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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 07:00
La légende du Lama Blanc -tome 1 de Alejandro Jodorowsky et Georges Bess chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« 1950. La République populaire de Chine envahit le Tibet. Ce sont des milliers de soldats rouges qui se déversent sur les neiges éternelles et immaculées de l’Himalaya, assassinant, violant et torturant à tour de bras. Les temples tombent en ruine les uns après les autres. C’est dans ce qu'il reste du monastère Chakpori que Tzu, Dondup, Topden, Tsöndu et le maître chat Lin-fa décident de déjouer le destin funeste qui menace leur pays. Ils partent en quête de leur ancien guide spirituel : Gabriel Marpa, le « Lama blanc ». Retiré dans le Temple d’or, au cœur de la Vallée occulte, il est l’homme qui est parvenu à transcender l’existence, devenant, à force de méditation, l’égal d’un Dieu. Il est peut-être l’unique espoir de tout un peuple au bord de l’abîme : celui qui sera capable d’éteindre ce feu sous la neige... »

Un personnage de légende est sur le retour. Cela faisait vingt années environ que ce personnage était sorti des bacs des libraires. Les deux compères ne développaient plus d'histoires. Les compères ? Eh bien Jodorowsky et Bess. Deux créateurs majeurs de la BD moderne. Nous voilà avec le retour du Lama blanc. Ce n'est donc pas une reprise mais un nouveau départ. Malgré le temps c'était comme si on prenait la suite d'une BD sortie l'année d'avant. Alors bien sûr la jeune génération va découvrir. Un univers fantastique, très mystique. Bien avant le film avec Brad Pitt on découvre un européen qui prend le leadership de la culture tibétaine. Imaginez que le Grand Lama se réincarne dans un enfant européen sur fond d'invasions du pays par la Chine communiste. Tout un programme qu'Oncle Fumetti vous laisse découvrir. C'est évidemment du grand art au niveau du dessin. Les planches de Georges Bess sont très travaillées. C'est excellent et ce n'est pas une surprise. Le scénario de Jodorowsky est un modèle sur genre. Le talent du Grand Alejandro est établi et il n'y a pas à y revenir. C'est de la grande BD. La nouveauté ? Nous passons des Humanoïdes Associés à Glénat. Bonne idée à eux. On attend la suite.

Alejandro Jodorowsky est chilien. Il nait en 1929. Il est multiple ; essayiste, mime, réalisateur, scénariste. Il travaille dans de nombreux pays en Ukraine, comme en France ; Son apport pour le 9ème art est immense puisqu 'on lui doit ; le Monde d'Alef Thau, la caste des Méta-Barons, Bouncer, Borgia et évidemment l'Incal. Le revoici avec une suite du Lama Blanc.

Georges Bess se fait d'abord un nom en jouant les remplaçants de luxe auprès de tout ce que la Suède compte de dessinateurs. De 1977 à 1987 il dessine les histoires du Phantom, fameux héros masqué bataillant contre les forces du Mal. Il rentre à Paris en 1987, où il rencontre Alejandro Jodorowsky, qui lui propose rapidement d'illustrer l'histoire du Lama Blanc. Ensemble, ils signent d'autres séries majeures : Anibal 5, une version androïde, obsédé sexuel et explosif de James Bond en 1990, Juan Solo, tueur sudaméricain en 1994, récompensé par l'Alph'art du meilleur scénario au festival d'Angoulême. En 1998 il publie son premier album en solo, dont il rêvait depuis longtemps : Escondida. Il collabore couramment avec Glénat et Vents d'Ouest.

La légende du Lama Blanc -tome 1 de Alejandro Jodorowsky et Georges Bess chez Glénat.
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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 07:00
Solo – les survivants du Chaos de Oscar Martin chez Delcourt.

Le synopsis de Delcourt :

«Ravagée par les armes nucléaires et chimiques, la Terre a muté et de nombreuses espèces animales ont développé une taille et une intelligence semblables à celle des humains. Pour faciliter la vie de sa famille, Solo, un jeune rat, décide de prendre la route. Dans ce monde hostile fait de prédateurs, de cannibales, de monstres ou de pirates, Solo va devoir devenir le meilleur guerrier pour survivre. »

Ce bouquin nous vient d'Espagne. Enfin d'un créateur espagnol. Eh oui...on pourrait croire un comics US. Ce n'est pas le cas. La péninsule ibérique nous a toujours donné de fameux dessinateurs. Oscar Martin n'échappe à la bonne lignée de ces auteurs talentueux...Munuera, Guarnido, Ribera et bien d'autres. Il est donc espagnol. Il a la riche idée de nous proposer un scénario divertissant. Un rat au physique humanoïde devient un guerrier pour survivre sur la Terre ravagée. C'est Ptiluc revu à la sauce Mad Max. C'est bien fait et divertissant à souhait. Le personnage est bien construit ; attachant, intéressant. L'action est bien menée. Le scénario part bien, même si on sent bien que l'auteur en garde sous le pied. Il est prévu trois tomes. Les planches sont bien réalisées. C'est du joli travail. C'est propre. Dire que c'est pensé serait un oeuphémisme. C'est sorti déjà et à ne pas trop laisser passer. Foi d'Oncle Fumetti !!!

Oscar Martin est barcelonais. Il y nait en 1962. Il entre dans la carrière en 1983 et nous vient de l'animation.. En effet, pendant près de 20 ans, ll dessine et scénarise Tom et Jerry. En 2006, il dessine avec Miroslav Dragan au scénario, une série publiée par Casterman en France nommée La Guilde. Le voici chez Delcourt.

Solo – les survivants du Chaos de Oscar Martin chez Delcourt.
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 07:00
Arsène  Lupin les origines chez Rue de Sèvres... Interview de Benoît Abtey.

Benoît Abtey vient de scénariser Arsène Lupin - les origines, publié chez Rue de Sèvres. Comme d'habitude, Le Vieux Fumetti veut comprendre le « pourquoi du comment »....

Comme on est jamais mieux servi que par soi-même, présentez-vous Benoît Abtey. Qui êtes-vous ? Pourquoi ce métier d’écrivain et scénariste ?

Je suis un autodidacte, un diplômé de l’école buissonnière. Je suis d’abord entré à la Sorbonne, en lettres modernes, puis à quelques pas de là, à l’ENSAD, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Je suis resté six mois à la Sorbonne, deux ans à l’ENSAD. Je suis réfractaire à l’enseignement contemporain. A la Sorbonne, j’ai fui les cercles d’étudiants prétentieux, adorateurs de Sartre et de Kundera. Je ne m’y retrouvais pas. Je m’y ennuyais. C’est très snob, la Sorbonne, vous savez… Du moins, ça l’était.

J’ai été déçu, également, aux Arts Déco. J’étais très impatient. Je voulais recevoir des leçons à l’ancienne, façon vieille école, dans la tradition. Ce n’était pas la bonne adresse. Bref, j’ai pris un chemin de traverse et j’ai décampé à travers bois.

La suite est un enchaînement de péripéties…Vivre d’abord et philosopher ensuite, dit l’adage. Je l’ai suivi à la lettre.

Fabriquer des récits, c’est pour moi le moyen de faire partager ma vision du monde et des hommes. Sans discours, sans sermon, avec une certaine distance. J’ai une passion pour l’Histoire, pour notre passé. Tout y est. Le profane et le sacré, le sublime et l’horrible. C’est notre héritage, la source intarissable. J’y puise mon inspiration et ma force.

Vous semblez aimer reprendre les personnages de la littérature français...On connait déjà Arsène Lupin. Il y a eu aussi les 3 Mousquetaires et donc d’Artagnan. Pourquoi ? Est-ce par facilité ?

Petite mise au point : la série que je suis en train d’achever chez Flammarion s’intitule Les Secrets de d’Artagnan. Les trois mousquetaires en sont absents. Quant à la facilité, elle se trouve partout. Tout est une question d’exigence personnelle. Quelle que soit le thème, le genre, concevoir une bonne histoire demande du sérieux, du travail. Il faut creuser son sujet jusqu’à trouver l’or… Qui n’est jamais à portée de main.

Et puis, quand on ranime de grands personnages, on doit se montrer à la hauteur, ne pas décevoir. Car il y a beaucoup d’attentes. C’est tout un art, je crois, d’être fidèle à l’esprit sans devenir académique. Garder la quintessence oblige à faire preuve d’invention. Il faut quitter les sentiers battus sans pour autant sortir du cadre. Il faut être dans le rôle en apportant sa griffe…

Du reste, il s’est trouvé que le hasard que l’on nommait jadis la Sainte Providence m’ont «imposés» ces figures mythiques du patrimoine : d’Artagnan et Lupin. Il serait un peu long de développer en détails le cheminement qui me conduisit jusqu’à eux. En vérité, et sans aucune modestie, je crois que ce sont eux qui m’ont choisi.

D’Artagnan et Lupin sont deux visages de la France. Ces héros représentent notre pays. Avec Astérix, nous n’avons pas d’autres figures qui portent mieux nos couleurs jusqu’au bout du monde. Ils incarnent des valeurs nationales : l’audace et la liberté, l’indépendance et la témérité. Ils ont encore dans leurs attitudes, leurs poses, une certaine grandiloquence, qui est du lyrisme en action. Ils sont un tantinet cabotins. Il y a du Molière en eux. Ils aiment soigner leur entrées et leur sorties comme si le monde était un théâtre qu’ils devaient éblouir par quelques morceaux de bravoure signés d’un mot d’esprit.

J’aime l’idée de ces héros positifs qui pratiquent l’ironie et demeurent élégants en toutes circonstances. Ils ont du style. Ils aiment en faire trop, ils affectionnent la bravade, le coup de pique, ils sont irrévérencieux, insolents et frondeurs. Je crois que ce sont ces caractéristiques qui les rendent si attachants, si populaires et qui fondent la marque de fabrique du génie tricolore : un mélange de profondeur et de légèreté, un dynamisme sanguin, un côté sabre au clair et en même temps désillusionné.

Arsène  Lupin les origines chez Rue de Sèvres... Interview de Benoît Abtey.

Est-ce différent de scénariser une BD que d’écrire un roman ?

Pour l’un comme pour l’autre, il faut être bon architecte. La bande dessinée impose un format, et donc une grande rigueur d’écriture. Il ne doit y avoir que du muscle. Il faut concentrer la narration et la tendre au maximum. Impossible d’écrire au courant de la plume, tout doit être réglé comme du papier à musique. C’est un exercice formidable. Tous les auteurs devraient s’y atteler.

Comment avez-vous rencontré l’équipe du livre ? Vous n’êtes pas leur seul scénariste, il y a aussi le dessinateur Christophe Gaultier et la coloriste ; présentez- nous vos camara-des en quelques mots..

Pierre Deschodt est un ami. Dans l’ensemble, nous aimons les mêmes auteurs. C’est un peu lui qui à l’origine de cette reprise, de cette œuvre en devenir. A tout dire, Lupin est le dieu de notre enfance. Notre collaboration littéraire est complète. En effet, nous travaillons également en duo à la rédaction d’une série intitulée les nouveaux exploits d’Arsène Lupin, à paraître aux éditions XO. Nous y retrouvons certains protagonistes de la bande dessinée, mais quelques années plus tard… Alors que la renommée du cambrioleur magnifique est devenue légendaire. Pierre et moi admirons tous deux le travail de Christophe Gaultier que nous avons découvert quand il nous fut présenté par notre éditrice Nadia Gibert. Sa patte apporte une originalité remarquable à l’univers de Lupin. Il est très à l’aise avec l’époque et le personnage. Il en fait ressortir sous un jour nouveau, tout l’éclat et la noirceur.

Marie Galopin est la compagne de Christophe. J’ai un faible pour ses couleurs. (Pierre de même). Elle sait créer des atmosphères très contrastées, très évocatrices, elle varie à loisir les lumières et les ambiances. Nous tenions à ce grand éventail de décors et de climats.

Comment collabore-t-on à la conception de planches de BD quand on ne
dessine pas ? Orientez-vous l’aspect artistique d’une manière ou d’une
autre ? Christophe Gaultier était-il libre de ses
choix ?

Petite précision : j’ai une formation de dessinateur. Mais je n’en tiens pas trop compte pour la conception de l’histoire ni même pour son développement page par page. Pierre et moi donnons peu d’indications à Christophe. Nous «voyons» les séquences et les construisons en fonction de la place qu’elles vont occuper dans la succession des images et selon les limites du format imposé. Dans l’ensemble, nous laissons Christophe maître de la mise en scène. Nous faisons confiance à son savoir-faire. Du reste, je crois qu’il n’aime pas – ce que je peux comprendre- être trop dirigé. Nous lui suggérons seulement quelques références auxquelles nous sommes attachés Pierre et moi, pour qu’il définisse au mieux les lieux et le physique des personnages.

Arsène  Lupin les origines chez Rue de Sèvres... Interview de Benoît Abtey.

Pourquoi ce support pour raconter une histoire ?

La Bande Dessinée est un média grand public. Pierre et moi espérons renouer avec une certaine veine populaire. En somme, j’ose le dire, nous avons pour ambition d’importer la tradition du livre au royaume des images. Or l’image est bien reine en notre siècle. Il faut aussi savoir faire avec. Et puis, il y a une part de déformation et de suggestion, propre à la bande dessinée, qui lui confère toute sa singularité. Bien souvent, on est obligé, au cinéma, à la télévision, de recourir à des artifices pour approcher cette personnalisation du réel. Les partis pris du dessinateur, la sensibilité de son trait, vont au contraire naturellement inventer un univers qui donnera tout son cachet à l’histoire.

Qu’est-ce qui a déterminé le choix d’Arsène Lupin ? Et pourquoi scénariser son adolescence ?

Lupin est un héros des temps modernes. Qui, aujourd’hui, n’aimerait pas apprendre l’existence d’un homme tel que lui ? D’un homme ennemi des puissances de l’argent, ces puissances qui étouffent le monde et asservissent les nations ? Il va redonner de l’espoir, il va rendre du courage, il va donner l’exemple, j’en suis convaincu. L’adolescence est le moment où s’élève la conscience d’un individu. Le parfum de son enfance l’accompagne toute sa vie, mais c’est à l’adolescence qu’il fait ses choix. C’est à cet instant qu’il devient le maître de son destin. Cela, je crois, fait un beau sujet… il restait à traiter. A tout dire, et pour parler franc, je ne suis pas un grand lecteur de bande dessinée. J’ai tendance à être souvent déçu par la pauvreté des scénarios. J’ai néanmoins des coups de cœur. L’œuvre d’Alain Ayrolles et de Bruno Maïorana est pour moi un sommet du genre.

Lisez-vous des Bandes Dessinées et lesquelles ?

J’ai beaucoup apprécié le diptyque Sylas Correy. En général, je n’aime pas ce penchant en Bande Dessinée pour la noirceur. Je trouve cela destructeur, vain et racoleur. Enfin, je suis pantois d’admiration devant le talent de Goscinny. Ces livres sont pour moi les évangiles de la bande dessinée.

Avez-vous des modèles dans votre art ? Comme qui aimeriez-vous écrire ?

Je reviens toujours aux mêmes. Quatre géants. Victor Hugo. Honoré de Balzac. Alexandre Dumas. Stendhal. J’aime énormément la verve d’Henri Jeanson, de Céline, de Michel Audiard, surtout celui des films «sérieux» : Le Président, les Maigret, etc… Je pourrais en citer bien d’autres : Marcel Aymé, Jean Anouilh, Bernanos, Proust, Druon…Pour répondre à la deuxième partie de votre question, c’est simple et très ambitieux. Il me faudra toute une vie pour y parvenir : je voudrais écrire comme nul autre.

Quels sont vos projets futurs ?

J’en ai plusieurs. Il y a notamment une série policière au temps de Napoléon III, qui s’intitulerait l’Empire du crime. Une saga qui se déroulerait pendant la révolution et qui se nommera Citoyen ! Je songe encore à un récit de cape et d’épées dont l’action centrale se déroulerait en Bretagne. Il n’est pas impossible qu’on y découvre une faune étrange, sous la poudre et les fards, des vampires, sans parler de ces féodaux sanguinaires capable de se changer en loups les soirs de pleine lune… Il y aura encore une série d’aviation durant la grande guerre, Pour l’amour du ciel… Enfin, prochainement aux éditions rue de Sèvres, vous découvrirez le premier tome d’une nouvelle aventure : Kamarades ! Voyez, les vacances ne sont pas pour demain…

Merci Benoît Abtey et longue vie à Arsène Lupin.

Arsène  Lupin les origines chez Rue de Sèvres... Interview de Benoît Abtey.
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 07:00
Olrik ou le mystère de Jacobs de Robert Nouailhat chez Mosquito

Le synopsis de Mosquito :

«La réactivation de l'univers jacobsien est un des phénomènes éditorial marquant de ces dernières années. Robert Nouailhat, auteur du remarqué Jacobs, la marque du fantastique, s'est penché sur le personnage sulfureux d'Olrik, car comme chacun sait : ''les méchants'' sont les personnages les plus intéressants ! L'auteur fait le point sur la genèse et l'évolution d'Olrik qui connaît une carrière particulièrement riche et mouvementée. L'ouvrage est agrémenté de nombreuses esquisses d'André Juillard et d'Antoine Aubin. »

L'univers de Jacobs est mystérieux. C'est une bande dessinée ancienne. C'est un univers passéiste. Son style emblématique de la fameuse Ligne Claire est un modèle du genre et on pourrait le croire ennuyeux et pourtant cela reste un best-seller. A quoi cela tient-il ? On sait tous qu'au delà du dessin c'est aussi un scénario que l'on cherche. On veux trouver une dramaturgie qui nous tiendra en haleine et qui nous passionnera de la première à la 46ème planche. Edgar P. Jacobs a su créer un trio mythique autour de Blake et de Mortimer mais aussi et surtout de Olrik. Tous les professeurs et tous théoriciens du bon scénario vous confirmeront que c'est très souvent le «mauvais » qui donne le la d'une bande dessinée. Cela vaut pour le cinéma également. Un bon « mauvais » vous assurera une intrigue forte et captivante. Remarquons Hannibal Lecter qui éclipse les supposés héros de la série. Remarquons Dark Vador qui est le vrai personnage central de Star Wars. Olrik est du même calibre. Il apparaît et le scénario s'emballe. Il disparaît et on est désappointé. Robert Nouailhat a la bonne idée de sortir Olrik de son contexte et de nous le présenter mieux. C'est intéressant pour le fan et c'est aussi intéressant pour le professionnel ou le scénariste. A découvrir. C'est passionnant et de vrais beaux crayonnés et dessins illustrent le livre. C'est beau également. C'est un joli cadeau pour Noël... C'est bientôt.

Robert Nouailhat est né en février 1943 ; il est marié et père de trois enfants. Il a écrit de nombreux livres sur l'enseignement des religions. Une autre partie de son travail dans un tout autre domaine porte sur le celèbre écrivain E.P.Jacob dont il était ami...Il a fait paraître deux livres dont un extraordinaire avec une couverture signé Juliard... "La marque du fantastique" déjà chez Mosquito. Celui-ci est le second.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 07:00
Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier

Louis Theillier a sorti un livre très particulier chez Futuropolis «Johnson m’a tuer». Nous avons chroniqué l’album et comme souvent, nous avons souhaité en savoir plus… Questions et réponses.

Qui êtes-vous Louis Theillier ? Présentez-vous mieux aux lecteurs de ce blog ?

Je suis Bruxellois d'adoption depuis 2002, où après les Beaux-Arts, j'ai commencé une «carrière» d'artiste plasticien. Mais le besoin d'argent, couplé à une curiosité pour la «normalité» m'ont vite amené à découvrir le monde du travail salarié, en parallèle à mes pratiques artistiques.

En 2006, j'entre dans la multinationale Johnson Matthey en tant qu'ouvrier intérimaire. Je resterais 5 années dans cette usine, où mon moi-artiste s'estompe progressivement pour plonger comme «tout-le-monde» dans la Grande Léthargie... Jusqu'au jour où la direction annonce la fermeture de son site et le licenciement de mes 300 collègues, et que je prends le bic en main...

Vous avez donc publié « Johnson m’a tuer » chez Futuropolis. C’est un roman graphique de combat, très journalistique. Présentez-le nous et dites-nous comment vous est venue cette idée, ce concept si particulier.

Je m'improvise BD reporter dès le début du conflit social, au départ pour faire face à une multinationale qui bat des records de production, bénéficie de millions d'euros d'aides publiques pour pérenniser l'emploi, mais qui a décidé de délocaliser sa production en Macédoine, vers toujours plus de profits, aux dépends des travailleurs.

Faisant le constat du déficit de représentation des travailleurs, et du fait que notre situation est particulièrement représentative de la crise morale globale qui touche nos dirigeant, publics comme privés, je me mets à créer en temps réel le journal de bord de l'usine en lutte, d'abord sous forme d'un blog, puis une micro-édition et vite relayé par les médias belges. La version définitive de cette expérience humaine et graphique a été éditée par Futuropolis en 2014.

Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier

Comment est-ce que cela vous est venu ? Oncle Fumetti sait maintenant que vous êtes un ancien des Beaux-Arts et puis ouvrier chez Johnson mais comment devient-on à la fois, dessinateur, scénariste, journaliste et compagnon de lutte ?

Le sujet était très complexe, multiformes, et j'avais le besoin de le mettre sur papier pour comprendre. Dans ces entreprises très sécurisées, on ne peut rien amener de l'extérieur, ma seule façon de documenter ce qui se passait était d'utiliser les bic et les feuilles A4 utilisées sur place, et donc le format BD s'est vite imposé comme média grand-public, attractif, original.

Après, pour la réalisation, j'ai vraiment réagi à chaud, dans l'urgence, et tout le processus de travail s'est mis en place à l'instinct, de façon organique. Le fait d'avoir été au pied du mur, finalement ça à fait gagner beaucoup de temps! Recueillir les témoignages, synthétiser toutes les situations vécues, les mettre en image, créer des mise en pages,...je n'ai jamais autant travaillé chez JM !

Sur ce projet incroyable qu’avez-vous été le plus ; journaliste, ouvrier, artiste ?

Je dirais observateur actif.

Comment arrive-t-on à prendre de la distance avec les événements quand on est acteur et narrateur dans le même temps ? Est-ce que vous avez voulu être dans la dénonciation ou avez-vous eu un regard distancié sur les événements ?

J'avais besoin justement de prendre du recul, et l'art permet cela, représenter c'est arriver à digérer la situation vécue. Mon travail était de réunir, de rendre compte de ce qui se passait concrètement, donc de la façon la plus juste et la plus fidèle à la réalité, sans tenter de faire une propagande, parce qu'il n'y a rien à ajouter, tout est là et le lecteur peut faire le constat de la situation.

Quels regards vos compagnons de lutte ont-ils porté sur votre œuvre ? Ont-ils adhéré ?

Très contents et surpris dans l'ensemble, c'était une éclaircie dans la grisaille du quotidien au sein de l'entreprise. j'étais un peu l'artiste de l'usine, et j'ai pu démontrer mon utilité ! Le livre est naturellement construit sur la base d'observations et d'écoutes de mes collègues, de croquis faits sur place. Ils savaient qu'ils allaient être représentés dans une BD, même si on ne savait pas que ça serait publié !

Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier

Quel a été l’accueil de l’éditeur, Futuropolis ; sceptique ou enthousiaste ? Et qu’est ce qui l’a décidé à vous publier selon vous ?

Futuro à vite adhéré au projet, qui est proche de leur ligne éditoriale, plutôt axée sur le réel, le témoignage, le vécu. Ils m'ont laissé carte-blanche pour la réalisation de l'album. J'ai voulu redessiner et étoffer l'ensemble de la version initiale... il y a la phase à chaud (toujours visible sur www.johnsonmatuer.blogspot.be ), et la phase à froid !

Dans un tout autre ordre d’idée, quels sont vos modèles dans le monde du 9ème art ? Est-il plus humain ou plus solidaire que le monde de l’usine et très différent de celui des multinationales ? Il y a aussi une logique économique non ?

Je ne suis en fait pas un grand connaisseur en bd, mais j'aime la bd indépendante, les maitres comme Crumb, Harvey Pekar, Munoz et bien sûr Joe Sacco.

Même si le monde de la bd parait très sympa, il est aussi un domaine capitaliste comme un autre, même encore plus libéral, les conditions de travail sont de plus en plus invivables, et beaucoup d'auteurs renoncent.

Parlez-nous du projet « Médor ». On sait qu’il vous tient à cœur. De quoi s’agit-il ?

Médor n'est pas un chien, c'est le premier trimestriel coopératif belge d'investigation et de récits. Être structuré en coopérative permet des conditions de travail décentes pour les journalistes et créateurs visuels. Le premier numéro est prévu pour fin 2015! Et nous recherchons activement des financements, des abonnés et des coopérateurs. Venez voir notre site: www.medor.coop


Etes-vous définitivement de retour dans le monde du 9ème art ou n’est-ce qu’un passage ?

J'aimerais beaucoup continuer à faire de la BD, j'ai pleins de projets ! Je cherche à développer un travail de BD informatif permettant de mettre en lumière des combats d'aujourd'hui, et vulgariser des enjeux de sociétés. ... Je manque juste de temps ! Je pense concrétiser un certain nombre de projets au sein de ce superbe pari qu'est Médor! Je vous invite d'ailleurs à nous soutenir sur www.medor.coop

Merci Louis Theillier pour le temps que vous nous avez consacré et pour vos réponses. Longue vie à Médor !!! Nous suivrons cela près.

Johnson m'a tuer chez Futuropolis : Interview de Louis Theillier
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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 07:00
Dr Watson de Stéphane Betbeder et  Darko Perovic chez Soleil

Le synopsis de Soleil Prod. :

« En 1891, Sherlock Holmes disparaît dans les chutes de Reichenbach, poussé dans le vide par son ennemi juré, le professeur Moriarty. Son corps ne sera jamais retrouvé.
Fidèle collaborateur du détective, le docteur Watson est persuadé que son ami est encore vivant, retenu prisonnier par Moriarty quelque part dans Londres. Il n’a aucune piste, aucune preuve, mais il s’accroche à ce fol espoir, au grand dam de ses proches qui le voient sombrer peu à peu dans un délire paranoïaque. Pourtant, la machination autour de la disparition de Holmes n’est pas le fruit de son esprit dérangé, elle est bien réelle.
.. »

Ah les chutes de Reichenbach !!!!... Il était temps que ce héros et il faut aussi le dire parfois ce faire-valoir de Docteur Watson prenne son essor et soit mis sur le devant de la scène. C'est donc une excellente idée d'avoir écrit une histoire sur lui. Petit à petit il sort de l'ombre que ce soit dans les films de Guy Richie avec Jude Law dans le personnage ou d'autres. Le Docteur Watson est une vraie figure de l'oeuvre de Conan Doyle. Le moment est venu qu'il prenne sa place. C'est ce qu'on comprit et c'est ce qu'on sut faire Stéphane Betbeder et Darko Perovic. L'histoire prend tout sa mesure. Bien entendu le scénario repose sur la recherche de Sherlock Holmes mais pas seulement. On découvre dans ce travail un personnage charismatique et intéressant. Betbeder sait prendre le «character » à son compte et il l'amène vers des extrémités que l'on ne soupçonne pas et qui ne seront pas révélées ici. Darko Perovic connait son métier. Il a l'expérience acquise dans des travaux précédents, avec Dobbs, notamment. Il y a un vrai savoir-faire « Soleil ». La marque de fabrique est bien identifiable même si chaque créateur amène son originalité. C'est une vraie œuvre et le début de l'émergence d'un vrai personnage. Cela sort le 15.

Stéphane Betbeder est né à Pau en 1971. Il va aux Beaux-Arts d’Angoulême. Il prend la route de l’art contemporain, la photo et la vidéo. Après quelques années, Christophe Bec lui permet en 2000 de renouer avec ses premières amours en lui confiant le scénario d’Hôtel Particulier (éditions Soleil) Puis il collabore avec La Boîte à bulles, Albin Michel, les Humanoïdes Associés qui lui confient le remake du succès de Christophe Bec et Xavier Dorison, Sanctuaire Redux, mis en images par Riccardo Crosa. Viennent ensuite de nouveau chez Soleil, sous la direction de Jean-Luc Istin cinq nouvelles séries : Le Retour de Dorian Gray, un diptyque dans la collection 1800 (avec Vukic au dessin), Dogma, un thriller ésotérique (avec Bonetti), Inlandsis, un conte nordique (avec Frichet), 2021, un récit d’anticipation (avec Bervas), et Deep, un thriller des profondeurs (avec Pietrobon).

Darko Perovic est serbe. Il vit à Belgrade. Il est né en 1965. Il est dessinateur. C'est un pur produit Soleil Prod. Il a notamment collaboré avec Dobbs sur Alamo 1 et 2.Son style est réaliste et brillant. Il excelle dans ce style de livres.

Dr Watson de Stéphane Betbeder et  Darko Perovic chez Soleil
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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 08:59
Arsène Lupin – les Origines de Benoît Abtey et Christophe Gaultier chez Rue de Sèvres.

Le synopsis de Rue de Sèvres :

« Le jeune Arsène est un enfant de la rue. Il a 12 ans quand il est envoyé à la Haute Boulogne, sinistre maison de redressement sur Belle-île en mer. Son crime ? avoir été témoin du meurtre d’un maître de savate, Théophraste Lupin. C’est dans ce bagne pour jeunes garçons que débutent les aventures du jeune Arsène, qui sera adopté dans ce tome 1 par le comte de la Marche. Celui-ci lui assurera la formation d’un gentleman, et lui transmettra son combat personnel, la lutte contre la Confrérie des Lombards, qui gouvernent le monde en coulisses par le crime et l’argent. »

Jolie première évocation et mise en dessins de la jeunesse d'Arsène Lupin. En l'état Oncle Fumetti ne sait pas si Maurice Leblanc avait imaginé l'enfance de ce héros de la littérature française du XXé siècle. Ce que l'on sait c'est que ce personnage de fiction a un arbre généalogique etc... C'est une bonne idée de lui donner vie et de montrer ce qu'aurait pu être sa construction de l'adolescence à l'age adulte. Pierre Deschodt et Benoît Abtey se sont mis au scénario. C'est vrai que faire la synthèse de tout ce qui a pu être diffusé sur ce personnage nécessitait que l'on se mette à plusieurs pour trier, orienter et construire une histoire. C'est bien pensé. Benoît Abtey est coutumier de la reprise de personnages de la littérature. On pressent d'ailleurs à la lecture du livre que la suite est prête et que l'on va construire autour du personnage. Enfin si l'éditeur s'inscrit dans la durée. Le dessin est intéressant, réaliste et simple. Les planches sont construites. On connait le style de Gaultier depuis quelques années et notamment depuis sa version de Robinson Crusoe. C'est propre. On n'oubliera pas Marie Galopin qui vient apporter son sens des couleurs qui sont fortes et bien présentes. Un bon livre et une série qui démarre bien. Souhaitons lui longue vie.

Christophe Gaultier est né en 1969. Il a travaillé dans l'animation et notamment sur les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet. Il a un parcours riche puisqu'il a collaboré avec Dupuis, Glénat, Paquet, Les Humanoïdes Associés, Futuropolis ou Delcourt sur des projets divers. Il reprend après Christophe Blain et à la demande de Sfar et Trondheim la suite de Donjon Potron-minet en 2008. Et c'est pas rien.

Benoît Abtey est diplômé de l'École nationale supérieure des arts décoratifs en 1993.
Il a publié notamment en février 2012, Don Juan de Tolède, Mousquetaire du Roi (Prix Patrimoine de La Forêt des Livres), premier volume d'une série : Les Secrets de d'Artagnan chez Flammarion. Le second tome, Masques de fer, est paru en janvier 2013.

Arsène Lupin – les Origines de Benoît Abtey et Christophe Gaultier chez Rue de Sèvres.
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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 07:00
Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti...Ligne de fuite de Dabitch et Flao chez Futuropolis.

Le synopsis de Futuropolis :

«Dans le Paris de cette fin du XIXe siècle, le jeune Adrien ne rêve que de poésie. Complètement subjugué par l'œuvre d'Arthur Rimbaud, le jeune poète rencontre les membres du journal littéraire Le Décadent. Ceux-ci, tout à leur obsession d'être les continuateurs du style du grand poète, poussent Adrien à écrire des faux du génial Rimbaud. Rimbaud a déjà disparu des cercles littéraires parisiens depuis une douzaine d'années. Nul n'a de ses nouvelles. Il n'a plus publié une seule ligne. Il vivrait, paraît-il, quelque part vers Aden. La supercherie du Décadent fait long feu. Paul Verlaine, implacable garant de l'intégrité de l'œuvre de son ancien compagnon, dénonce les faussaires, attaque le journal, et le pauvre Adrien est traîné dans la boue. Le jeune homme décide alors de partir à la recherche de Rimbaud disparu... »

Quand deux génies du 9ème Art se rencontrent, cela fait des étincelles. Eh bien c'est totalement le cas dans ce livre. Christophe Dabitch à l'époque on ne le présente plus. Il est déjà brillant. C'est déjà un scénariste abouti. Il collabore avec des pointures comme Jean-Denis Pendanx. Il a publié Abdallahi qui est un album superbe et africain. Benjamin Flao n'est pas encore connu. Ligne de Fuite sera son premier album BD. Peu sont ceux qui le connaissent. La rencontre est magique. Le livre est une vraie réussite. Il est esthétiquement beau et le scénario est atypique et riche. Il reprend des personnages illustres et marginaux . Ils revivent. Regardez juste la couverture. C'est fin et travaillé. De l'artisanat d'art. Tout est du même acabit. C'est un album passionnant. Il est passé à l'époque un peu inaperçu....Il est temps de le redécouvrir. Allez !! Une vraie bonne lecture celle-ci de 2007.

Benjamin Flao est breton et est né en 1975. Dès 14 ans, il s'inscrit à l'école Saint Luc de Tournai. Il rejoint ensuite l'école de graphisme publicitaire de sa ville de naissance, Nantes. En 2002, il publie un premier carnet de voyage « Carnet de Sibérie » avec Bernard Buigues chez Glénat. Il reçoit un prix à Clermont Ferrand pour cet ouvrage. Il collabore par la suite avec Gallimard, avec Glénat et Scharff en 2007 pour Erythrée... Depuis une dizaine d'années il n'arrête pas de travailler et l'on ne s'en plaindra pas. Il a été chroniqué dans ce blog plusieurs fois.

Christophe Dabitch est né à Bordeaux en 1968. Après une maîtrise de lettres à la Sorbonne, de sciences politiques à Paris et l'IUT de journalisme à Bordeaux il devient journaliste indépendant. Il anime des rencontres littéraires et devient critique. Il est l'auteur d'un carnet de voyage en compagnie du dessinateurDavid Prudhomme : Voyages aux pays des Serbes, éditions Autrement, publié en 2003.Il écrit des scénarios de bande dessinée,notamment Abdallahi et Jéronimus avec Jean-Denis Pendanx et donc, La Ligne de fuite et Mauvais garçons avec Benjamin Flao.

Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti...Ligne de fuite de Dabitch et Flao chez Futuropolis.
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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:00
Moi, assassin de Antonio Altarriba et  Keko chez Denoël Graphic.

Le synopsis de Denoel Graphic :

«Enrique Rodríguez Ramírez est professeur d’Histoire de l’Art à l’université du Pays Basque (où Altarriba a enseigné la littérature française). À 53 ans, il est à l'apogée de sa carrière. Sur le point de devenir le chef de son champ de recherches, en proie aux rivalités académiques, il dirige un groupe d'étude intitulé : «Chair souffrante, la représentation du supplice dans la peinture occidentale.» Bruegel, Grünewald, Goya, Rops, Dix, Grosz, Ensor, Munch, Bacon sont ses compagnons de rêverie et la matière de son travail. Mais sa vraie passion, dans laquelle il s'investit à plein, est plus radicale : l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts. »

Ce roman graphique est incroyable. Le postulat de départ est que c'est une lecture pour adulte et pour adulte équilibré. Une fois cette information donnée et elle est ncécessaire, on peut lire ce livre. Les auteurs se proposent de mettre sur un même plan et en relation le meurtre et l'Art. Dans une dramaturgie parfois horrifique le personnage central érige l'assassinat en art et essaie de faire le lien entre les deux « activités ». C 'est un livre qui ne laisse pas indifférent. Il est même envisageable que certains lecteurs le reposent dès les premières pages avec répulsion. Oncle Fumetti ne l'a jamais vu en librairie. Il n'est pas sur les présentoirs en tout cas. Trop violent et dérangeant. Ce n'est pourtant pas un livre négligeable. Il dérange et fait s'interroger. C'est aussi une œuvre graphique de premier plan. Le noir du dessin de Keko, remarquable celui-ci, est mis seulement à mal par le rouge du sang qui est présent pour contraster. C'est très beau même si c'est violent visuellement. En résumé. C'est une œuvre majeure. C'est violent et difficile parfois. Pour le moins, ce travail nous prouve si c'était encore nécessaire de notre art est vraiment majeur quand il atteint ce niveau. C'est sorti.

Keko est né en Espagne en 1963. Il débute par des histoires courtes dans le magazine Madriz. Il a publié en 1986 un premier album La Isla de los Perros (L’Ile aux chiens).Il est très remarqué. D'autres livres ont suivi, seul ou en collaboration. Keko travaille actuellement à l’adaptation d’un roman de Henry James et collabore régulièrement aux revues Nosotros Somos los Muertos et Exit Express. Il est montré en Franceet en français pour la première fois.

Antonio Altarriba est né en 1952 pas loin de Saragosse. Ecrivain, scénariste, professeur de littérature française à l'université du Pays Basque, il se passionne pour les aspects visuels de l'écriture et les possibilités narratives de l'image. Il est l'auteur de Tintin et le Lotus Rose, ouvrage qui a provoqué un joli tollé.

Crédit image : Denoel Graphic

Crédit image : Denoel Graphic

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 07:00
Je, François Villon 2 – Bienvenue parmi les ignobles de Luigi Critone chez Delcourt.

Le synopsis de Delcourt :

«François Villon fait la rencontre de Colin de Cayeux, chef des Coquillards, brigands pervers et sanguinaires. Pour être initié, Villon doit réaliser trois chefs-d'oeuvre : un vol scandaleux, un crime écoeurant et un présent abominable. Ainsi, il volera une femme qui enterre son enfant, égorgera une pauvre prostituée et, sur demande de Colin, il offrira sa femme... Bienvenue parmi les ignobles ! »

Deuxième de la BD tirée de la vie de François Villon. C'est d'après l'oeuvre de François Teulé, écrivain et créateur de BD que Luigi Critone nous propose la suite des aventures de cet écrivain maudit. Mi-brigand, mi-poète. On connaissait Luigi Critone dessinateur, le voici scénariste. C'est et ceux qui suivent sa carrière le savent, un fameux dessinateur. Excellent portraitiste et enseignant dans son pays l'Italie. On ne le savait pas tant que cela scénariste, pas sur la durée. On pensait à du ponctuel. On y avait goûté sur le premier tome mais on voit qu'il perdure et c'est une excellente idée. Il nous propose un très bel album. Le personnage pourtant est difficile à manier. On passe vite par le sordide et ce n'est pas facile à présenter. C'est donc une réussite mais ce n'était pas gagné. Alors oui le point fort de l'auteur c'est le dessin. Et quel dessin. C'est une œuvre graphique superbe. Il n'en est pas à son coup d'essai mais la récurrence dans toutes les formes d'art n'est pas évidente. Il sait faire et c'est un régal pour nous. L'histoire on aime ou pas. Le titre est bien choisi et on ne sait pas si on doit aimer Villon ou le haïr. Pas évident. C'est un des avantages de cette œuvre. détacher le faux du vrai et nous laisser juge. A vous de voir. C'est sorti.

Luigi Critone est un dessinateur italien. Il a été formé à l’école florentine. Il a sorti plusieurs albums qui eurent des succès d’estime comme les deux tomes de la série «La Rose et la Croix» chez Soleil Celtic et l’album «7 missionnaires», de la série 7 de chez Delcourt, qui connut un franc succès. C’est un talent reconnu et une valeur montante.

Je, François Villon 2 – Bienvenue parmi les ignobles de Luigi Critone chez Delcourt.
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