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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 06:55
Le fantôme arménien de Laure Marchand, Guillaume Périer et Thomas Azuélos chez Futuropolis.

Le synopsis de Futuropolis :

«Pour ce récit de bande dessinée documentaire, Laure Marchand, Guillaume Perrier et Thomas Azuélos ont suivi le voyage de Christian Varoujan Artin, depuis Marseille jusqu’en Turquie, sur les traces de sa famille. Varoujan, 54 ans, vit à Marseille où 10 % des citadins de la cité phocéenne ont des racines en Arménie. Militant, il s’occupe d’animer le centre Aram pour la reconnaissance du génocide et assure la préservation de la mémoire et de la culture de la diaspora arménienne, comme son père et son grand-père avant lui. Il décide de monter une exposition de portraits d’Arméniens en Turquie, pays des bourreaux de ses ancêtres. Avant 2014, Varojan n’avait jamais envisagé d’aller en Turquie, au risque de « piétiner les ossements de ses ancêtres ». Le voyage jusqu’à cet « Auschwitz à ciel ouvert » représentait donc un enjeu très fort pour lui et pour sa femme, Brigitte Balian, qui l’accompagnait. Mais ce n’était pas seulement un pèlerinage. Varoujan et Brigitte ont également rencontré les descendants des Arméniens qui ont réchappé aux massacres et

sont restés en Turquie en 1915. Car aujourd’hui ces Arméniens kurdes, turcs, alévis, musulmans, sortent de l’ombre, racontent leurs histoires et aspirent à retrouver une identité perdue... »

C'est un rès beau livre-reportage qui sort l'année du centenaire du début du génocide arménien par les turcs que nous propose Futuropolis. Les auteurs ont choisi de nous narrer le voyage d'un descendant issu de la diaspora arménienne qui vit dans notre pays. Ils se sont insérés dans la vie française et lui apportent leurs talents. Ce voyage inititiatique nous plonge dans la mémoire et présente la vie de ces personnes et de ces peuples. On y découvre une culture que nous ignorons bien souvent. C'est le moment de présenter l'indicible et de voir les visages et les vies de ces gens qui sans le combat de beaucoup seraient passés dans l'oubli après avoir connu la mort de manière atroce. C'est bien écrit, bien documenté et un vrai travail artistique réhausse la qualité de cette oeuvre si particulière. On y comprend mieux la diversité des peuples de ces régions et on perçoit mieux les enjeux d'une zone géographique encore actuellement très agitée. A découvrir absolument.

Thomas Azuélos est né en 1972 à Sète et vit aujourd'hui à Marseille. Illustrateur pour la presse et dessinateur de bande dessinée, il a fait de la scénographie et du dessin animé. En 2010, il a reçu avec Serge Avédikian la Palme d’Or du court métrage pour Chiennes d’histoire .

Laure Marchand et Guillaume Perrier sont nés en 1976 et vivent à Paris. Journalistes, ils ont vécu dix ans à Istanbul. Ils sont les auteurs de La Turquie et le fantôme arménien, une enquête sur la mémoire du génocide arménien en Turquie. Guillaume Perrier travaille pour le journal Le Monde et Laure Marchand pour Le Figaro

Le fantôme arménien de Laure Marchand, Guillaume Périer et Thomas Azuélos chez Futuropolis.
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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 06:55
Les rêveurs lunaires de Cédric Villani et Baudoin chez Gallimard.

Le synopsis de Gallimard :

«Werner Heisenberg, l'incertain. Alan Turing, l'affranchi, Leo Szilard, le prophète errant et Hugh Dowding, le chevalier du ciel. Physiciens, mathématicien et militaire, ils ont été les acteurs cruciaux autant que discrets d'une aventure qui les dépassait : la Seconde Guerre mondiale. Un jour, une nuit, en songeant dans la rue ou en rêvant au clair de lune, ils ont eu un éclair de lucidité qui a changé la face du monde. »

Un livre de Baudoin est toujours un événement. Cet artiste chevronné et sûrement pas reconnu du grand public à la hauteur de son talent et de son apport, propose toujours des œuvres différentes qui cassent les codes de son genre avec élégance et intelligence. On ne présente plus Cédric Villani. Ce mathématicien brillant au look si particulier est un pédagogue et un « original ». Il était évident que la collaboration de ces deux individus allait faire des « étincelles ». Ce livre est une grosse étincelle. Choisir de publier un livre de vulgarisation sur l'Histoire de cet ordre est incroyable. A ce stade on ne parle plus de Bande Dessinée. C'est un roman graphique. Cela tient du roman, du carnet et de l'oeuvre artistique. C'est beau, interessant et riche. On découvre de manière presque ludique si le sujet n'était pas aussi lourd et par certains aspects glaçants le parcours de personnages qui ont changé la face du monde. Pas forcément de la meilleure des manières. Mais cela c'est à chacun de se faire son idée. Oncle Fumetti n'en dit pas trop et vous laisse découvrir ce travail par ces deux créateurs hors norme. C'est sorti ce mois.

Cédric Villani est né le 5 octobre 1973. C'est un mathématicien français. Il est le directeur de l'Institut Henri Poincaré mais aussi professeur à l' Université Calude Bernard Lyon 1. Il a été décoré de la médaille Fields en 2010. Spécialiste de l'analyse il a travaillé sur des problèmes issus de la physique statistique, ou de la géométrie riemmannienne.

Edmond Baudoin est niçois. Il nait en1942. Il quitte l'école tôt et travaille dans la comptabilité

jusqu'à l'âge de 33 ans. Il quitte alors son emploi pour se consacrer au dessin. Il œuvre «Circus»,«Pilote» et «L'Écho des Savanes». Il est publié en 1981. Il signe beaucoup de livres, des BD. Il travaille avec des Grands ; Le Clézio, Fred Vargas, Tahar Ben Jelloun. C'est une référence dans le monde de la Bande Dessinée.

Les rêveurs lunaires de Cédric Villani et Baudoin chez Gallimard.
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 06:55
Paroles de BD...Enrico Marini.

« ...La couleur sert à créer une ambiance, souvent d’une scène à l’autre je change de couleur, en respectant une harmonie sur la planche, qui facilite la lecture. Cela permet aussi de dramatiser certaines scènes. Je garde une lisibilité. Certains coloristes utilisent maladroitement la couleur. Tout est si coloré qu’on ne reconnaît même plus le dessin ! Il faut au contraire simplifier, harmoniser. La case est un support... »

Tiré d'une interview de Mediapart du 14 octobre 2009. Propos recueillis par Olivier Bry.

Enrico Marini est italien. Il est né à Liestal en 1969 en Suisse. Il vient à la BD très tôt à l’âge de 14 ans. Il étudie à Bâle dans une école des Beaux Arts. Sa carrière débute dès 1987. Il est à la fois scénariste et dessinateur. Il est talentueux tant par son dessin que par son talent de narrateur

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 06:55
L'homme montagne de Séverine Gauthier et Amélie Fléchais chez Delcourt.

Le synopsis de Delcourt :

« Grand-père ne peut plus voyager. Les montagnes qui ont poussé sur son dos tout au long de sa vie sont devenues trop lourdes. L'heure est venue pour lui de penser à son dernier voyage, mais c'est un voyage qu'il doit faire seul. L'enfant lui fait alors promettre de ne pas partir tout de suite. Il va aller chercher pour lui le vent le plus puissant qui soit, celui qui peut soulever les montagnes. »

Le monde de la Bd nous offre très souvent des moments de grace. Ce monde est ouvert à tout. Parfois et souvent au merveilleux. Ce livre proposé par deux femmes est incroyable. C'est un univers très intéressant.

On entre dans quelque chose de différent. On est surpris et émerveillé. Déjà le thème est poétique et il est traité avec finesse et beauté. C'est très sensible. D'entrée de jeu, on essaie dans le caser dans l'univers de la Jeunesse. Des cases, des classifications entre et toujours. Ce livre peut être lu par tous. Il y a un "oeucuménisme" très intéressant. Pour les plus jeunes c'est une jolie histoire. Pour les plus grands c'est une jolie passerelle lancée entre les générations. Les planches et les dessins sont gracieux. C'est tendre et les couleurs pastelles ajoutenr à la sensibilité. C'est absolument à découvrir.C'est sorti le 18 mars donc vous le trouvez dès maintenant.


Séverine Gauthier est né en 1977 à Reims. Elle est écrivain et scénariste. Très vite, elle crée des histoires qu’elle dessine. Elle délaissera finalement le dessin pour se consacrer à l’écriture. Professeur d’anglais dans un lycée, Séverine Gauthier n’a jamais cessé d’écrire. Passionnée par la littérature pour enfant, elle a de nombreux projets d’écriture. Noodles, paru en mai 2006 aux éditions Soleil, est le premier de ses projets à voir le jour, une grande aventure teintée de fantaisie et d’humour. L'homme montagne est son 12ème livre.

Amélie Fléchais est une jeune artiste qui travaille dans l'illustration et dans l'animation. L'homme montagne est son troisième livre. Sa première collaboration puisqu'elle avait plutôt travaillé en mode solo sur les deux premiers. A lire donc Chemin perdu paru en 2013 et petit Loup rouge paru en 2014. Une publication par année. Pas mal !!!

L'homme montagne de Séverine Gauthier et Amélie Fléchais chez Delcourt.
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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 07:08
Le reste du monde de Jean Christophe Chauzy chez Casterman

le synopsis de Casterman :

«Dernière soirée de vacances pour une jeune femme récemment plaquée,qui a du mal à faire face à sa nouvelle situation de mère d’ados célibataire. Et c’est un crève coeur de fermer le chalet d’alpage où elle avait pour un temps trouvé refuge. Quand un orage de montagne d’une violence inouïe éclate, suivi de secousses sismiques, celle qui se croyait dévastée, va comprendre ce qu’est la vraie dévastation...Destruction en chaîne, fin des communications, des blessés et des morts partout et surtout des secours qui survolent la zone et ne s’arrêtent pas. S’engage alors une lutte pour la vie, où pour protéger les siens et continuer à avancer coûte que coûte il faut réapprendre l’instinct, les gestes de survie, tout en évitant de sombrer dans la sauvagerie. »

Les expériences de survie en univers post-apocalypse ou post-conflits divers. Nous avons souvent vu ce sujet au cinéma. Cela a été peu traité dans le 9ème art. Déjà vu donc mais peu. Chauzy qui a fait plutôt dans le polar avec réussite et dans l'humour sort de ces registres. Il nous propose sa vision. C'est sûrement nourri de lectures et de visions de film. C'est en tout cas bien pensé et bien conçu. La mère de famille qui prend son destin et celui des ses proches en main c'est très interessant à voir. Que faire ? Où aller ? Comment gérer les rapports humains rendus compliqués par le désir de subsistance. Tout est pensé et présenté avec talent. On connait le trait de Jean Christophe Chauzy. Classique et efficace. Beau aussi. Des dialogues posés quand il le faut ou il le faut. Bref du bel ouvrage. C'est travaillé. Un vrai moment de plaisir. En espérant ne jamais être confronté à la situation...

Jean-Christophe Chauzy est né en 1964. Entre1982 à 1990, il collabore avec la presse rock indépendante comme illustrateur. En 1989, il travaille pour la maison Futuropolis, pour laquelle il publiera 4 albums. En 1993, parution de Peines perdues (en collaboration avec Matz) chez Casterman, de Sans rancœur chez Futuropolis et de J’ai tué mon prof (illustration sur un texte de Mosconi) chez Syros. Puis vient en septembre 1995, Parano, qu'il se met en scène de manière caustique et lucide. Puis suivront Béton armé, en 1997, et La peau de l’ours, en 1998. Avec Denis Lapière au scénario, il met en scène "Clara" dont le second tome, L’ange inachevé, est paru chez Casterman en septembre 2000.

Le reste du monde de Jean Christophe Chauzy chez Casterman
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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 06:55
Jiseul de Keum Suk Gendry-Kim chez Sarbacane

Le synopsis de Sarbacane :

« Le livre revient sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la Corée : le massacre de dizaines de milliers d’habitants de l’île de Jeju, en 1948, marquant l’établissement du régime autoritaire de Syngman Rhee, soutenu par les forces d’occupation américaine. Jiseul est basée sur l’histoire vraie de 120 villageois, habitants de l’île, qui se sont cachés dans les cavernes de Seogwipo, après que les autorités d’occupation américaines eurent désigné tous les habitants dans un rayon de 5 km depuis les côtes comme des « émeutiers » et donné l’ordre qu’ils soient exécutés. Le mot « Jiseul » désigne, dans le dialecte de Jeju, la pomme de terre et le symbole de l’espoir de survie des insulaires. »

Sarbacane nous propose depuis début mars un superbe livre ; un roman graphique puisque c'est ainsi que cela s'appelle sur un moment de la guerre en Corée alors que les américains soutenaient le régime totalitaire de l'époque. Ce livre en noir et blanc, très fin et artistique nous relate cet événement qui bien entendu n'est pas connu. Le dessin est minimaliste et aquarellisé. Il donne vie à ces personnages si courageux et malmenés. Comme d'habitude «les puisssants » broient les faibles et ne leurs laissent pas de place. Durant ces pages on apprend à connaître ce que furent leurs espoirs et leurs combats. C'est profondément humain et prenant. Et l'on découvre avec tristesse que l'horreur et l'ignominie sont universelles. C'est un 256 pages. C'est sorti et on a le droit de l'acheter. Il ne faut pas s'en priver.

Keum Suk Gendry-Kim a très tôt une passion pour l’art et pour le dessin. Elle découvre dans le monde de la bande dessinée, une forme d’expression qui lui convient, et qui séduit. En 2010 elle a été publiée par différents éditeurs, et c'est en 2012 que son premier récit long paraît chez cet éditeur, Sarbacane : le très beau Le chant de mon père. On remarquera aussi son travail en tant que traductrice de bande dessinée coréenne. Vertige Graphic, Cornélius, Atrabile, Sai Comics, Casterman, Kana utiliseront ses services.

Jiseul de Keum Suk Gendry-Kim chez Sarbacane
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 06:55

Que des génies du 9ème art... Tiré d'une émission de 1975. Merci à l'INA. www.ina.fr

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 07:55
Les légendes de la Bande Dessinée par Oncle Fumetti... Claire Bretécher et Agrippine.

Claire Bretécher, dessinatrice et scénariste, entre dans la bande dessinée par la très grande porte lors d'une collaboration avec René Goscinny en 1963, puis chez Spirou. Elle collabore avec Tintin, de 1965 à 1966. En 1969, elle crée dans le journal Pilote, le personnage de Cellulite. Dans cette série, elle stigmatise les excès du féminisme sans pour autant dénigrer la cause des femmes. Par la suite, elle revient à Spirou avec des satires de ses contemporaines, où l'on voit son style évoluer vers un trait plus acide, qui la rapproche de son collègue Reiser.

En 1972, elle crée avec Gotlib et Mandryka, L'écho des savanes. En 1973, elle entre au Nouvel Observateur avec la série les Frustrés (15 octobre 1973), intégrée dans la rubrique sociétale « Notre époque ». Dans les Frustrés, Claire Brétecher fait le portrait des lecteurs du "Nouvel Obs » : « les snobs, les fils de bourgeois gauchisants, les mous, les durs... La société post-Mai 1968. Claire Bretécher pratique également la peinture. On ne voit plus grand chose de cette Grande Dame de la BD et c'est très dommage. Vous la retrouverez demain matin au paperboard avec ses collègues sur ce blog.

Agrippine est une adolescente pas très jolie, blasée, boudeuse, sarcastique, égoïste, bavarde, mais aussi paresseuse et mais si attachante. En révolte avec ses parents elle consacre une bonne partie de ses temps libres à les faire flipper. Elle trouve son petit frère Biron insup-portable. Son aïeule Zonzon, aussi chiante qu'elle, est la seule membre de sa famille qui possède le respect d'Agrippine. Elle a des amis, Bergère Leprince (surnommée Morue-Sauce-verte),Psyché Chia (plutôt effacée) et Modern Mesclun l'éternel amoureux rejeté d'Agrippine avec laquelle il a tout de même failli conclure une fois. Ce personnage, comme sa demie-soeur Cellulite aura enthousiasmé toute une génération et aura été le révélateur d'une époque.

Les légendes de la Bande Dessinée par Oncle Fumetti... Claire Bretécher et Agrippine.
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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 07:55
Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Livre singulier que celui proposé par Sylvain Combrouze ; Prison d'ébène. Déjà chroniqué par Oncle Fumetti. Celui-ci a comme à son habitude souhaité en savoir plus.

Bonjour Sylvain Combrouze. Votre premier livre est publié ces jours-ci et vous êtes encore peu connu. Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Et surtout pourquoi ce mode d’expression ?

Bonjour. Je m'appelle Sylvain Combrouze, j'ai trente sept ans et je vis à St Junien à côté de Limoges. J'ai étudié les Arts Appliqués, et je suis aujourd'hui concepteur volumiste-graphiste dans le domaine du carton. Depuis toujours le dessin m'accompagne donc il me paraissait évident de raconter cette histoire en bande dessinée.

Vous publiez « prison d’ébène » avec les éditions La Boîte à Bulles. Présentez-nous ce livre ? Quel est le sujet ? Pourquoi ce thème ? Et pourquoi cette narration sur deux époques ?

"Prison d'ébène" est une histoire fantastique, dont les thèmes sont la vie, la mort, la vengeance, sur les choix que l'on doit faire, sur l'ambivalence du personnage principal: Ernest. Elle est construite sur l'alternance de deux époques: Une qui se déroule au 18ème siècle, l'autre de nos jours à Nantes. Cette mise en scène permet de maintenir un intérêt, une intensité, un effet miroir qui prend tout son sens à la fin. J'ai toujours eu le goût pour les récits fantastiques, surréalistes et c'est vrai que le vaudou, la magie noire s'y prêtent bien. Et puis ces origines, croisement des croyances des esclaves venus d'Afrique et des croyances catholiques. Ayant vécu dans cette belle ville durant trois ans, je me suis intéressé à son passé, ces lieux, et je voyais là tous les ingrédients pour réaliser une histoire. Ce n'est pas un récit historique, c'est plutôt un conte, une fable surréaliste sur une base historique.

Une fois le sujet et le thème abordés. Pourquoi le noir et blanc ? Pourquoi cette absence de texte ?


Au début de l'écriture, il y avait du texte. Mais je me suis vite aperçu que ces images fortes que j'avais depuis longtemps dans la tête fonctionnaient beaucoup mieux sans. Et puis cette absence de paroles renforce ces ambiances sombres, ce climat mystérieux, le clair obscur, et le dessin en noir et blanc s'y prête merveilleusement.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Cette œuvre est sombre et laisse le lecteur un peu livré à lui-même. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi et le sens de votre démarche ?

Il est certain que ce parti pris radical offre une liberté d'interprétation. Je ne veux pas non plus perdre le lecteur : On suit les événements, le parcours des personnages dans l'ordre que j'ai établi. Mais il y a cette volonté de ne pas imposer mon point de vue. Chacun peut s'approprier l'histoire, cela reste un livre ouvert. Il est peut-être possible de voir encore autre chose en relisant le livre. Cela enrichit, donne de l'épaisseur au récit.

Vous publiez votre premier livre à presque quarante ans. C’est dû à quoi ? Pourquoi cette maturation lente de votre livre ?

Cette façon de raconter demande une grande rigueur sur le découpage, l'articulation des planches. Je me suis un peu éternisé sur le story: J'ai recommencé, je me suis égaré, je suis revenu... La mise en scène, j'adore ça, c'est peut être l'aspect que je préfère en bande dessinée. Et puis c'est un premier bouquin avec ses hésitations, ses doutes, trouver le bon angle,un rythme, cela prend pas mal de temps.

Vous travaillez comment ? Quels outils ? A quel rythme ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Pinceau, encre de chine, gouache blanche, cutter sont mes armes. Ensuite il y a la palette graphique pour réaliser la bichro. Je travaille quand je peux, le soir après le boulot ou bien le week-end.

Quelles sortes de BD lisez-vous ? et comment vous ont-elles influencé si c’est le cas ?

Comme tout le monde j'ai lu les grands classiques: Les Astérix, Tintin, Spirou...mais de plus en plus je lis les auteurs qui ont un univers, quand j'ai le sentiment qu'il me parle avec leur propre language: C'est Edmond Baudoin, Blutch, Dave McKean, Chris Ware, Burns, Moebius, Zezelj, Thomas Ott, Winshluss, Larcenet, Druillet, Levallois ... Y'en a tellement. Tous ces auteurs m'ont influencés, m'ont inspirés de près ou de loin, tant sur le plan graphique que narratif : Par exemple "Cages" de Mckean m'a beaucoup marqué à l'époque de sa sortie, il y avait ce parfum un peu étrange, ce regard sur la vie, cette poésie embellie par une très jolie bichromie, c'est un livre important pour moi. Et puis Arzach de Moebius, les Yeux du Chat, c'est culte! Je vais pas tous les citer mais il y a vraiment des petits bijoux en bande dessinée.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.

Didier Comès a publié « Silence » presqu’au même âge que vous « prison d’ébène ». C’était quasiment sa première publication, un succès, et c’est aussi une œuvre en N &B. C’est le hasard ?

C'est un pur hasard ! Comès fait partie des grands et si le livre rencontre le même succès que Silence ça serait énorme ! Il y a aussi cet ouvrage: "L'ombre du corbeau" un récit magnifique qui m'avait beaucoup marqué enfant.

Comment envisagez-vous la suite de votre travail ? Quels sont vos projets ?

Pour le moment j'ai envie d'accompagner le plus loin possible ce livre, participer à des manifestations. Il a un bel accueil pour l'instant, donc c'est très motivant, on va continuer. Pour la suite, j'ai un embryon d'histoire, mais trouver le bon équilibre entre la vie de famille, mon métier et cette activité très prenante, solitaire, n'est pas toujours évident.

Merci pour toutes ces réponses Sylvain et à bientôt.

Interview de Sylvain Combrouze pour Prison d'ébène chez La Boîte à Bulles.
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 07:55
Paroles de BD… Jack Kirby.

“…The Hulk I created when I saw a woman lift a car. Her baby was caught under the running board of this car. The little child was playing in the gutter and he was crawling from the gutter onto the sidewalk under the running board of this car — he was playing in the gutter. His mother was horrified. She looked from the rear window of the car, and this woman in desperation lifted the rear end of the car. It suddenly came to me that in desperation we can all do that — we can knock down walls, we can go berserk, which we do. You know what happens when we’re in a rage — you can tear a house down. I created a character who did all that and called him the Hulk. I inserted him in a lot of the stories I was doing. Whatever the Hulk was at the beginning I got from that incident. A character to me can’t be contrived. I don’t like to contrive characters. They have to have an element of truth. This woman proved to me that the ordinary person in desperate circumstances can transcend himself and do things that he wouldn’t ordinarily do. I’ve done it myself….”. Tiré d’une interview donnée en février 1990 au Comics Journal.

Jacob Kurtzberg alias Jack Kirby naquit en 1917 à New York. Il a créé bon nombre de personnages de comics : Capitaine America, les 4 fantastiques, Thor, Hulk, Spiderman, Ironman autant de personnages que l’on retrouve maintenant dans des blockbusters sur les grands écrans. Il a donné aussi un style qui a influencé et nourrit encore les créateurs. Il nous a donné notamment les «Splash-Pages» dessins de pleine page qui tranchent avec les planches découpées ou encore les «Krackles». C'est un Géant du 9ème Art. Il nous quitte en 1994.

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