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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 08:00
Hommes à la mer par Riff Reb's chez Soleil.

Le synopsis de Soleil :

«Librement adapté des nouvelles de Conrad, Hodgson, MacOrlan, Poe, Schwob et Stevenson par Riff Reb’s. Dernier opus de la trilogie contée et mise en scène par Riff Reb’s, ce recueil offre huit adaptations –graphiquement spectaculaires – d’histoires noires et poétiques : « Un sourire », d’après Joseph Conrad ; « Les Chevaux marins » et « Le Dernier Voyage du Shamraken », d’après William Hope Hodgson ; « La Chiourme » et « Le Grand Sud », d’après Pierre Mac Orlan ; « Une descente dans le maelström », d’après Edgar Allan Poe ; « Les Trois Gabelous », d’après Marcel Schwob ; « Le Naufrage », d’après Robert Louis Stevenson. Ces huit récits seront, eux-mêmes, entrecoupés par sept doubles pages dédiées à des extraits de grands textes illustrés (« L’Odyssée » d’Homère ; « Kernok le pirate » d’Eugène Sue ; « Malgorn le baleinier » d’Émile Condroyer ; « Le Vaisseau des morts » de Traven ; « Un typhon » de Jack London ; « Les Travailleurs de la mer » de Victor Hugo ainsi que « Le Sphinx des glaces » de Jules Verne). Un ultime opus littéraire, riche et poétique magistralement réalisé.

Un Riff Reb's, cela s'accueille. Celui-ci sort le 29. C'est demain. Pour ce qui le concerne, Oncle Fumetti est un fan. Un fan absolu. Ce dessinateur a un talent de folie. Il sait prendre une œuvre de la littérature classique et en tirer la quintessence. En plus il y apporte de l'originalité. Son trait est à nul autre pareil. On reconnaît son style entre mille et c'est du Riff Reb's. Sa façon de coloriser aussi est très personnel. Oncle Fumetti lui avait attribué son Prix de la meilleure BD en 2012 pour le Loup des Mers d'après Jack London. Un bijou déjà. Les adaptations de ces classiques sont très intéressantes. Il les personnifie certes mais il laisse place au lecteur. On s'enrichit tout en laissant son imaginaire vivre et à se confronter à ses souvenirs et à ses impressions. Alors bien sûr il faut avoir lu Mac Orlan, Poe ou Conrad. Ou se mettre à les lire. La BD peut être un bon déclencheur et une bonne mise en condition avant de se lancer dans un de ces textes difficiles. Très bon livre en tout cas. Cela sort demain.

Riff Reb's est né en 1960 en Algérie. Il passa une partie de son enfance au Havre.Dès 1983 sortent ses premières planches. En 1984 il crée avec Qwak l'atelier Asylum où les rejoindront Cromwell, Ralph, Edith et Joe Ruffner. ..En quelques années, cet auteur est devenu le leader d'une nouvelle approche du 9ème art.

Hommes à la mer par Riff Reb's chez Soleil.
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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 08:00
Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti....Le Mage Acrylic par Serge Bihannic et Philippe Druillet chez Dargaud.

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître...La Bohème. Non plus sérieusement Oncle Fumetti veut vous présenter un livre hors du temps et incroyablement brillant. Les lecteurs du titre de cette chronique s'attendent à voir un album dessiné par Philippe Druillet. Que nenni. C'est une des originalités de ce projet incroyable. Philippe Druillet est au scénario et pas au dessin. C'est une originalité. Certes il a écrit pour lui et puis il dessinait pour lui. D'ailleurs il dessine toujours puisqu'il se murmure qu'il travaille à une adaptation de l'oeuvre de Dante Aligieri ; le fameux Enfer !!! Dans ce cas qui nous intéresse c'est Serge Bihannic qui s'y colle. Alors soyons clair, Oncle Fumetti ignore tout de ce dessinateur. Il a illustré des couvertures de livres de la collection Folio Junior pour Gallimard et il a dessiné pour Le Monde mais on ne trouve rien sur lui. A croire que c'est un pseudo. Pour le moins c'est un fabuleux, et le mot est pesé, dessinateur. Il crée des architectures extraordinaires dignes de Giovanni Piranese ; c'est dire. Si cela vous parle pas il y a des articles sur Wikipédia qui sont bien faits. Bref c'est un extraordinaire trait qui s'est mis à la disposition des délires de Maître Druillet. C'est en direct des valeurs de marijuana et des bouffées de LSD. C'est irrévérencieux, insolent et parfois osons, c'est pas très bon. Mais c'est un bijou de graphisme. Ne vous arrêtez pas à la couverture qui est ringarde. Elle aurait dû être tout autre chose et elle aurait dû mettre la créativité de l'album en relief. Ce n'est pas une bonne accroche. Mais ouvrez le livre si vous le trouvez et attendez-vous à en prendre plein les yeux....Foi d'Oncle F. C'est un des meilleurs livres du 9ème art de tous les temps. C'est dit et c'est écrit. Bonne découverte.

Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti....Le Mage Acrylic par Serge Bihannic et Philippe Druillet chez Dargaud.
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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 07:00
Le fils du Soleil de Fabien Nury et Eric Henninot d'après Jack London chez Dargaud.

Le synopsis de Dargaud :

« À bord de sa goélette, David Grief voyage entre les îles Salomon, où il a établi son négoce. Homme d'affaires impitoyable mais honnête, il n'exige que ce qu'on lui doit, quitte à risquer sa vie lorsqu'il réclame une dette impayée ! Une mystérieuse vente de perles le conduit vers l'île de Hikihoho, où vit le vieux Parlay, roi autoproclamé d'une communauté́ indigène... C'est dans cet atoll du Pacifique que des hommes errants après des chimères, d'autres mûs par une folle cupidité, seront réunis, alors qu'un terrible ouragan approche. »

Une équation à trois connus ; London, Nury et Henninot. Cela doit pouvoir se solutionner. En fait pas la peine. C'est forcément signe de qualité. Déjà Jack London. Il a bercé notre enfance ..Enfin celles de ceux qui ouvrent encore des livres sans case et sans bulle et qui aiment les grands espaces canadiens, les bateaux, l'aventure avec un grand A. Déjà il est prisé des auteurs de BD en ce moment. En plus il se prête vraiment au 9ème Art. Il nous a donné des scénarii en béton et il y a une dramaturgie aisée à traduire en cases. Quand c'est Fabien Nury qui adapte le truc c'est solide. Pour le coup il s'est adjoint un dessinateur de talent. Ce Eric Henninot est un bon. Joli trait et mise en planche inventive et de qualité. C'est une affaire rondement menée et le Vieux Fumetti a pris du plaisir à redécouvrir cette œuvre par le biais des phylactères. Cela sort demain. A ne pas manquer.

Jack London est né en 1876 à San Francisco. De son vrai nom John Griffith Chaney, il était un auteur dont les thématiques principales étaient l'aventure et la nature sauvage. Il tira de sa vie et de ses lectures des histoires au contenu social très engagé. Il écrivit notamment l'appel de la forêt plusieurs fois adapté au cinéma et une cinquantaine de nouvelles ou de romans. Il fut l'un des premiers américains à faire fortune dans la littérature. Il mourut d'un empoisonnement du sang à quarante ans en 1916.

Fabien Nury est né en 1976. Il commence dans le milieu de la publicité. C'est au début des années 2000 que l'on le voit apparaître dans le milieu de la BD avec « Je suis légion » et sa collaboration avec John Cassaday. Puis viendront dans le désordre ; Necromancy, l'Or et le Sang,W.E.S.T, Atar Güll ou encore Il était une fois en France. Il collabore avec Brüno, Merwan Chabane, Matthieu Laufray, Xavier Dorison et d'autres. Il passe de Dargaud, à Glénat par 12bis ou Les Humanoïdes Associés. Un scénariste protéiforme en somme.


Eric Henninot est rouennais...Hourrah. Il est né en 1974. Il a été formé à l''Ecole Européenne Supérieure de l'Image (EESI). Il a trois livres à son actif dont un tome de XIII. C'est un signe de qualité non ? Si en plus il travaille avec Nury et pour Dargaud, c'est une confirmation.

Le fils du Soleil de Fabien Nury et Eric Henninot d'après Jack London chez Dargaud.
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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:09
Mona les petites marées de Séverine Vidal et Mathieu Bertrand chez Les Enfants Rouges.

Le synopsis des Enfants Rouges :

«A l'occasion de l'enterrement de sa grand-mère Suzanne à laquelle elle était très attachée, Mona revient à Saint-Malo. Plus jeune, elle y a passé toutes ses vacances, aux côtés de Gaël, son amour d'enfance. Il l'a quittée, elle a beaucoup souffert. Ils se revoient après des mois sans nouvelles. Soutenir son père, trier les affaires, renouer avec Gaël, pleurer, se souvenir, grandir, digérer la révélation de l'homosexualité de Gaël : voilà le programme chargé de l'été des 16 ans de Mona. Journal de Mona : " Ça sera sûrement pas les grandes marées, je serai loin des tempêtes, mais au moins, ça sera doux. Je me trouverai un copain qui ne change pas d'avis, et accessoirement d'amoureuse, tous les deux mois. Un type solide et droit dans ses bottes de pluie. Un amour calme. Un truc qui ne déborde pas. Un ruisseau. Voilà les deux gros projets que j'ai pour l'année qui vient : trouver un ruisseau et finir d'oublier Gaël." Comme d’habitude, je ne suis pas assez couverte ; j’en tremble tellement j’ai rien sur le dos. J’ai mis un petit pull de rien. Elle aurait dit : « tu vas attraper la mort ».Moi, j’aurais haussé les épaules et voilà. Trop tard, maintenant elle est morte. J’en tremble tellement elle est morte ".

Joli livre intimiste proposé par Nathalie Meulemans et son équipe. Mais aussi et surtout par Séverine Vidal et Mathieu Bertrand. L'auteure écrit pour la jeunesse. Elle a une jolie plume. Elle sait nous attendrir avec une histoire simple sur le temps qui passe et les êtres chers qui disparaissent et s'éloignent. C'est un retour sur soi afin de mieux avancer. Le livre et les planches sont tous de bleus colorés ; C'est un rappel à la mer sans doute. Une histoire de Malouins. Le trait de Mathieu Bertrand est au diapason. C'est joli et tendre comme le bois flotté. On entre dans l'histoire sur la pointe des pieds et on en sort joliment enrichi. Cela sort demain le 21 et c'est aujourd'hui donc... C'est une jolie découverte. Cours-y vite, cours-y vite...

Séverine Vidal est auteure et scénariste...Elle est née en .. (on ne dit pas l'âge d'une dame). Elle a été un temps dans l'enseignement. La voici depuis quelques années à la tête d'une bibliographie conséquente. Elle a travaillé avec Gallimard, Sarbacane, Frimousse, Oskar Editions ou l'Elan Vert..La voici chez les Enfants Rouges. Une histoire de couleurs.

Mathieu Bertrand est dessinateur. Il est né en 1987. C'est un Bourguignon. Il a fait la fameuse Ecole Emile Cohl. Il a une bibliographie encore naissante mais cela va grandir. C'est sûr.

Mona les petites marées de Séverine Vidal et Mathieu Bertrand chez Les Enfants Rouges.
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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 07:00
La légende du Lama Blanc -tome 1 de Alejandro Jodorowsky et Georges Bess chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« 1950. La République populaire de Chine envahit le Tibet. Ce sont des milliers de soldats rouges qui se déversent sur les neiges éternelles et immaculées de l’Himalaya, assassinant, violant et torturant à tour de bras. Les temples tombent en ruine les uns après les autres. C’est dans ce qu'il reste du monastère Chakpori que Tzu, Dondup, Topden, Tsöndu et le maître chat Lin-fa décident de déjouer le destin funeste qui menace leur pays. Ils partent en quête de leur ancien guide spirituel : Gabriel Marpa, le « Lama blanc ». Retiré dans le Temple d’or, au cœur de la Vallée occulte, il est l’homme qui est parvenu à transcender l’existence, devenant, à force de méditation, l’égal d’un Dieu. Il est peut-être l’unique espoir de tout un peuple au bord de l’abîme : celui qui sera capable d’éteindre ce feu sous la neige... »

Un personnage de légende est sur le retour. Cela faisait vingt années environ que ce personnage était sorti des bacs des libraires. Les deux compères ne développaient plus d'histoires. Les compères ? Eh bien Jodorowsky et Bess. Deux créateurs majeurs de la BD moderne. Nous voilà avec le retour du Lama blanc. Ce n'est donc pas une reprise mais un nouveau départ. Malgré le temps c'était comme si on prenait la suite d'une BD sortie l'année d'avant. Alors bien sûr la jeune génération va découvrir. Un univers fantastique, très mystique. Bien avant le film avec Brad Pitt on découvre un européen qui prend le leadership de la culture tibétaine. Imaginez que le Grand Lama se réincarne dans un enfant européen sur fond d'invasions du pays par la Chine communiste. Tout un programme qu'Oncle Fumetti vous laisse découvrir. C'est évidemment du grand art au niveau du dessin. Les planches de Georges Bess sont très travaillées. C'est excellent et ce n'est pas une surprise. Le scénario de Jodorowsky est un modèle sur genre. Le talent du Grand Alejandro est établi et il n'y a pas à y revenir. C'est de la grande BD. La nouveauté ? Nous passons des Humanoïdes Associés à Glénat. Bonne idée à eux. On attend la suite.

Alejandro Jodorowsky est chilien. Il nait en 1929. Il est multiple ; essayiste, mime, réalisateur, scénariste. Il travaille dans de nombreux pays en Ukraine, comme en France ; Son apport pour le 9ème art est immense puisqu 'on lui doit ; le Monde d'Alef Thau, la caste des Méta-Barons, Bouncer, Borgia et évidemment l'Incal. Le revoici avec une suite du Lama Blanc.

Georges Bess se fait d'abord un nom en jouant les remplaçants de luxe auprès de tout ce que la Suède compte de dessinateurs. De 1977 à 1987 il dessine les histoires du Phantom, fameux héros masqué bataillant contre les forces du Mal. Il rentre à Paris en 1987, où il rencontre Alejandro Jodorowsky, qui lui propose rapidement d'illustrer l'histoire du Lama Blanc. Ensemble, ils signent d'autres séries majeures : Anibal 5, une version androïde, obsédé sexuel et explosif de James Bond en 1990, Juan Solo, tueur sudaméricain en 1994, récompensé par l'Alph'art du meilleur scénario au festival d'Angoulême. En 1998 il publie son premier album en solo, dont il rêvait depuis longtemps : Escondida. Il collabore couramment avec Glénat et Vents d'Ouest.

La légende du Lama Blanc -tome 1 de Alejandro Jodorowsky et Georges Bess chez Glénat.
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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 07:00
Solo – les survivants du Chaos de Oscar Martin chez Delcourt.

Le synopsis de Delcourt :

«Ravagée par les armes nucléaires et chimiques, la Terre a muté et de nombreuses espèces animales ont développé une taille et une intelligence semblables à celle des humains. Pour faciliter la vie de sa famille, Solo, un jeune rat, décide de prendre la route. Dans ce monde hostile fait de prédateurs, de cannibales, de monstres ou de pirates, Solo va devoir devenir le meilleur guerrier pour survivre. »

Ce bouquin nous vient d'Espagne. Enfin d'un créateur espagnol. Eh oui...on pourrait croire un comics US. Ce n'est pas le cas. La péninsule ibérique nous a toujours donné de fameux dessinateurs. Oscar Martin n'échappe à la bonne lignée de ces auteurs talentueux...Munuera, Guarnido, Ribera et bien d'autres. Il est donc espagnol. Il a la riche idée de nous proposer un scénario divertissant. Un rat au physique humanoïde devient un guerrier pour survivre sur la Terre ravagée. C'est Ptiluc revu à la sauce Mad Max. C'est bien fait et divertissant à souhait. Le personnage est bien construit ; attachant, intéressant. L'action est bien menée. Le scénario part bien, même si on sent bien que l'auteur en garde sous le pied. Il est prévu trois tomes. Les planches sont bien réalisées. C'est du joli travail. C'est propre. Dire que c'est pensé serait un oeuphémisme. C'est sorti déjà et à ne pas trop laisser passer. Foi d'Oncle Fumetti !!!

Oscar Martin est barcelonais. Il y nait en 1962. Il entre dans la carrière en 1983 et nous vient de l'animation.. En effet, pendant près de 20 ans, ll dessine et scénarise Tom et Jerry. En 2006, il dessine avec Miroslav Dragan au scénario, une série publiée par Casterman en France nommée La Guilde. Le voici chez Delcourt.

Solo – les survivants du Chaos de Oscar Martin chez Delcourt.
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 07:00
Arsène  Lupin les origines chez Rue de Sèvres... Interview de Benoît Abtey.

Benoît Abtey vient de scénariser Arsène Lupin - les origines, publié chez Rue de Sèvres. Comme d'habitude, Le Vieux Fumetti veut comprendre le « pourquoi du comment »....

Comme on est jamais mieux servi que par soi-même, présentez-vous Benoît Abtey. Qui êtes-vous ? Pourquoi ce métier d’écrivain et scénariste ?

Je suis un autodidacte, un diplômé de l’école buissonnière. Je suis d’abord entré à la Sorbonne, en lettres modernes, puis à quelques pas de là, à l’ENSAD, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Je suis resté six mois à la Sorbonne, deux ans à l’ENSAD. Je suis réfractaire à l’enseignement contemporain. A la Sorbonne, j’ai fui les cercles d’étudiants prétentieux, adorateurs de Sartre et de Kundera. Je ne m’y retrouvais pas. Je m’y ennuyais. C’est très snob, la Sorbonne, vous savez… Du moins, ça l’était.

J’ai été déçu, également, aux Arts Déco. J’étais très impatient. Je voulais recevoir des leçons à l’ancienne, façon vieille école, dans la tradition. Ce n’était pas la bonne adresse. Bref, j’ai pris un chemin de traverse et j’ai décampé à travers bois.

La suite est un enchaînement de péripéties…Vivre d’abord et philosopher ensuite, dit l’adage. Je l’ai suivi à la lettre.

Fabriquer des récits, c’est pour moi le moyen de faire partager ma vision du monde et des hommes. Sans discours, sans sermon, avec une certaine distance. J’ai une passion pour l’Histoire, pour notre passé. Tout y est. Le profane et le sacré, le sublime et l’horrible. C’est notre héritage, la source intarissable. J’y puise mon inspiration et ma force.

Vous semblez aimer reprendre les personnages de la littérature français...On connait déjà Arsène Lupin. Il y a eu aussi les 3 Mousquetaires et donc d’Artagnan. Pourquoi ? Est-ce par facilité ?

Petite mise au point : la série que je suis en train d’achever chez Flammarion s’intitule Les Secrets de d’Artagnan. Les trois mousquetaires en sont absents. Quant à la facilité, elle se trouve partout. Tout est une question d’exigence personnelle. Quelle que soit le thème, le genre, concevoir une bonne histoire demande du sérieux, du travail. Il faut creuser son sujet jusqu’à trouver l’or… Qui n’est jamais à portée de main.

Et puis, quand on ranime de grands personnages, on doit se montrer à la hauteur, ne pas décevoir. Car il y a beaucoup d’attentes. C’est tout un art, je crois, d’être fidèle à l’esprit sans devenir académique. Garder la quintessence oblige à faire preuve d’invention. Il faut quitter les sentiers battus sans pour autant sortir du cadre. Il faut être dans le rôle en apportant sa griffe…

Du reste, il s’est trouvé que le hasard que l’on nommait jadis la Sainte Providence m’ont «imposés» ces figures mythiques du patrimoine : d’Artagnan et Lupin. Il serait un peu long de développer en détails le cheminement qui me conduisit jusqu’à eux. En vérité, et sans aucune modestie, je crois que ce sont eux qui m’ont choisi.

D’Artagnan et Lupin sont deux visages de la France. Ces héros représentent notre pays. Avec Astérix, nous n’avons pas d’autres figures qui portent mieux nos couleurs jusqu’au bout du monde. Ils incarnent des valeurs nationales : l’audace et la liberté, l’indépendance et la témérité. Ils ont encore dans leurs attitudes, leurs poses, une certaine grandiloquence, qui est du lyrisme en action. Ils sont un tantinet cabotins. Il y a du Molière en eux. Ils aiment soigner leur entrées et leur sorties comme si le monde était un théâtre qu’ils devaient éblouir par quelques morceaux de bravoure signés d’un mot d’esprit.

J’aime l’idée de ces héros positifs qui pratiquent l’ironie et demeurent élégants en toutes circonstances. Ils ont du style. Ils aiment en faire trop, ils affectionnent la bravade, le coup de pique, ils sont irrévérencieux, insolents et frondeurs. Je crois que ce sont ces caractéristiques qui les rendent si attachants, si populaires et qui fondent la marque de fabrique du génie tricolore : un mélange de profondeur et de légèreté, un dynamisme sanguin, un côté sabre au clair et en même temps désillusionné.

Arsène  Lupin les origines chez Rue de Sèvres... Interview de Benoît Abtey.

Est-ce différent de scénariser une BD que d’écrire un roman ?

Pour l’un comme pour l’autre, il faut être bon architecte. La bande dessinée impose un format, et donc une grande rigueur d’écriture. Il ne doit y avoir que du muscle. Il faut concentrer la narration et la tendre au maximum. Impossible d’écrire au courant de la plume, tout doit être réglé comme du papier à musique. C’est un exercice formidable. Tous les auteurs devraient s’y atteler.

Comment avez-vous rencontré l’équipe du livre ? Vous n’êtes pas leur seul scénariste, il y a aussi le dessinateur Christophe Gaultier et la coloriste ; présentez- nous vos camara-des en quelques mots..

Pierre Deschodt est un ami. Dans l’ensemble, nous aimons les mêmes auteurs. C’est un peu lui qui à l’origine de cette reprise, de cette œuvre en devenir. A tout dire, Lupin est le dieu de notre enfance. Notre collaboration littéraire est complète. En effet, nous travaillons également en duo à la rédaction d’une série intitulée les nouveaux exploits d’Arsène Lupin, à paraître aux éditions XO. Nous y retrouvons certains protagonistes de la bande dessinée, mais quelques années plus tard… Alors que la renommée du cambrioleur magnifique est devenue légendaire. Pierre et moi admirons tous deux le travail de Christophe Gaultier que nous avons découvert quand il nous fut présenté par notre éditrice Nadia Gibert. Sa patte apporte une originalité remarquable à l’univers de Lupin. Il est très à l’aise avec l’époque et le personnage. Il en fait ressortir sous un jour nouveau, tout l’éclat et la noirceur.

Marie Galopin est la compagne de Christophe. J’ai un faible pour ses couleurs. (Pierre de même). Elle sait créer des atmosphères très contrastées, très évocatrices, elle varie à loisir les lumières et les ambiances. Nous tenions à ce grand éventail de décors et de climats.

Comment collabore-t-on à la conception de planches de BD quand on ne
dessine pas ? Orientez-vous l’aspect artistique d’une manière ou d’une
autre ? Christophe Gaultier était-il libre de ses
choix ?

Petite précision : j’ai une formation de dessinateur. Mais je n’en tiens pas trop compte pour la conception de l’histoire ni même pour son développement page par page. Pierre et moi donnons peu d’indications à Christophe. Nous «voyons» les séquences et les construisons en fonction de la place qu’elles vont occuper dans la succession des images et selon les limites du format imposé. Dans l’ensemble, nous laissons Christophe maître de la mise en scène. Nous faisons confiance à son savoir-faire. Du reste, je crois qu’il n’aime pas – ce que je peux comprendre- être trop dirigé. Nous lui suggérons seulement quelques références auxquelles nous sommes attachés Pierre et moi, pour qu’il définisse au mieux les lieux et le physique des personnages.

Arsène  Lupin les origines chez Rue de Sèvres... Interview de Benoît Abtey.

Pourquoi ce support pour raconter une histoire ?

La Bande Dessinée est un média grand public. Pierre et moi espérons renouer avec une certaine veine populaire. En somme, j’ose le dire, nous avons pour ambition d’importer la tradition du livre au royaume des images. Or l’image est bien reine en notre siècle. Il faut aussi savoir faire avec. Et puis, il y a une part de déformation et de suggestion, propre à la bande dessinée, qui lui confère toute sa singularité. Bien souvent, on est obligé, au cinéma, à la télévision, de recourir à des artifices pour approcher cette personnalisation du réel. Les partis pris du dessinateur, la sensibilité de son trait, vont au contraire naturellement inventer un univers qui donnera tout son cachet à l’histoire.

Qu’est-ce qui a déterminé le choix d’Arsène Lupin ? Et pourquoi scénariser son adolescence ?

Lupin est un héros des temps modernes. Qui, aujourd’hui, n’aimerait pas apprendre l’existence d’un homme tel que lui ? D’un homme ennemi des puissances de l’argent, ces puissances qui étouffent le monde et asservissent les nations ? Il va redonner de l’espoir, il va rendre du courage, il va donner l’exemple, j’en suis convaincu. L’adolescence est le moment où s’élève la conscience d’un individu. Le parfum de son enfance l’accompagne toute sa vie, mais c’est à l’adolescence qu’il fait ses choix. C’est à cet instant qu’il devient le maître de son destin. Cela, je crois, fait un beau sujet… il restait à traiter. A tout dire, et pour parler franc, je ne suis pas un grand lecteur de bande dessinée. J’ai tendance à être souvent déçu par la pauvreté des scénarios. J’ai néanmoins des coups de cœur. L’œuvre d’Alain Ayrolles et de Bruno Maïorana est pour moi un sommet du genre.

Lisez-vous des Bandes Dessinées et lesquelles ?

J’ai beaucoup apprécié le diptyque Sylas Correy. En général, je n’aime pas ce penchant en Bande Dessinée pour la noirceur. Je trouve cela destructeur, vain et racoleur. Enfin, je suis pantois d’admiration devant le talent de Goscinny. Ces livres sont pour moi les évangiles de la bande dessinée.

Avez-vous des modèles dans votre art ? Comme qui aimeriez-vous écrire ?

Je reviens toujours aux mêmes. Quatre géants. Victor Hugo. Honoré de Balzac. Alexandre Dumas. Stendhal. J’aime énormément la verve d’Henri Jeanson, de Céline, de Michel Audiard, surtout celui des films «sérieux» : Le Président, les Maigret, etc… Je pourrais en citer bien d’autres : Marcel Aymé, Jean Anouilh, Bernanos, Proust, Druon…Pour répondre à la deuxième partie de votre question, c’est simple et très ambitieux. Il me faudra toute une vie pour y parvenir : je voudrais écrire comme nul autre.

Quels sont vos projets futurs ?

J’en ai plusieurs. Il y a notamment une série policière au temps de Napoléon III, qui s’intitulerait l’Empire du crime. Une saga qui se déroulerait pendant la révolution et qui se nommera Citoyen ! Je songe encore à un récit de cape et d’épées dont l’action centrale se déroulerait en Bretagne. Il n’est pas impossible qu’on y découvre une faune étrange, sous la poudre et les fards, des vampires, sans parler de ces féodaux sanguinaires capable de se changer en loups les soirs de pleine lune… Il y aura encore une série d’aviation durant la grande guerre, Pour l’amour du ciel… Enfin, prochainement aux éditions rue de Sèvres, vous découvrirez le premier tome d’une nouvelle aventure : Kamarades ! Voyez, les vacances ne sont pas pour demain…

Merci Benoît Abtey et longue vie à Arsène Lupin.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 07:00
Olrik ou le mystère de Jacobs de Robert Nouailhat chez Mosquito

Le synopsis de Mosquito :

«La réactivation de l'univers jacobsien est un des phénomènes éditorial marquant de ces dernières années. Robert Nouailhat, auteur du remarqué Jacobs, la marque du fantastique, s'est penché sur le personnage sulfureux d'Olrik, car comme chacun sait : ''les méchants'' sont les personnages les plus intéressants ! L'auteur fait le point sur la genèse et l'évolution d'Olrik qui connaît une carrière particulièrement riche et mouvementée. L'ouvrage est agrémenté de nombreuses esquisses d'André Juillard et d'Antoine Aubin. »

L'univers de Jacobs est mystérieux. C'est une bande dessinée ancienne. C'est un univers passéiste. Son style emblématique de la fameuse Ligne Claire est un modèle du genre et on pourrait le croire ennuyeux et pourtant cela reste un best-seller. A quoi cela tient-il ? On sait tous qu'au delà du dessin c'est aussi un scénario que l'on cherche. On veux trouver une dramaturgie qui nous tiendra en haleine et qui nous passionnera de la première à la 46ème planche. Edgar P. Jacobs a su créer un trio mythique autour de Blake et de Mortimer mais aussi et surtout de Olrik. Tous les professeurs et tous théoriciens du bon scénario vous confirmeront que c'est très souvent le «mauvais » qui donne le la d'une bande dessinée. Cela vaut pour le cinéma également. Un bon « mauvais » vous assurera une intrigue forte et captivante. Remarquons Hannibal Lecter qui éclipse les supposés héros de la série. Remarquons Dark Vador qui est le vrai personnage central de Star Wars. Olrik est du même calibre. Il apparaît et le scénario s'emballe. Il disparaît et on est désappointé. Robert Nouailhat a la bonne idée de sortir Olrik de son contexte et de nous le présenter mieux. C'est intéressant pour le fan et c'est aussi intéressant pour le professionnel ou le scénariste. A découvrir. C'est passionnant et de vrais beaux crayonnés et dessins illustrent le livre. C'est beau également. C'est un joli cadeau pour Noël... C'est bientôt.

Robert Nouailhat est né en février 1943 ; il est marié et père de trois enfants. Il a écrit de nombreux livres sur l'enseignement des religions. Une autre partie de son travail dans un tout autre domaine porte sur le celèbre écrivain E.P.Jacob dont il était ami...Il a fait paraître deux livres dont un extraordinaire avec une couverture signé Juliard... "La marque du fantastique" déjà chez Mosquito. Celui-ci est le second.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 07:00
Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier

Louis Theillier a sorti un livre très particulier chez Futuropolis «Johnson m’a tuer». Nous avons chroniqué l’album et comme souvent, nous avons souhaité en savoir plus… Questions et réponses.

Qui êtes-vous Louis Theillier ? Présentez-vous mieux aux lecteurs de ce blog ?

Je suis Bruxellois d'adoption depuis 2002, où après les Beaux-Arts, j'ai commencé une «carrière» d'artiste plasticien. Mais le besoin d'argent, couplé à une curiosité pour la «normalité» m'ont vite amené à découvrir le monde du travail salarié, en parallèle à mes pratiques artistiques.

En 2006, j'entre dans la multinationale Johnson Matthey en tant qu'ouvrier intérimaire. Je resterais 5 années dans cette usine, où mon moi-artiste s'estompe progressivement pour plonger comme «tout-le-monde» dans la Grande Léthargie... Jusqu'au jour où la direction annonce la fermeture de son site et le licenciement de mes 300 collègues, et que je prends le bic en main...

Vous avez donc publié « Johnson m’a tuer » chez Futuropolis. C’est un roman graphique de combat, très journalistique. Présentez-le nous et dites-nous comment vous est venue cette idée, ce concept si particulier.

Je m'improvise BD reporter dès le début du conflit social, au départ pour faire face à une multinationale qui bat des records de production, bénéficie de millions d'euros d'aides publiques pour pérenniser l'emploi, mais qui a décidé de délocaliser sa production en Macédoine, vers toujours plus de profits, aux dépends des travailleurs.

Faisant le constat du déficit de représentation des travailleurs, et du fait que notre situation est particulièrement représentative de la crise morale globale qui touche nos dirigeant, publics comme privés, je me mets à créer en temps réel le journal de bord de l'usine en lutte, d'abord sous forme d'un blog, puis une micro-édition et vite relayé par les médias belges. La version définitive de cette expérience humaine et graphique a été éditée par Futuropolis en 2014.

Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier

Comment est-ce que cela vous est venu ? Oncle Fumetti sait maintenant que vous êtes un ancien des Beaux-Arts et puis ouvrier chez Johnson mais comment devient-on à la fois, dessinateur, scénariste, journaliste et compagnon de lutte ?

Le sujet était très complexe, multiformes, et j'avais le besoin de le mettre sur papier pour comprendre. Dans ces entreprises très sécurisées, on ne peut rien amener de l'extérieur, ma seule façon de documenter ce qui se passait était d'utiliser les bic et les feuilles A4 utilisées sur place, et donc le format BD s'est vite imposé comme média grand-public, attractif, original.

Après, pour la réalisation, j'ai vraiment réagi à chaud, dans l'urgence, et tout le processus de travail s'est mis en place à l'instinct, de façon organique. Le fait d'avoir été au pied du mur, finalement ça à fait gagner beaucoup de temps! Recueillir les témoignages, synthétiser toutes les situations vécues, les mettre en image, créer des mise en pages,...je n'ai jamais autant travaillé chez JM !

Sur ce projet incroyable qu’avez-vous été le plus ; journaliste, ouvrier, artiste ?

Je dirais observateur actif.

Comment arrive-t-on à prendre de la distance avec les événements quand on est acteur et narrateur dans le même temps ? Est-ce que vous avez voulu être dans la dénonciation ou avez-vous eu un regard distancié sur les événements ?

J'avais besoin justement de prendre du recul, et l'art permet cela, représenter c'est arriver à digérer la situation vécue. Mon travail était de réunir, de rendre compte de ce qui se passait concrètement, donc de la façon la plus juste et la plus fidèle à la réalité, sans tenter de faire une propagande, parce qu'il n'y a rien à ajouter, tout est là et le lecteur peut faire le constat de la situation.

Quels regards vos compagnons de lutte ont-ils porté sur votre œuvre ? Ont-ils adhéré ?

Très contents et surpris dans l'ensemble, c'était une éclaircie dans la grisaille du quotidien au sein de l'entreprise. j'étais un peu l'artiste de l'usine, et j'ai pu démontrer mon utilité ! Le livre est naturellement construit sur la base d'observations et d'écoutes de mes collègues, de croquis faits sur place. Ils savaient qu'ils allaient être représentés dans une BD, même si on ne savait pas que ça serait publié !

Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier

Quel a été l’accueil de l’éditeur, Futuropolis ; sceptique ou enthousiaste ? Et qu’est ce qui l’a décidé à vous publier selon vous ?

Futuro à vite adhéré au projet, qui est proche de leur ligne éditoriale, plutôt axée sur le réel, le témoignage, le vécu. Ils m'ont laissé carte-blanche pour la réalisation de l'album. J'ai voulu redessiner et étoffer l'ensemble de la version initiale... il y a la phase à chaud (toujours visible sur www.johnsonmatuer.blogspot.be ), et la phase à froid !

Dans un tout autre ordre d’idée, quels sont vos modèles dans le monde du 9ème art ? Est-il plus humain ou plus solidaire que le monde de l’usine et très différent de celui des multinationales ? Il y a aussi une logique économique non ?

Je ne suis en fait pas un grand connaisseur en bd, mais j'aime la bd indépendante, les maitres comme Crumb, Harvey Pekar, Munoz et bien sûr Joe Sacco.

Même si le monde de la bd parait très sympa, il est aussi un domaine capitaliste comme un autre, même encore plus libéral, les conditions de travail sont de plus en plus invivables, et beaucoup d'auteurs renoncent.

Parlez-nous du projet « Médor ». On sait qu’il vous tient à cœur. De quoi s’agit-il ?

Médor n'est pas un chien, c'est le premier trimestriel coopératif belge d'investigation et de récits. Être structuré en coopérative permet des conditions de travail décentes pour les journalistes et créateurs visuels. Le premier numéro est prévu pour fin 2015! Et nous recherchons activement des financements, des abonnés et des coopérateurs. Venez voir notre site: www.medor.coop


Etes-vous définitivement de retour dans le monde du 9ème art ou n’est-ce qu’un passage ?

J'aimerais beaucoup continuer à faire de la BD, j'ai pleins de projets ! Je cherche à développer un travail de BD informatif permettant de mettre en lumière des combats d'aujourd'hui, et vulgariser des enjeux de sociétés. ... Je manque juste de temps ! Je pense concrétiser un certain nombre de projets au sein de ce superbe pari qu'est Médor! Je vous invite d'ailleurs à nous soutenir sur www.medor.coop

Merci Louis Theillier pour le temps que vous nous avez consacré et pour vos réponses. Longue vie à Médor !!! Nous suivrons cela près.

Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier
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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 07:00
Dr Watson de Stéphane Betbeder et  Darko Perovic chez Soleil

Le synopsis de Soleil Prod. :

« En 1891, Sherlock Holmes disparaît dans les chutes de Reichenbach, poussé dans le vide par son ennemi juré, le professeur Moriarty. Son corps ne sera jamais retrouvé.
Fidèle collaborateur du détective, le docteur Watson est persuadé que son ami est encore vivant, retenu prisonnier par Moriarty quelque part dans Londres. Il n’a aucune piste, aucune preuve, mais il s’accroche à ce fol espoir, au grand dam de ses proches qui le voient sombrer peu à peu dans un délire paranoïaque. Pourtant, la machination autour de la disparition de Holmes n’est pas le fruit de son esprit dérangé, elle est bien réelle.
.. »

Ah les chutes de Reichenbach !!!!... Il était temps que ce héros et il faut aussi le dire parfois ce faire-valoir de Docteur Watson prenne son essor et soit mis sur le devant de la scène. C'est donc une excellente idée d'avoir écrit une histoire sur lui. Petit à petit il sort de l'ombre que ce soit dans les films de Guy Richie avec Jude Law dans le personnage ou d'autres. Le Docteur Watson est une vraie figure de l'oeuvre de Conan Doyle. Le moment est venu qu'il prenne sa place. C'est ce qu'on comprit et c'est ce qu'on sut faire Stéphane Betbeder et Darko Perovic. L'histoire prend tout sa mesure. Bien entendu le scénario repose sur la recherche de Sherlock Holmes mais pas seulement. On découvre dans ce travail un personnage charismatique et intéressant. Betbeder sait prendre le «character » à son compte et il l'amène vers des extrémités que l'on ne soupçonne pas et qui ne seront pas révélées ici. Darko Perovic connait son métier. Il a l'expérience acquise dans des travaux précédents, avec Dobbs, notamment. Il y a un vrai savoir-faire « Soleil ». La marque de fabrique est bien identifiable même si chaque créateur amène son originalité. C'est une vraie œuvre et le début de l'émergence d'un vrai personnage. Cela sort le 15.

Stéphane Betbeder est né à Pau en 1971. Il va aux Beaux-Arts d’Angoulême. Il prend la route de l’art contemporain, la photo et la vidéo. Après quelques années, Christophe Bec lui permet en 2000 de renouer avec ses premières amours en lui confiant le scénario d’Hôtel Particulier (éditions Soleil) Puis il collabore avec La Boîte à bulles, Albin Michel, les Humanoïdes Associés qui lui confient le remake du succès de Christophe Bec et Xavier Dorison, Sanctuaire Redux, mis en images par Riccardo Crosa. Viennent ensuite de nouveau chez Soleil, sous la direction de Jean-Luc Istin cinq nouvelles séries : Le Retour de Dorian Gray, un diptyque dans la collection 1800 (avec Vukic au dessin), Dogma, un thriller ésotérique (avec Bonetti), Inlandsis, un conte nordique (avec Frichet), 2021, un récit d’anticipation (avec Bervas), et Deep, un thriller des profondeurs (avec Pietrobon).

Darko Perovic est serbe. Il vit à Belgrade. Il est né en 1965. Il est dessinateur. C'est un pur produit Soleil Prod. Il a notamment collaboré avec Dobbs sur Alamo 1 et 2.Son style est réaliste et brillant. Il excelle dans ce style de livres.

Dr Watson de Stéphane Betbeder et  Darko Perovic chez Soleil
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