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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 15:04
La patrouille des invisibles de Olivier Supiot chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« 1914. Hubert Lessac, jeune aviateur français, entre en guerre. D’abord observateur puis chasseur, rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais après plusieurs années de conflit, un drame personnel vient précipiter sa chute inéluctable… Son appareil est abattu. Blessé, il s’en sort miraculeusement. Il est récupéré par des poilus, une escouade atypique, qui, malgré les difficultés du quotidien, lui redonne le goût de vivre… Ce sont tous des pères, des fils, des frères, acteurs et victimes d’une guerre particulièrement sanglante. Des combattants de l’ombre qui tentent de survivre, compagnons solidaires de la Patrouille des Invisibles. »

Les bandes dessinées sur la Grande Guerre sont légions. On peut le déplorer car évoquer un évènement aussi néfaste est dommage. Rendre hommage aux poilus et à leurs sacrifices est éminemment indispensable en revanche. Le livre de Supiot fait partie des meilleurs de la période. Il nous livre un roman graphique très réussi. Le scénario est intéressant et bien développé. Le graphisme est naturel. Nous sommes loin des réalisations à l’aide d’ordinateurs. Les couleurs sont belles et le découpage est efficace et ne nuit pas au récit. Les personnages sont bien pensés. On s’attache vite à eux. On aime les suivre et constater leurs progressions. Bien entendu le socle historique est présent. On retrouve des décors et des machines de l’époque. Les gueules cassées aussi. A la fin une joli carnet de croquis et de recherches. C’est agréable aussi de voir ce travail préparatoire. Un vrai moment de plaisirs. A découvrir absolument.

Olivier Supiot est apparu en 1997 à Angoulême. Il fait des études graphiques à Tours. Il est publié en 1998 par Fluide Glacial. En 2006 il collabore avec Vents d’Ouest sur une trilogie narrant les aventures du Baron de Münchhausen. Il est aussi scénariste. En 2011 il publie Un amour de Marmelade un roman steampunk. Talentueux.

La patrouille des invisibles de Olivier Supiot chez Glénat.
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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 06:40
Les impétueuses tribulations d'Achille Talon : Interview de Fabcaro.

Fabcaro reprend avec Serge Carrère et chez Dargaud le personnage de Achille Talon du regretté Greg. Oncle Fumetti veut en savoir plus.

Bonjour Fabcaro !! Tu es bien connu des lecteurs de BD. On ne te demandera pas de te présenter. On va entrer dans le vif du sujet. Tu sors un reboot de Achille Talon avec Serge Carrière. Alors cela fait quoi ??? Est-ce bien un reboot d'ailleurs ?

Moi je vois ça plutôt comme une continuité, même si on repart sur un tome 1 pour marquer le coup et souligner le côté plus moderne de la reprise. Finalement on continue ce que faisait Greg dans les années 60-70 : faire évoluer Talon, personnage éternellement démodé, au milieu de la société, en l'occurrence ici notre société du 21ème siècle d'hyper communication et de technologie.

Ça fait quoi ? Ben au risque de faire un peu midinette, le gamin de 12 ans encore en moi est super fier d'avoir son nom sur la couv d'un Talon.

Est-ce difficile de prendre la suite notamment, de Greg le créateur d'Achille Talon ?

Oui, forcément. Tu as une certaine responsabilité que tu n'as pas sur des projets plus persos. Tu as des comptes à rendre, non seulement au fan d'Achille talon, mais aussi et surtout à la mémoire de Greg. Il fallait moderniser un peu la série tout en conservant les mêmes codes. J'avais envie de m'amuser un peu avec ces personnages mais, chaque fois que je sortais un peu des clous, je me devais de me demander si Greg aurait cautionné ça. Comme quand j'imagine par exemple que, de nos jours, Lefuneste pourrait très bien s'inscrire sur un site genre Meetic.

Quel était le cahier des charges ? Y en avait-il un ?

Côté Dargaud, j'ai eu carte blanche, ils m'ont laissé une totale liberté. L'idée de départ, c'était juste de le moderniser un poil, notamment sur le format des gags, rythmer l'album avec, de temps à autre, des gags en une page ou en demi-pages. En fait le vrai cahier de charges était celui inhérent à l'univers de Talon, qui est très précis. La seule contrainte était finalement de rester fidèle à l'esprit de Greg. Ne surtout pas faire du gag interchangeable qui aurait pu fonctionner avec un personnage lambda.

A ton avis et puisque tu es dans le secret des Dieux pourquoi Dargaud a t-il souhaité remettre au goût du jour ce personnage ?

J'ai senti qu'il y avait un lien affectif très fort entre Talon et Dargaud, je ne crois pas une seconde que la reprise se soit faite pour des raisons financières, d'ailleurs je doute fort que Talon soit encore une poule aux œufs d'or. C'est vraiment par fidélité à Greg qui avait émis le souhait que son personnage lui survive. Dargaud essaie de perpétuer le personnage.

Les impétueuses tribulations d'Achille Talon : Interview de Fabcaro.

Comment fait-on pour garder le phrasé de ce personnage bavard et si c'est possible doit-on le moderniser ?

J'ai peut-être été un peu moins bavard que ne l'était Greg, même si les textes à rallonge sont une composante essentielle de l'univers Talon. Et surtout, je n'ai pas cherché à le copier, ça aurait été une erreur. N'est pas Greg qui veut, et si on rate son coup, ça peut vite devenir très indigeste à lire. Par contre, j'ai essayé avec mes mots à moi de retrouver sa musicalité, son rythme, en plaçant ça et là des tournures ou des mots qui font partie de Talon, ses formules récurrentes très désuètes. Et puis bien sûr l'incontournable «hop», dont je n'ai pas non plus voulu abuser pour ne pas verser dans la parodie.

Je ne crois pas que tu aies déjà travaillé avec Serge Carrère. Comment s'est faite la rencontre ?

Ça s'est très bien passé, ça a tout de suite collé. On s'était déjà croisés en festival, on se connaissait un peu. Le travail à deux s'est fait avec beaucoup de facilité, je lui faisais passer mes story boards, il me faisait quelques retours, mais globalement ça lui plaisait. Donc ça s'est fait assez vite.

Lisais-tu Achille Talon pendant ton enfance et que penses-tu de ce personnage ? N'est-t-il pas désuet ? Est-ce que la jeune génération va s'en emparer ?

Oui, enfant et ado, j'étais un grand fan, d'où l'heureuse surprise quand Dargaud m'a demandé de le reprendre. Même si je préférais les longues histoires, comme «Le trésor de Virgule» ou «Viva Papa», aux albums de gags.

Si, il est désuet, mais c'est justement ce qui fait sa force aussi. C'est un grand bourgeois un peu anachronique qui a toujours été en décalage avec son époque, déjà dans les années 70 il dénotait au milieu des hippies chevelus. Après, est-ce que la jeune génération va adhérer, honnêtement je ne sais pas, j'ai un doute... J'imagine qu'il peut y avoir un souci d'identification avec Talon pour les jeunes... Moi j'ai été fan assez jeune, mais à l'époque, notre culture BD était très franco-belge, c'est peut-être moins le cas aujourd'hui...

Combien d'albums sont-ils prévus ?

Aucune idée. Je sais seulement qu'on repart sur un tome 2 dans la foulée.

Si on te propose ce genre de projets c'est que tu es devenu «bankable » non ? A quoi l attribues tu ? A ton style d'humour ou plus sûrement à ton talent d'écriture ?

Holala, bankable, quelle horreur ce mot, non non, sûrement pas. Je crois que ça a été juste un heureux concours de circonstances. Dargaud avait envie depuis quelque temps de faire revivre Talon. Il se trouve qu'on venait de faire «Z comme Don Diego» avec Fabrice Erre, et ils se sont dit que mon ton et mon univers pouvaient coller.

Quels sont tes projets futurs ?

Un nouveau tome de Talon donc. Et puis comme je suis toujours dans un grand écart entre les gros projets et les projets plus alternatifs, je suis sur un livre pour mes copains de Vide Cocagne, Talk show. Puis la sortie de ParapléJack en octobre, une série de strips que je faisais sur le site Mauvais Esprit. Et là je suis aussi reparti sur un truc avec un graphisme un peu inhabituel pour moi, sans trop savoir où je vais pour l'instant.

Merci Fabcaro et à bientôt.

Les impétueuses tribulations d'Achille Talon : Interview de Fabcaro.
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 06:00
L'expédition tome 2  - La Révolte de Niangara de Marazano et Frusin chez Dargaud.

Le synopsis de Dargaud :

«L'expédition de Marcus Livius, officiellement composée de déserteurs romains et officieusement placée sous les ordres du centurion Caïus Bracca, touche enfin au but après une éprouvante marche au coeur de l'Afrique. Une marche lors de laquelle les hommes ont affronté nombre de dangers incroyables, ont été les témoins de douleurs atroces et ont perdu quelques compagnons. Les légionnaires romains vont enfin découvrir cette civilisation riche et puissante, peut-être plus encore que ce qu'ils pouvaient imaginer ! »

Le deuxième tome paraît le 29 août et c'est demain. Alors pour ceux qui avaient loupé une case, c'est le tome 2 de l'expédition de Marazano et Frusin. C'est déjà une très belle réussite de la BD. Le scénario est novateur. Bien entendu et je vous entends déjà encore une histoire avec des romains de l'Antiquité. Cela nous renvoie à Alix, à Jugurtha etc...C'est vrai que c'est souvent utilisé. Historiquement parlant ce n'est pas une si grosse hérésie que cela tant l'Empire romain et la civilisation qui en découla a influencé notre culture européenne. En même temps, le scénario de Marazano tient toujours la route. C'est vrai que cette centurie qui traverse l'Afrique en mode « commando » et qui vit de multiples vicissitudes, c'est prenant. On s'attend à tout et on a envie de toujours plus d'aventures et de rebondissements. Lors du premier tome on a découvert le contexte, les personnages et on sent que l'aventure déjà costaude va encore se durcir. On n'est pas déçu. Bien évidemment Marazano met le paquet et Frusin n'est pas en reste. Son trait et c'est façon d'encrer est terriblement efficace. Cela envoie du lourd et le découpage des planches est béton. On aime et Oncle Fumetti l'a lu deux fois, c'est dire. C'est une des grosses attentes de la rentrée et vous ne serez pas déçus.On en prend plein les yeux.

Richard Marazano est né en 1971 en Île de France. C'est un passionné d'arts, de sciences. Il intègre le célèbre atelier des beaux arts d'Angoulême. Son premier album sort en 1995 aux éditions Le Cycliste avec Eric Dérian au dessin. Il s'agit de « Humain trop humain ». Il collabore ensuite avec Soleil sur la série « Zéro absolu » avec Christophe Bec. Puis viennent les collaborations avec Les Humanoîdes Associés, Glénat. La série Cuervos qu'il crée avec Michel Durand, reçoit un prix. Il est primé également grâce « au complexe du chimpanzé », dessiné par Jean Michel Ponzio chez Dargaud.

Marcello Frusin est argentin. Il naît en 1967 à Rosario. Il commence par travailler en Argentine. Son talent reconnu lui vaut de travailler pour la Marvel sur « X-Men Unlimited ». Il collabore également avec DC Comics. Il devient pendant 5 années l'artiste officiel de la série mensuelle «Hellblazer ». Il revient chez Marvel pour un album intitulé « Wolverine Annual ». C'est un artiste confirmé de tout premier plan.

L'expédition tome 2  - La Révolte de Niangara de Marazano et Frusin chez Dargaud.
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 07:00
Damien Marie (credit photo : Jeffrey Beckers)
Damien Marie (credit photo : Jeffrey Beckers)

Damien Marie vient de publier avec Laurent Bonneau « Ceux qui me restent » chez Grand Angle. Oncle Fumetti a comme à son habitude souhaité en savoir plus. Damien Marie a accepté de répondre à ses questions.

Bonjour Damien Marie. Vous êtes maintenant connu des aficionados de la BD mais pour le grand public pas suffisamment. Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même présentez vous ? Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ?

Donc… Je suis scénariste BD, édité depuis 2003 ; j’ai aujourd’hui collaboré à 36 albums dans des registres assez variés en tant que scénariste et une dizaine en tant que coloriste sous, parfois, le pseudo « Dameex ». La BD n’est pas pour moi une vocation mais une passion que je vis au gré de mes envies, des opportunités de collaboration et du temps que j’arrive à y consacrer. A côté de ça, je suis directeur communication pour un groupe national de restauration, activité qui me passionne aussi.

Comment êtes vous devenu scénariste de Bandes Dessinées ?

J’ai d’abord été – et suis toujours – lecteur compulsif de BD ; j’en dévore quotidiennement. Je ne suis pas devenu scénariste par hasard ; ça, ça n’existe pas. J’ai voulu écrire, me suis planté pendant longtemps jusqu’à ce que les éditions Soleil croient dans le projet « Règlement de Contes » qui a été bien reçu par le public « d’aficionados » et par les critiques. Une fois, le pied à l’étrier, je me suis appliqué à être professionnel : continuer à proposer de bons sujets, travailler tant que peu la qualité de mes aventures en leur influant du sens et respecter mes délais.

Quelles sont vos thématiques favorites ? Et pourquoi celles-ci ?

Je n’ai pas de thématiques favorites si on regarde ma biblio : j’ai fait du western, de la SF, du polar contemporain, de l’historique, du roman graphique, de l’humour, du ludo-éducatif… Je crois qu’il sera difficile de me ranger dans une case. Il y a une récurrence tout de même pour des récits durs et sans complaisance parce que j’aime travailler l’âme humaine, comprendre les mécanismes ethnologiques ; ce qui rend couard, amoureux, pervers ou empathique.

Vous avez déjà eu des partenaires chevronnés à vos côtés ; Malnati, Espinosa, Galandon ou Karl T par exemple. Comment se sont faites ces rencontres et ces collaborations ?

Des partenaires chevronnés, je n’ai pas cette impression, plutôt des collaborations de ma génération, j’ai commencé en même temps que Karl T. ou Laurent Galandon. On s’est rencontré comme tout le monde, en se choisissant par affinités culturelles, tout comme Damien Vanders et les autres. Certaines collaborations sont des propositions d’Hervé Richez mon directeur de collection GRAND ANGLE comme Loïc, Michel ou Sébastien Goethals.

Ceux qui me restent chez Grand Angle : Interview de Damien Marie.

Cette fois-ci vous voici avec Laurent Bonneau aux dessins pour cet album Ceux qui me restent chez Grand Angle. Parlez nous de ce projet qui est maintenant paru.

L’ambition première était de raconter la maladie d’Alzheimer d’une façon différente : d’un point de vue « embarqué ». Je n’ai pas cherché à délivrer un traité didactique sur cette maladie dont je n’appréhende que les symptômes. C’est l’idée d’une « aventure intérieure » qui m’a motivé à creuser ce sujet. Et mes recherches m’ont emmené bien plus loin ; l’histoire que nous rendons aujourd’hui traite de sujets plus vastes : le regret, la séparation et l’impossibilité de faire marche arrière ; Les échappatoires et les batailles pour retrouver les liens sociaux. La maladie devient ici la métaphore terriblement réelle de ces maux.

Pourquoi ce sujet ? La maladie d'Alzheimer est un sujet grave c'est compatible avec le 9ème art ?

Il n’y a pas de sujet incompatible avec le 9ème art. Il y a peut-être des sujets qui intéressent moins le Grand Public, ça n’en fait pas pour autant de mauvais sujet. Le sujet de la maladie n’est évidemment pas un sujet de divertissement mais si la BD est un art, elle a d’autres arcs que l’humour pour prétendre à ce titre.

Comment s'est faite la collaboration avec Laurent Bonneau ? Est-ce particulier de travailler avec lui ?

Je voulais partager cette expérience le plus ouvertement possible et la collaboration avec Laurent a été d’une richesse que je n’osais pas espérer. Ses codes narratifs, sa capacité à effacer graphiquement ce que la mémoire ne retient plus, la pertinence du découpage, long, lent qui ne lâche jamais l’émotion ni la concentration du lecteur rend l’histoire terriblement vraie, implacablement humaine.

Vous avez beaucoup travaillé avec Vents d'Ouest et Grand Angle. Y-a-t-il des raisons particulières ? Choix éditoriaux ou hasards des projets ?

J’ai travaillé chez Soleil, VdO, Des ronds dans l’O, Dupuis et Bamboo - Grand Angle. Je suis aujourd’hui fidèle à Grand Angle parce qu’Olivier Sulpice et Hervé Richez m’ont accompagné avec un vrai professionnalisme, une sincère conviction et je leur dois beaucoup. Mon choix éditorial n’est pas du hasard, ce sont des rencontres « prospectées » et l’évidence de la maison d’édition la plus humaine et la plus professionnelle se dessine au fur à mesure des collaborations.

Quels sont vos maîtres dans votre métier si particulier de scénariste ? Avec quels dessinateurs rêveriez-vous de travailler ?

Des maitres, je préfère ne pas en avoir, je tiens à construire ma propre pensée. Des scénaristes dont j’admire le travail, il y en a beaucoup : Ducoudray, Nury, Zidrou, Dorrisson, Miller, Chauvel, Tamburini, Larcenet, Peeters et j’en oublie des dizaines. Si je devais choisir un dessinateur, ce serait Mr BARU sans hésitation.

Parlez nous de vos futurs projets

Et bien, je n’en ai pas en BD pour le moment, j’ai une écriture en cours mais qui prend son temps. J’ai, par ailleurs, un projet que j’ai scénarisé pour la conception d’un Stop-motion en figurine Playmobil que je vous invite à découvrir ici : https://www.youtube.com/watch?v=k8GZz5WCUAk

Nous aspirons à trouver les fonds et les accords pour continuer cette aventure… Et, personnellement, mon vrai grand futur projet est d’être un bon papa d’ici 1 mois… Et ça, c’est du projet !!

C'est en effet un merveilleux projet. Merci pour vos réponses.

Ceux qui me restent chez Grand Angle : Interview de Damien Marie.Ceux qui me restent chez Grand Angle : Interview de Damien Marie.
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:00
Ceux qui me restent de Damien Marie et Laurent Bonneau chez Grand Angle.

Le synopsis de Grand Angle :

«Un voyage en Alzheimer. Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir ; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus. La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus ; un voyage en Alzheimer. »

Livre très émouvant que celui-ci. C'est vrai que le sujet de cette maladie d'Alzheimer est peu voire pas traité dans le monde du 9ème art. Les deux auteurs s'y attellent. Ils l'ont fait avec justesse et délicatesse. Ils nous dessinent le portrait d'un homme qui sombre lentement dans l'amnésie et qui lutte contre la perte de sa mémoire. Nous prenons part à son combat contre la maladie et c'est par le biais d'un dessin recherché et travaillé que cela se passe. Le trait est élégant et racé. La colorisation très originale donne un ton poétique et tendre à ce récit. Il y a beaucoup de sensibilité dans cette histoire. Ce n'est pas pathos. C'est une belle histoire d'amour d'un homme qui veut garder le contact avec la vie et sa vie. Le sujet est grave et on n'aurait imaginer à ce que cela soit retranscrit de manière amère et douloureuse. Ce n'est pas le cas. On suit le héros et on espère une fin heureuse. Pas question de la révéler. C'est à vous de la découvrir.

Damien Marie est le scénariste de ce beau livre. Il est né en 1971 en Normandie. Il entre dans la carrière au début des années 2000 ; il collabore avec des dessinateurs de premier plan ; Hérenguel, Galandon ou Malnati sans être exhaustif. Il est travaillé avec Soleil Productions, Vents d'Ouest ou Dupuis mais c'est avec Grand Angle et Bamboo qu'il a le plus développé sa bibliographie.

Laurent Bonneau est bordelais. Il nait en 1988. Il suit un cursus artistique solide dès le lycée, puis à l'école Estienne à Paris et enfin à l'école nationale des Arts Décoratifs section photo-vidéo. Cela influe beaucoup sur son travail et on le retrouve dans ses planches et la présentation de son travail.

Ceux qui me restent de Damien Marie et Laurent Bonneau chez Grand Angle.
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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 09:00
Odyxes – Tome 1 de Christophe Arleston et Steven Lejeune chez Soleil Productions.

Le synopsis de Soleil Productions :

«Oscar Rimbaud est étudiant en médecine, à Paris. Mais il se réveille dans la peau d’un marin de la Grèce antique, commandant une flottille. Est-il en train de rêver ? Non, tout autour de lui semble trop réel. Et il a le souvenir de cette fille étrange, rencontrée à l’hôpital, qui l’a attiré chez elle... En attendant, coincé dans un port égyptien, il doit trouver le moyen de ramener ses hommes en Grèce, et va pour cela utiliser quelques unes de ses connaissances modernes. Oscar, devenu Odyxes, va s’ingénier à survivre dans un monde rude qui s’avère plus complexe qu’il ne l’imaginait, et tenter de comprendre pourquoi il a été projeté dans ce passé lointain... »

Enfin une idée intéressante de scénario. Il y est vrai qu'il y en avait assez des uchronies et

des sempiternelles aventures d'espions au passé obscur et à l'avenir incertain. Quand ce n'est pas des histoires dans un univers victorien. Redondances et répétitions. Arleston nous propose une histoire différente avec ce transfert d'esprit dans un corps et à une époque différence que celle du héros. C'est propice à des rebondissements et à un suspense intéressants. Quand c'est dimensionné par Arleston c'est forcément évocateur d'une histoire qui va être prenante. Le Monsieur a de l'expérience et du talent. Après il faut que le dessin fonctionne de paire. Et là par de souci, Lejeune est un bon. Il a su prendre en compte le personnage et lui donner une vraie vie. Les planches sont esthétiques et réussies. Les cases sont belles. Quelques beaux plans avec des trirèmes bien dessinées et un Mont Olympe beau et bien conçu. Le personnage principal est bien dimensionné. Bien entendu les Dieux sont présents. C'est beau et intelligent. A noter la présence de Mikl à la couleur. Un bien bel attelage.

Christophe Arleston est né en 1963. Il a été journaliste, rédacteur dans la publicité et auteur dramatique. Il se tourne rapidement vers le scénario de BD. Il crée la série célébrissime « Lanfeust de Troy ». Depuis le concept s'est développé pour aller loin vers des séries parallèles et même un journal. Une vraie sucess-story.

Steven Lejeune est né à Tahiti en 1981. il a déjà un parcours réussi même s'il a participé à des albums collectifs. Il a travaillé pour des maisons de premier plan telles que Delcourt, Ankama et Néopolis. Le voici chez Soleil avec ce beau projet et associé à une pointure...Attendons la suite.

Odyxes – Tome 1 de Christophe Arleston et Steven Lejeune chez Soleil Productions.
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 09:00
La philosophie dans la piscine de Ted Benoit chez La Boîte à Bulles

Le synopsis de La Boîte à Bulles :

«Nous ne le savions pas, mais Ray Banana, le rastaquouère gominé créé par Ted Benoit, l'homme qui semble éternellement figé dans les années 50, vit bien dans le présent, et il s'est découvert un intérêt pour la philosophie.Ayant élu domicile dans son fauteuil comme Diogène dans son tonneau, il aborde l'aventure de l'esprit avec les mêmes doutes, mais aussi la même fougue, que l'aventure policière, persuadé de pouvoir nous aider à comprendre, décrypter et affronter l'inquiétant monde du XXIème siècle. Pour cela, nous explique-t-il, il faut d'abord se poser les bonnes questions. Et il pense en connaître un paquet. Rien ne l'arrêtera, sauf peut-être d'être élu à l'Académie. »

Ted Benoît revient sur le devant de la scène. On le connaissait pour notamment ses collaborations avec Jean Van Hamme en 1996 et 2001 pour Blake et Mortimer. Pour ce qui concerne Ray Banana, mélange improbable de Clark Gable et de OSS117 il existait dès les années 80. On l'avait découvert chez Casterman puis chez les éditions Reporter ou Alain Beaulet...Cette éclipse ne dure pas puisque le bougre nous revient. Ted Benoît grand spécialiste de la Ligne Claire reprend son personnage et lui prête des idées philosophiques que celui-ci nous balance avec sa désinvolture ou son aplomb habituel. C'est très surprenant et très drôle aussi. Ce mélange de bon sens, de cynisme et de philosophie fait rire et c'est bien là l'essentiel. Oncle Fumetti vous recommande la,planche nommée « la loi de Murphy ». C'est plein d'esprit et en effet c'est philosophique. Le dessin est fin et simplissime en apparence. Ce sont des petits strips de 4 cases principalement et véhiculer des concepts dans si peu de plans rend l'ensemble assez intéressant.

Oncle Fumetti en tout cas a bien ri et souri. C'est un album de 88 pages en format 165*240. Un joli petit broché à 15 euros. C'est marrant et bien pensé..Allez-y.

Ted Benoit est né en 1947. Il commence sa carrière dans le cinéma. Il étudie à l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques. Il est assistant réalisateur jusqu'en 1971. Il a collaboré à Métal Hurlant, l'Echo des Savanes et A Suivre. Il reçoit le prix du meilleur scénario au festival d'Angoulême en 1979. Il est maintenant essentiellement scénariste. Il n'en reste pas moins vrai que c'est un vrai spécialiste de la Ligne Claire.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 09:00
Ten Grand – Tome 1 de Straczinsky, Templesmith et Smith chez Delcourt

Le synopsis de Delcourt :

«Suivez la descente aux enfers de Joe Fitzgerald, un ancien homme de main de la mafia, qui se retrouve pris au milieu d'une nouvelle guerre, entre les forces du Bien et du Mal, dans laquelle le Paradis est menacé. Est-ce qu'un homme prêt à mourir des milliers de fois pour revoir son amour perdu, juste quelques minutes, peut sauver le monde ? Et vous, que seriez-vous prêt à faire par amour? »

Super livre que celui-ci. Le feuilleter c'est déjà l'adopter. Le graphisme et la colorisation sont somptueuses. On est estomaqué par tant de virtuosité graphique et artistique. Les couleurs dominantes sont chaudes et pour cause on y aborde l'enfer. Les jaunes, les rouges et les orangés sont de rigueur et l'incandescence des pages époustouflante. Pour ce qui concerne l'histoire elle est sombre, dure et n'ayons pas peur du mot fantastique. C'est une renaissance pour Straczinsky qui a beaucoup travaillé pour les Majors. Il s'offre une parenthèse avec ce livre à six mains puisque Templesmith passe la main pendant l'album à CP Smith. La réunion des deux dessinateurs ne nuit pas à l'oeuvre. Cela passe bien. On retient du premier, australien de naissance, la rudesse du trait mais aussi une capacité à faire passer la noirceur du récit. Le second dans un style propre régénère l' histoire. C'est une œuvre superbe qui nous est proposée. A découvrir absolument.

Joseph Michael Straczynski est un auteur et producteur américain. Il a écrit des scénarios pour des dessins animés, des séries pour la télévision mais aussi des comics, ainsi que des nouvelles et des romans. Il est connu pour être l'auteur, producteur exécutif et principal scénariste de la série Babylon 5, dont il avait composé l'ensemble de l'histoire avant le début de la première saison.

Ben Templesmith est australien. Il est né en mars 1978. Il est déjà une légende de la Bande Dessinée. Il est vrai que la lecture de sa bibliographie laisse pantois ; Silent Hill, Walking Dead, Fell,Voodoo Child...mais pas que. Incroyable artiste.

CP Smith est américain. Il a travaillé sur des sujet comme Wolverine ou the Punisher. Il est doué graphiquement.

Ten Grand – Tome 1 de Straczinsky, Templesmith et Smith chez Delcourt
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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 09:00
The Cape 69 by Milady Graphics: Jason Ciaramella  - The Interview

Jason Ciaramella a publié chez Milady Graphics The Cape 69 (cf notre chronique) avec son complice Daniel Nelson. Oncle Fumetti a eu envie d'en savoir plus. Il se lance donc dans une interview en américain de ce scénariste talentueux.. Comme d'habitude c'est sans censure et tel que...

Hello Jason Ciaramella. You're not very well known in France ... So who are you? What is your occupation?

Hey, everyone -- I'm Jason Ciaramella, author of comic books like The Cape, Godzilla, TMNT, and Magic: The Gathering.

How to become a writer in the world of comics? Is this particular and very different from writing a screenplay for a classic book?

I broke into comics in the summer of 2010 when I was asked to adapt Joe Hill's short story The Cape. The process is similar to a screenplay, and completely different than classic prose. I love the format and I'm constantly thinking about new things that can be done with it.

In June was released in The Cape 69 in France. Explain us this project that extends the story of The Cape that you co-authored with Joe Hill?

We felt like we needed to answer the question of how the cape makes Eric fly, where power comes from, so we decided to do the prequel. Joe and I discussed a few options and decided on doing a story in the style of vintage weird war comics.


Is it a particular pleasure to see your work published in another country?

It really is. To think of someone in France, or Spain, or South America walking into a bookstore and purchasing a copy of my work feels very special to me. My stories have seen more of the world than I have!

The Cape 69 by Milady Graphics: Jason Ciaramella  - The Interview

that is it specific to working with Joe Hill, the son of Stephen King and writer known and award-winning United States?

Joe and I have been friends for a lot of years and we've had a lot of fun working together. He trusts me enough to adapt his stories and really gives me a lot of creative freedom.

How do you work in a scenario of comics ? What are the specificities of this style of work?

I start at the end and work my way backwards. I'm not sure if this is the best way to work, but as a writer I need to know how things end before I can figure out how they begin. Once I know the ending I craft the most important scenes first, and then stitch them together until the story is whole. It's unorthodox, but it works for me.



Tell us about working with Daniel Nelson. How did you meet him? What is your role in the creation of a comics and in the creation of comics strips of the album? what was your role during the conception of the album ?

I first worked with Nelson on the original The Cape miniseries. I consider him to be the best colorist working in comics, and his illustration work is mind-blowing. He really brought my script to life and created a look for the series that made it stand out from other comics at the time. I really hope to be able to work with him again very soon.


Is there not too much stories about superheroes ? Is that you can still find new stories and renew this type of stories ?

I think there are still a lot of good superhero stories to be told. We're just cracking the surface, which seems crazy to say because superhero comics have been around for more than 80 years, but I think a new generation of writers are throwing out all the old tropes and approaching the genre with really fresh ideas. It's an exciting time to be working in comics.
On a broader level what are the authors who inspired you? Who are your favorite authors in the world of the comics (cartoonists and authors)?

I get a lot of inspiration from authors like Dennis Lehane and Cormac McCarthy. Their work is real, gritty, and you can feel the air around their characters. In comics, Brian K Vaughan, and Frank Miller are idols of mine. I also really love what Matt Fraction is doing these days.


What are your future projects?

Right now I have a Kickstarter for a Lovecraft children's book called C is for Cthulhu and I'm working on a screenplay, but I can't give any details on that yet. As for comics, stay tuned!

@jasonciaramella


Merci à Jason Ciaramella. Et à bientôt avec Oncle Fumetti.

The Cape 69 by Milady Graphics: Jason Ciaramella  - The Interview
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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 09:00
Le sourire de Rose de Sacha Goerg chez Casterman.

Le synopsis de Casterman :

«Desmond, un gentil raté qui dispute à son ex-femme la garde de leur fils Théo, rencontre la jolie Rose. La jeune femme dissimule un secret : cleptomane, elle a dérobé à François, un vieux beau fortuné, un objet auquel il tient particulièrement. Tandis que Desmond s’abandonne peu à peu à l’attirance qu’il ressent pour Rose, les problèmes de celle-ci vont prendre une tournure pressante : flanqué de son garde du corps, François les prend en chasse, déterminé à récupérer son précieux objet à n’importe quel prix. »

Très joli livre que nous propose Sacha Goerg. Cet artiste, à la fois scénariste et dessinateur nous destine un récit poétique et intimiste mais aussi un polar de belle facture. Le dessin est fin et aquarellisé. Son style tout en nuance mélange clairs obscurs et atmosphères rendues plus intimes. La poésie respire à toutes les pages et c'est un régal de suivre les aventures de ces personnages charmants qui ne sont pas toujours là où on les attend. Le scénario habilement dosé maintient le lecteur sous sa coupe et l'on passe un joli moment à lire ce one shot qui est paru initialement en numérique dans le périodique Professeur Cyclope...Le voici dans sa version papier et c'est bien aussi parce que ce livre est joli et se parcourt avec plaisir. Une réussite évidente.

Sacha Goerg est suisse. Il est né en 1975 à Genève. Il est scénariste et dessinateur. Il est aussi le créateur de la maison d'édition : L'employé du Moi. Il a collaboré aussi avec Dargaud pour le livre La fille de l'eau.

Le sourire de Rose de Sacha Goerg chez Casterman.
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