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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 07:55
Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Livre singulier que celui proposé par Sylvain Combrouze ; Prison d'ébène. Déjà chroniqué par Oncle Fumetti. Celui-ci a comme à son habitude souhaité en savoir plus.

Bonjour Sylvain Combrouze. Votre premier livre est publié ces jours-ci et vous êtes encore peu connu. Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Et surtout pourquoi ce mode d’expression ?

Bonjour. Je m'appelle Sylvain Combrouze, j'ai trente sept ans et je vis à St Junien à côté de Limoges. J'ai étudié les Arts Appliqués, et je suis aujourd'hui concepteur volumiste-graphiste dans le domaine du carton. Depuis toujours le dessin m'accompagne donc il me paraissait évident de raconter cette histoire en bande dessinée.

Vous publiez « prison d’ébène » avec les éditions La Boîte à Bulles. Présentez-nous ce livre ? Quel est le sujet ? Pourquoi ce thème ? Et pourquoi cette narration sur deux époques ?

"Prison d'ébène" est une histoire fantastique, dont les thèmes sont la vie, la mort, la vengeance, sur les choix que l'on doit faire, sur l'ambivalence du personnage principal: Ernest. Elle est construite sur l'alternance de deux époques: Une qui se déroule au 18ème siècle, l'autre de nos jours à Nantes. Cette mise en scène permet de maintenir un intérêt, une intensité, un effet miroir qui prend tout son sens à la fin. J'ai toujours eu le goût pour les récits fantastiques, surréalistes et c'est vrai que le vaudou, la magie noire s'y prêtent bien. Et puis ces origines, croisement des croyances des esclaves venus d'Afrique et des croyances catholiques. Ayant vécu dans cette belle ville durant trois ans, je me suis intéressé à son passé, ces lieux, et je voyais là tous les ingrédients pour réaliser une histoire. Ce n'est pas un récit historique, c'est plutôt un conte, une fable surréaliste sur une base historique.

Une fois le sujet et le thème abordés. Pourquoi le noir et blanc ? Pourquoi cette absence de texte ?


Au début de l'écriture, il y avait du texte. Mais je me suis vite aperçu que ces images fortes que j'avais depuis longtemps dans la tête fonctionnaient beaucoup mieux sans. Et puis cette absence de paroles renforce ces ambiances sombres, ce climat mystérieux, le clair obscur, et le dessin en noir et blanc s'y prête merveilleusement.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Cette œuvre est sombre et laisse le lecteur un peu livré à lui-même. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi et le sens de votre démarche ?

Il est certain que ce parti pris radical offre une liberté d'interprétation. Je ne veux pas non plus perdre le lecteur : On suit les événements, le parcours des personnages dans l'ordre que j'ai établi. Mais il y a cette volonté de ne pas imposer mon point de vue. Chacun peut s'approprier l'histoire, cela reste un livre ouvert. Il est peut-être possible de voir encore autre chose en relisant le livre. Cela enrichit, donne de l'épaisseur au récit.

Vous publiez votre premier livre à presque quarante ans. C’est dû à quoi ? Pourquoi cette maturation lente de votre livre ?

Cette façon de raconter demande une grande rigueur sur le découpage, l'articulation des planches. Je me suis un peu éternisé sur le story: J'ai recommencé, je me suis égaré, je suis revenu... La mise en scène, j'adore ça, c'est peut être l'aspect que je préfère en bande dessinée. Et puis c'est un premier bouquin avec ses hésitations, ses doutes, trouver le bon angle,un rythme, cela prend pas mal de temps.

Vous travaillez comment ? Quels outils ? A quel rythme ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Pinceau, encre de chine, gouache blanche, cutter sont mes armes. Ensuite il y a la palette graphique pour réaliser la bichro. Je travaille quand je peux, le soir après le boulot ou bien le week-end.

Quelles sortes de BD lisez-vous ? et comment vous ont-elles influencé si c’est le cas ?

Comme tout le monde j'ai lu les grands classiques: Les Astérix, Tintin, Spirou...mais de plus en plus je lis les auteurs qui ont un univers, quand j'ai le sentiment qu'il me parle avec leur propre language: C'est Edmond Baudoin, Blutch, Dave McKean, Chris Ware, Burns, Moebius, Zezelj, Thomas Ott, Winshluss, Larcenet, Druillet, Levallois ... Y'en a tellement. Tous ces auteurs m'ont influencés, m'ont inspirés de près ou de loin, tant sur le plan graphique que narratif : Par exemple "Cages" de Mckean m'a beaucoup marqué à l'époque de sa sortie, il y avait ce parfum un peu étrange, ce regard sur la vie, cette poésie embellie par une très jolie bichromie, c'est un livre important pour moi. Et puis Arzach de Moebius, les Yeux du Chat, c'est culte! Je vais pas tous les citer mais il y a vraiment des petits bijoux en bande dessinée.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Didier Comès a publié « Silence » presqu’au même âge que vous « prison d’ébène ». C’était quasiment sa première publication, un succès, et c’est aussi une œuvre en N &B. C’est le hasard ?

C'est un pur hasard ! Comès fait partie des grands et si le livre rencontre le même succès que Silence ça serait énorme ! Il y a aussi cet ouvrage: "L'ombre du corbeau" un récit magnifique qui m'avait beaucoup marqué enfant.

Comment envisagez-vous la suite de votre travail ? Quels sont vos projets ?

Pour le moment j'ai envie d'accompagner le plus loin possible ce livre, participer à des manifestations. Il a un bel accueil pour l'instant, donc c'est très motivant, on va continuer. Pour la suite, j'ai un embryon d'histoire, mais trouver le bon équilibre entre la vie de famille, mon métier et cette activité très prenante, solitaire, n'est pas toujours évident.

Merci pour toutes ces réponses Sylvain et à bientôt.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 07:55
Paroles de BD… Jack Kirby.

“…The Hulk I created when I saw a woman lift a car. Her baby was caught under the running board of this car. The little child was playing in the gutter and he was crawling from the gutter onto the sidewalk under the running board of this car — he was playing in the gutter. His mother was horrified. She looked from the rear window of the car, and this woman in desperation lifted the rear end of the car. It suddenly came to me that in desperation we can all do that — we can knock down walls, we can go berserk, which we do. You know what happens when we’re in a rage — you can tear a house down. I created a character who did all that and called him the Hulk. I inserted him in a lot of the stories I was doing. Whatever the Hulk was at the beginning I got from that incident. A character to me can’t be contrived. I don’t like to contrive characters. They have to have an element of truth. This woman proved to me that the ordinary person in desperate circumstances can transcend himself and do things that he wouldn’t ordinarily do. I’ve done it myself….”. Tiré d’une interview donnée en février 1990 au Comics Journal.

Jacob Kurtzberg alias Jack Kirby naquit en 1917 à New York. Il a créé bon nombre de personnages de comics : Capitaine America, les 4 fantastiques, Thor, Hulk, Spiderman, Ironman autant de personnages que l’on retrouve maintenant dans des blockbusters sur les grands écrans. Il a donné aussi un style qui a influencé et nourrit encore les créateurs. Il nous a donné notamment les «Splash-Pages» dessins de pleine page qui tranchent avec les planches découpées ou encore les «Krackles». C'est un Géant du 9ème Art. Il nous quitte en 1994.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 07:55
Songes – Intégrale de Terry Dodson et Denis Pierre Filippi chez Les Humanoïdes Associés.

Le synopsis des Humanoïdes Associés :

« Le jour, la belle Coraline tient le rôle de dame de compagnie d'un étrange garçon, inventeur de génie malgré son jeune âge, qu'elle peine à égayer tant il est obsédé par ses livres et ses expériences. La nuit, elle devient l'héroïne malgré elle d'aventures oniriques délicieusement érotiques, à travers des rêves aussi coquins qu'agités. Une héroïne pulpeuse en diable, et une histoire qui mêle mystère, humour et sensualité, dans une ambiance rétro-futuriste délicatement surannée. »

La BD a toujours été érotique. On connait tous les auteurs très versés dans le domaine avec souvent des héroïnes pulpeuses dans des univers variés tant il est vrai que l’amour physique se prête à beaucoup de situations. Les Humanoïdes Associés fêtent leurs quarante années. Cet éditeur nous propose une intégrale des aventures de Coraline. Sage la journée. Un peu moins la nuit. Dans un style légèrement steampunk les deux auteurs nous narrent les aventures charmantes de cette « May Poppins » dévergondée. C’est superbement dessiné et illustré par Terry Dodson qui a, et on le sait depuis longtemps, beaucoup de talent. C’est aussi très habilement mené par DP Filippi qui anime son personnage tout au long des pages et des planches. C’est drôle, onirique, inventif et érotique. Un peu érotique, suivant ce que l’on veut mettre dans le mot. Une découverte sympathique pour ceux qui ne connaissent pas. Une agréable redécouverte pour les autres. Pour les esprits chagrins et bien Oncle Fumetti dira qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien. Na !!!

Denis- Pierre Filippi est né à Bergerac en 1972. Il y lit après Spirou, Bilal, Loisel, Schuiten, Gimenez et Ptiluc. Après un bac scientifique, Denis-Pierre décroche une maîtrise de philosophie. En 1995,durant le Salon du Livre de Bordeaux, Filippi fait lire un de ses contes à Tiburce Oger, l'auteur de Gorn. Trois années plus tard, les deux signent Orull, le faiseur de nuages, chez Delcourt. En 2000 : Filippi travaille avec Boiscommun sur Le Livre de Jack, un conte fantastique mettant en scène un jeune garçon trop curieux. Le second volet intitulé Le Livre de Sam sortira en décembre 2002. Il travaille un temps avec Delcourt puis viennent les collaborations multiples avec les Humanos. Dupuis viendra aussi. Le premier tome de la série Songes parait quant à lui fin 2006.

Terry Dodson est américain. Il se fait connaître dès 1993 en créant le personnage de Manhra avec Mike W. Barr, pour Marvel Comic's Ultraverse. En 1996, il crée la série Storm, composée de quatre histoires, autour du personnage d'X-Men du même nom, écrite par Warren Ellis et publiée chez Marvel Comics. En1998, il devient un dessinateur régulier de Generation X, chez Marvel. Il suivra la série jusqu'en 2000 (ce qui correspond aux numéros 38 à 60). En 2000, il passe de Marcel à DC Comics pour le personnage Harley Quinn. En 2002, retour chez Marvel pour dessiner Spider-Man/Black Cat: The Evil that Men do. Il travaille ensuite avec Delcourt sur un projet autour de Star Wars. Vient par la suite le projet « Songes » chez Les Humanïdes Associés.

Songes – Intégrale de Terry Dodson et Denis Pierre Filippi chez Les Humanoïdes Associés.
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 07:55
Une saison en Egypte de Claire Fauvel chez Casterman.

Le synopsis de Casterman :

«Saint-Pétersbourg, début du XIXe, il n’est pas aisé pour Sacha, jeune homme sans le sou et sans aucune expérience de réaliser son rêve de gloire et d’écriture.Surtout quand la tuberculose guète.Ce dernier a heureusement l’idée pour soigner son mal et son spleen, de s’embarquer pour le Caire. Beautés fatales, peintre obsédé par son modèle, courses dans le désert,bohème et folie : débute pour lui une initiation accélérée qui va le propulser au coeur de l’Orient et au coeur de la vraie vie. »

C'est un joli roman graphique que propose Claire Fauvel. Cette artiste encore peu connue dans le milieu du 9ème art est prometteuse. Pour sa première création elle nous offre une œuvre romanesque, sensible et belle. Quand la peinture entre dans la BD cela nous donne des planches très agréables à l'oeil. Elles sont à la fois simples dans leurs approches mais aussi dans leurs conceptions. Elles sont travaillées avec finesse et sensibilité. Quatre cases taillées simplement pour alterner les plans. Des couleurs chaudes. L'histoire s'étale avec élégance. Les personnages sont attachants. On aime se perdre dans ce Caire là. Un vrai moment de plaisir pour l'oeil et l'imaginaire. Une première œuvre réussie pour cette créatrice qui entre avec force dans le métier. C'est un 192 pages de vrais plaisirs. On espère d'autres travaux pour bientôt. On dit à « très vite » alors !!!

Claire Fauvel a un joli parcours dans de belles écoles artistiques. Elle a étudié l'illustration à l'école Estienne, puis le cinéma d'animation à la prestigieuse école des Gobelins à Paris. Elle a travaillé un temps comme décoratrice pour une série animée. Elle se lance dans la bande dessinée afin de raconter ses propres histoires. Une saison en Egypte est sa toute première bande dessinée.

Une saison en Egypte de Claire Fauvel chez Casterman.
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 07:55
Prison d'ébène de Sylvain Combrouze chez La Boîte à Bulles.

Le synopsis de La Boîte à Bulles :

« Deux histoires, deux époques. Nantes, au XXIe siècle. À la limite du vagabondage, Lucien débarque en ville, sans argent ni repères. Le hasard lui fait croiser le chemin d’Ernest, un vieil homme paisible. Ernest... Est-il vraiment ce qu’il paraît être ? Un petit vieillard solitaire, doux et sans histoires ? Petit à petit, son passé remonte à la surface… Un passé étonnant… Ile de Gorée, au XVIIIe siècle. Un sorcier vaudou négocie avec un capitaine négrier la libération de son « stock » de marchandises... Un marché au prix inestimable. Au fil des chapitres, le lien entre ces deux époques se dessine et donne à voir furtivement un pan peu glorieux de l’histoire de Nantes.. »

La Boîte à Bulles prend des risques. Ils sont calculés mais cette Maison d'édition prend des risques. Elle a choisi de nous présenter la première œuvre d'un « pas encore quadragénaire». C'est couillu. Ils ont raison. Sylvain Combrouze a cogité cet album longtemps et il a bien fait aussi. C'est un travail chargé de significations. L'esclavage, le vaudou, deux époques et puis ce style pictural, ce noir & blanc.... Ce noir charbonneux. C'est un parti pris artistique incroyable. Sans phylactère en plus. Un sujet sombre, un style en marge. Et si c'était la singularité qui était payante. Pour le moins c'est surprenant, intriguant. L'absence de texte et l'histoire sur deux niveaux laissent le lecteur livré à lui-même. Il tourne les pages. Il regarde. Il va de l'avant, puis revient en arrière. Cherche et trouve sa vérité. C'est prenant et intéressant. Ce livre très mature dans sa conception sort le 18 mars. Oncle Fumetti pense qu'il est utile de découvrir ce travail. 160 pages d'imaginaire et d'imaginations.

Sylvain Combrouze nous vient de Limoges. Il est né en 1977. Il est initié tôt au dessin à Palaiseau. Il étudie les Arts Appliqués à La Souterraine. Dès 2007 il participe au concours « Jeunes Talents » à Angoulême. Prison d'ébène est son premier livre. Il l'a travaillé pendant plusieurs années.

Prison d'ébène de Sylvain Combrouze chez La Boîte à Bulles.
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 07:55
Goya de Olivier Bleys et Benjamin Bozonnet chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« Début 1819, Francisco de Goya, atteint de surdité, emménage dans une nouvelle propriété, la Quinta Del Sordo, en compagnie de l’un de ses modèles, Leocadia Weiss, et de sa fille, Rosario. Au premier abord terrifiée par le vieux peintre et la noirceur de ses tableaux, la jeune fille demeure fascinée par sa capacité à engendrer des univers entiers à la seule force de ses pinceaux. De son côté, Goya s’émerveille de la vitalité de l’enfant qui lui permet de surmonter sa solitude et sa mélancolie. Une véritable complicité s’installe entre ces deux êtres que tout oppose… Mais, peu à peu, Rosario s’étiole, se dessèche. Goya la croit alors atteinte du désespoir qui le ronge. Il s’accuse de l’avoir contaminée. Le tableau Saturne dévorant l’un de ses enfants est peint sous cette influence... »

L'Espagne est une terre de peintures et de peintres. Goya, Velasquez, Picasso...Autant d'artistes qui auront été des précurseurs. L'art pictural est une constante de l'art espagnol. Cela trouve son prolongement dans le 9 ème art. C'est de Goya que Olivier Bleys a choisi de nous raconter l'histoire ou plutôt une partie de l'histoire car le Monsieur a un parcours riche. Très riche. Son père est doreur. Un artisan. Il y a fort à penser que le métier de son père eut une influence sur son travail artistique. Comment pourrait-il en être autrement. Son parcours en revanche fut très différent. Il est formé par les maîtres de son époque ; Raphaël Mengs notamment. Alors que son beau-frère, Francisco Bayeu est le peintre en vogue de son époque. Il commence sa vie professionnelle comme dessinateur de tapisserie. Encore l'artisanat. Il s'en écarte et peint. En 1770, il part pour l'Italie et il découvre le néo-classicisme. Il adopte ce style lorsqu'il rentre à Madrid. Sur son parcours artistique on peut dire qu'il aura été en avance sur ses pairs et novateurs. Olivier Bleys (encore lui) et Benjamin Bozonnet nous racontent avec brio une partie de sa vie. La fin de sa vie puisqu'il mourut en 1828 à Bordeaux. C'est une sorte de huis-clos brûlant entre Goya et le jeune fils de son modèle. C'est très étonnant graphiquement. Cela ne laisse pas indifférent. C'est une bonne façon de découvrir cet artiste brillant et à la marge qui nous aura laissé une œuvre majeure... Saturne dévorant l'un de ses enfants.

Olivier Bleys est né en 1970. c'est un écrivain français. Il a publié vingt livres : romans, essais, récits de voyage, bandes dessinées, roman graphique, récit d'anticipation, surtout chez Gallimard et chez Albin Michel. Le voici dans le monde de la Bande Dessinée. L’ensemble de son œuvre est traduit dans une dizaine de langues, et lui a valu de nombreuses récompenses dont un prix de l’Académie française pour Pastel (Gallimard, 2000) et le Grand Prix du Roman de la Société des Gens de Lettres (SGDL) pour Le Maître de Café (Albin Michel, 2013. En juillet 2014, Mme Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a fait Olivier Bleys chevalier des Arts et des Lettres.

Benjamin Bozonnet est né en 1974 à Lyon. Il étudie à l'école Boulle en 1990. Il peint volontiers. Il rentre aux Beaux-Arts de Paris, d'où il sort diplômé en 1999. Entretemps, il achève une maîtrise d'arts plastiques à Paris I sur les processus de création. Un profil diplômé. Depuis 2000, il multiplie les expositions ou les résidences en France et à l'étranger. Dernièrement, il a publié Pilori aux éditions Elytis, un roman graphique en collaboration déjà avec Olivier Bleys.

Les vieilles de Francisco de Goya.

Les vieilles de Francisco de Goya.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 07:55
Les Mille et autres nuits – Jaisalmer de Stephen Desberg et Henri Réculé chez Le Lombard.

Le synopsis de Le Lombard :

« Aladin, Shéhérazade, Ali Baba, Sinbad,... Les plus grands héros des légendes des Mille et Une Nuits se rencontrent pour la première fois, réunis par une riche marchand de Bagdad. Il leur confie la plus périlleuse des missions : retrouver les trois joyaux de la beauté absolue. Mais des personnalités aussi flamboyantes peuvent-elles composer une équipe. »personn*

Bonne idée que celle trouvée par nos deux auteurs. Retricoter le mythe des mille et une nuits. Certes Desberg et Réculé ne sont pas Shéhérazade. Qui plus est s'attaquer à un sommet de la littérature mondiale est un risque mais on sait les deux hommes talentueux. Desberg est un scénariste de premier plan. Un des meilleurs. On connait ses multiples contributions à cet Art ; Tiff et Tondu, Le Scorpion ou 421. Autant de réussites. Son complice sur cette série est aussi un artiste chevronné. Ils ont déjà collaboré et cela se voit. Belle Synergie. Les planches sont techniquement très travaillées. Elles sont bien découpées et elles savent ménager les effets et le suspense. Elles entraînent le lecteur. La dramaturgie est prendre son temps ou accélérer quand c'est nécessaire. Le graphisme reste classique. Les couleurs de Kattrin qui apporte son talent sont chaudes et agréables à l'oeil. Elles complètent bien le dessin. Tout est là pour passer un agréable moment. C'est le cas.

Stephen Desberg est belge. Il est né en 1954. Il commence à scénariser dès 1978 dans le journal de Tintin édité par Le Lombard. Il écrit les aventures de Tif et Tondu publiées par Dupuis et dessinées par Will. Puis viennent les séries 421, Mic Mac Adam, Jimmy Tousseul ou Willy the Cat. C’est un scénariste chevronné qui passe d’un style à un autre avec la même efficacité et la même créativité.

Henri Réculé est né au Chili. Il est dessinateur de BD. Il a beaucoup collaboré avec Stephen Desberg et avec beaucoup de maisons d'éditions comme Dargaud, Le Lombard, Casterman ou Glénat. On lui connait de nombreuses séries comme les Immortels, Cassio ou Caster Amer à ses débuts pour laquelle il était scénariste et dessinateur.

Les Mille et autres nuits – Jaisalmer de Stephen Desberg et Henri Réculé chez Le Lombard.
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 07:55
Toulouse-Lautrec de Olivier Bleys et Yomgui Dumont chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« À la fin du XIXe siècle, Montmartre est un quartier interlope. Un quartier où les bourgeoises viennent s’encanailler auprès des voyous et des filles de mauvaise vie ; où les vols et les bagarres sont fréquents, alors que la police des mœurs fait des descentes régulières dans les établissements mal famés. C’est là, dans les salles enfumées des bals, que Toulouse-Lautrec gagne sa réputation de peintre du vice et des bas-fonds... Mais au début de l’année 1895, une sordide affaire secoue le milieu de la nuit montmartroise : des jeunes femmes de bonne famille disparaissent, sans témoins... Très vite, les soupçons se concentrent sur l’entourage de Toulouse-Lautrec, que les mœurs peuvent facilement impliquer dans un rapt. Des individus qui figurent tous sur les tableaux du peintre, où les silhouettes des récentes disparues semblent se dessiner en arrière-plan... »

Comment aborder la peinture sans parler de Toulouse-Lautrec ? Le divin peintre des bas-fonds parisiens nous laissent un nombre d'oeuvres très important. Pas moins de 737 peintures, de 275 aquarelles notamment. Il aimait peindre les femmes vieillissantes. Il nous laisse un œuvre postimpressioniste d'une grande valeur. Ce n'était donc pas facile de vouloir raconter son travail et présenter son univers par la BD. Les deux auteurs s'y sont attelés. Et c'est une réussite. L'esprit de Paris est respecté. Enfin pour ce qu'on nous en a appris !!!. L'album est aussi l'occasion d'une enquête policière. Cela ajoute du suspense. C'est plaisant et bienvenu. Le livre prend alors une autre dimension. Les planches sont intéressantes. La Goulue est bien là. Les couleurs utilisées par Drac respectent les codes du Peintre.Un joli travail de documentations et du talent rendent cet album agréable à lire et à regarder. On trouve bien évidemment le livret sur le peintre à la fin et on en apprend un peu plus tout en se divertissant. C'est sorti.

Olivier Bleys est né en 1970. c'est un écrivain français. Il a publié vingt livres : romans, essais, récits de voyage, bandes dessinées, roman graphique, récit d'anticipation, surtout chez Gallimard et chez Albin Michel. Le voici dans le monde de la Bande Dessinée. L’ensemble de son œuvre est traduit dans une dizaine de langues, et lui a valu de nombreuses récompenses dont un prix de l’Académie française pour Pastel (Gallimard, 2000) et le Grand Prix du Roman de la Société des Gens de Lettres (SGDL) pour Le Maître de Café (Albin Michel, 2013. En juillet 2014, Mme Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, a fait Olivier Bleys chevalier des Arts et des Lettres.


Yomgui Dumont est né en 1974 en banlieue parisienne. Il est dessinateur. Il étudie les études d'Arts Appliqués, il travaille dans des secteurs différents : dessin animé, multimédia, publicité, presse, édition. Sa principale reste la bande dessinée et aussi l'illustration pour la presse jeunesse. Parallèlement, il enseigne l'illustration depuis 2002 dans un lycée d'Arts Graphiques à Paris

Toulouse-Lautrec de Olivier Bleys et Yomgui Dumont chez Glénat.
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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 07:55
Interview de Ville Tietäväinen pour Les Mains Invisibles chez Casterman.

Né le 20 octobre 1970, à Helsinki en Finlande, Ville Tietäväinen est d’abord illustrateur freelance et graphiste. Il publie sa première bande dessinée en 1995, Hymyilevä kuu Des oiseaux, des mers paraît en Finlande en 2003, sous le titre Linnut ja Meret, puis en France aux éditions Delcourt en 2005. Passionné par les phénomènes sociaux et la réalité politique de l’Europe, Ville Tietäväinen s’est documenté à la source pour écrire Les Mains invisibles, un album déjà paru avec succès en Finlande (où il a gagné le Prix Finlandia, le plus grand prix décerné par la Fondation finlandaise pour la culture) et en Allemagne (où il a été nominé pour le Prix Max und Moritz). Il a accepté de répondre aux questions d'Oncle Fumetti. Il nous parle de son travail et de la Bande Dessinée dans son pays...Dans la langue de Shakepeare.

Hi Ville. For this moment you are not enough known in France. What is your background ? You are an illustrator, graphic designer ... What else ?

Professionally I’m a graphic designer and illustrator, a visual storyteller, so to say. I actually graduated as an architect but story-wise, I needed to express myself more. Making graphic novels became a passionate hobby that every now and then takes up more of my time than the actual work. The thing that interests me in this art form is that one person can create the whole universe without any compromises and a huge funding.

What are the economic and cultural impacts of the comics in Finland? Is this a usual literary style in your country or is it a confidential activity?


Whereas in Central Europe comics and graphic novels are big business and one could say some sort of industry, in Finland it is a common preconception that especially graphic novels are art and that they are seldom for the masses (Invisible Hands was a surprising exception. It had extremely good reviews and four print runs). Since graphic novels usually don't have any sales expectations, they are made quite uncompromisingly. Compared to the small population, Finland has many truly original comics artists.

Interview de Ville Tietäväinen pour Les Mains Invisibles chez Casterman.

What sort of comics read the Finnish public ; US comics, mangas, European comics ? Is there a specific Finnish style ?


The most popular comics are newspaper strips, actually nowadays mainly Finnish ones. From the 50's the Donald Duck anti hero has been close to the Finnish hearts. In the 70's and 80's we had a lot of quality comics translated from France and Italy, but the amount of translations has diminished since. Many Finnish readers read foreign comics already in English, so it is no use translating them anymore. My Finnish publisher WSOY and some smaller publishing houses publish a few more alternative albums from central Europe and US per year.

How about the book "invisible hands" have you come, you who live so far from Spain ?


Actually the idea came to me in Paris. In 2001 I was near the old opera house, where there were lots of posh fashion stores. About 40 years old North-African looking man in a worn suit jacket was throwing sticky super hero figures, childrens’ toys, to the big store windows. He was shooed away by the shop keepers. Expressionless, he moved on to the next window and started throwing again. The character kept bothering me. I started imagining his life: how did he get to this point in his life. Where had he come to Paris and why, what hopes did he have when the jacket was new. Did he have a family back in the old country, was he in contact with his loved ones or was he too ashamed to be in contact with them anymore. I had many questions and no answers.

Why do you chosen this subject ?Is there a economic and illegal immigation in Finland ? Could you have created this book with action taking place in Finland ?


 

Nowadays the city I work in, Helsinki, has quite an international atmosphere. Around 12 percent of the population is from abroad. So we have all kinds of immigration and these kind of stories in a very small scale. The hidden or open racism is also abundant. So yes, I might have told this kind of story from Finland too. It is universal and unfortunately very timeless.

From what sources did you get your informations ? Have you turned into a journalist going there to investigate ?

I did not know anything of immigrant lives then, let alone undocumented immigrants lives. Only after five years I encountered an anthropological thesis that dealt with the same questions I had in mind. The motives and hopes of Moroccan undocumented immigrants. What made them to leave all and commit a life endangering journey to Europe. I contacted its' writer Marko Juntunen who was very helpful and soon agreed to be my guide and interpreter in Morocco and Spain. Without Marko this book would not exist.

We spent three weeks in Morocco 2005, mainly in a small coast city Larache. Marko had lived there for three years interviewing people and they were open to me too. After we got to Almeria, Spain, where one third of my story is situated, things went complicated. It was estimated that over 40 000 undocumented Moroccans worked there in greenhouse industry. They were very scared of speaking to us since every European to them was a potential threat of being deported back to where they came from. With Marko’s fluent Arabic we got their confidence. They took us to see how they lived in makeshift houses of the junk left from greenhouses. Next year we came back to see what has happened to the people we met. We found no one, just sad stories. One 300 people’s community that had been built inside an old greenhouse ruins had been burned and bulldozed one night, and the inhabitants had moved somewhere else or lived for example in a dried up sewer.

Interview de Ville Tietäväinen pour Les Mains Invisibles chez Casterman.

You had a price in Finland and also in Germany with this book. How is it received in France ?

In Germany I was only nominated for the Max und Moritz Prize, but the media coverage and praise has been great there too. In France the book has been mainly covered in various blogs yet, but the articles have been so overwhelmingly positive that I'm eagerly waiting for the response of the ”official” media too. Oh, the Arte channel made a nice insert about me and my work last summer.

How do you work? When and what are your tools ?

It depends on the story I'm making. I always come up with the style and technique after I know what the particular story needs. In Invisible Hands I used aquarell and oil pastels, for the two won't mix and create interesting grainy texture. The technique also had symbolic value, if one thinks for example Africa as oil and Europe as water.

What do you read and what artists were you influenced by ?

I read mainly novels. Much more than graphic novels. I like to imagine things in my head and not be lured by interesting pictures. Therefore I don't really have influences that I'm aware of in the comics scene. I actually want to deliberately avoid them and any unintended mimicking of other artists.

Interview de Ville Tietäväinen pour Les Mains Invisibles chez Casterman.

What are your future projects ?

After Invisible Hands I did something completely different: My daughter Aino had powerful nightmares especially when she was 3 to 6 years old. I tried to console her by asking her to tell about the bad dreams as soon as she could. I thought that it would help her to calm down and deal with the dreams. After three years I noticed that we have written material for the whole book. Aino just has to draw them as she remembered them. Then I used her drawings to fill the gaps so that we could have as understandable stories as one can get from dreams. In addition to make a picture book together with a 6 years old child, the most fascinating thing for me was to realize what horrors there are in the collective subconsciousness, in a child's mind, that is totally immaculate of what adults think of as scary or agonizing. Here's some notes about the book in English http://www.booksfromfinland.fi/2013/11/tales-of-the-night/

After that I have been illustrating and designing a modern fairytale series Tales of the Trees. I have graphic novel ambitions too, but they have to wait until next year.

Thank you very much Ville for your time and your interesting answers. Congratulations for your works. Hope we read very soon some graphic novels from You.

Interview de Ville Tietäväinen pour Les Mains Invisibles chez Casterman.
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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 07:55
Paroles de BD... Moebius, Jean Giraud ou Gir.

« ...Jean Giraud, c'est mon côté cartésien, appliqué, perfectionniste, enchaîné à la table de dessin, dévoué aux scénarios de Charlier jusqu'à sa mort, en 1989. Aujourd'hui encore, je peux passer des heures à compulser d'énormes pavés sur les rites amérindiens ou bien à fignoler des cactus au troisième plan. Au départ, Mœbius n'était qu'un pseudo lorsque je signais des petites histoires dans Hara Kiri au début des années 1960, et puis rapidement, d'une manière quasi pavlovienne, c'est devenu un signal. J'avais soudain la liberté de faire ce que je voulais, je n'étais tenu à rien. Une nouvelle identité et surtout un autre aspect de moi, tordu, courbé, mais non dissocié, à l'image du fameux ruban de Mœbius. Mais à bien y regarder, Mœbius n'est jamais loin de Giraud... »

Tiré d'une interview publiée dans Télérama. Propos recuillis par Stéphane Jarno. 02/10/2010.

Jean Giraud est né en 1938 à Nogent sur Marne. Il est auteur et scénariste de Bande Dessinée. Il est connu sous son propre nom et sous les pseudonymes de Mœbius et Gir. En tant que Jean Giraud ou Gir, il est le créateur, avec le scénariste Jean Michel Charlier, de la célèbre bande Dessinée de western Blueberry. Sous le pseudonyme de Mœbius, il est l'auteur de bandes dessinées de science-fiction, telles que Le Garage Hermétique, L'Incal ou Arzach. Ces œuvres lui valent une notoriété internationale y compris aux États-Unis et au Japon. Avec d'autres, ce grand artiste fut l'un des fondateurs de la maison d'édition les Humanoïdes Associés, éditrice du magazine Métal Hurlant. Il participe également à la conception de films tels que Alien et Tron. Il nous quitte en 2012.

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