout portugais. Mais on arrive à bien se comprendre...

Quant à son style, pour moi, c'est unique. Et ça vient des tripes.

Qui a impulsé le rythme de l'histoire et qui a construit le storyboard et la dramaturgie ?

Sur ce projet là : c'est bibi. Je savais exactement ce que je voulais. Après, je n'ai fait qu'un découpage écrit ; donc Lelis m'a proposé des storyboards... Il a très peu changé de chose (juste assez pour que ça lui appartienne aussi).

Ce n'est pas un format franco-belge a proprement parlé parce qu'il y a 108 pages ? Pourquoi ?

Là encore, c'est sans doute parce que je suis vieux et que j'ai pas tout compris ! En fait, pour moi, bosser chez Casterman, ça veut dire venir après Comès, Tardi et tous les autres. Donc, on peut faire des gros pavés. La seule différence, c'est qu'à l'époque, il y avait le journal (A suivre) et donc un vrai modèle économique pour faire que ça soit vivable. Maintenant, c'est du forfait. Et donc, faut être crétin pour faire 108 pages... Surtout si elles sont fournies comme celles de Lelis. Ceci dit, je trouve ça chouette qu'on puisse faire 108 pages quand le récit en a besoin. « Ici même » en 46 pages, ça aurait eu moins d'impact.

Sortie de "Gueule Noire" chez Casterman... Interview de Antoine Ozanam.

On est pas prêt de te voir te lancer dans une BD avec un personnage récurrent avec 30 albums à la suite, On se trompe ?

Ah mais si ! Moi, je lancerai bien deux ou trois séries super longue. Genre « Thorgal + 1 ». Faut juste trouver l'éditeur qui mouille un peu le t-shirt. Si c'est pour lancer une série et attendre les chiffres du T1 avant de signer le T2, c'est sans moi. Si c'est une prise de risque sur 4 ou 5 albums, alors, là je veux bien prendre le risque aussi. Et c'est pas ni les idées, ni les envies qui manquent. D'ailleurs, Klaw est une série assez grande maintenant. Je suis en train de boucler le tome 6, quand même !

On va encore te lire en 2015 ? Quels sont tes projets ?

Haha. Bon, il y a encore une nouveauté fin septembre : le tome 1 de The golden boy avec Kieran, chez AAARG éditions. C'est l'histoire initialement publiée dans la revue. Après, il va falloir attendre 2016. En janvier avec pour la première fois une adaptation. Et en mars pour Caraboo avec Julia Bax (une autre folle de l'aquarelle...et Brésilienne) au Lombard. Là aussi c'est une première puisque c'est tiré d'une histoire vraie. Après, il y aura donc le numéro 6 de Klaw. Pour le reste, soit c'est pas encore signé, soit je ne connais pas encore les dates de sorties. Mais je compte bien faire des trucs que je n'ai encore jamais fait. Notamment du western. Plein de western...

Super idée !!! Merci Antoine et à bientôt avec un Stetson sur la tête et sur la selle d'un Mustang...

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 06:55

Un génie de la BD que l'on a voulu appeler Underground. Au delà de l'humour du personnage il y a un très grand dessinateur et un artiste engagé qui a fait avancer son art. 8 minutes de fun...et d'esprit.

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