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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:09
Detectives – Miss Crumble de Guinebaud, Hanna et Lou chez Delcourt.

Le synopsis de Delcourt :

« 1918. Au lendemain de la guerre, dans le sympathique village de Sweet Cove, tout respire la douceur de vivre. Ah, Sweet Cove... ses jardins bien entretenus, ses salons de thé aux doux parfums de gâteaux chauds... C'est pourtant ici que va frapper un mystérieux assassin botté, l'occasion rêvée pour une célèbre institutrice retraitée de s'adonner à son sport préféré : mener l'enquête. »

La collection « Conquistador » nous propose une nouvelle série « Détectives ». Trois créateurs ont pris en main ce premier épisode. On connaissait de Sylvain Guinebaud qu'il travaillait volontiers avec le scénariste bicéphale Ange et avec Stéphane Paitreau à la colorisation, le voici avec deux nouveaux comparses ; Lou qui est un coloriste Delcourt tant il est vrai qu'il collabore avec cette maison souvent et Herik Hanna au scénario. Ce dernier venu est aussi un « produit » Delcourt. Cela n'a rien de péjoratif. C'est seulement un constat. Il est normal que les éditeurs s'inscrivent dans la dureté avec leurs créateurs. Mais revenons au livre. La synergie entre les trois artistes fonctionnent bien. Chacun apporte sa pierre à l'édifice. Guinebaud apporte son trait réaliste. On le sait fin physionomiste. Les personnages sont bien dessinés et les planches sont propres et le scénario bien rendu. Hérik Hanna commence à avoir de la « bouteille » et il sait faire progresser l'intrigue. Le suspense et l'intrigue sont bien présents et bien menés. Lou apporte sa touche. Il sait coloriser et son expérience se fait sentir. L'ensemble donc tourne bien et l'album est réussi. On sent que le Directeur Editorial ou de Collection, on n'en sait rien, à choisir ses hommes pour lancer la collection avec des valeurs sûres tout en prenant le risque de mariages artistiques qui sont parfois aléatoires. Cette fois-ci c'est bien joué. Un album bien né et une série bien lancée. Que demande le peuple !!! C'est sorti.

Sylvain Guinebaud est né en 1973. Il donne très vite une place à son talent de dessinateur. Il obtient à la fac une licence en Arts plastiques. Il sort « Harkhanges « chez Albin Michel grâce à une collboration avec Froideval. Il rencontre le couple « Ange » et travaille sur la geste des Maîtres Dragons » et « La Porte des Mondes ». Il participe à un album de Kookabura Universe. Ce sont ces années de collaboration avec les éditions Soleil. Il signe avec Delcourt un contrat pour la série 7 tout en continuant son parcours. Le voici sur Détectives toujours chez Delcourt

Herik Hanna est né en 1977. Il aborde la BD par Strange très tôt. C’est un amateur de comics et de cinéma notamment d’ Hitchcock. Il scénarise des projets tels que La Grande Evasion avec Void 01 dessiné par Le Grand Sean Phillips. Il publie en 2013 une série Bas Hass qui connaîtra 4 tomes.

Lou est un coloriste chevronné. Il est rouennais ce qui le rend forcément sympathique aux yeux du Vieux Fumetti...Comme lui c'est un ancien cancre. Il est autodicate. Il se lance dans la musique, le graphisme, la création audiovisuelle. Il décide de se limiter à la BD. Bien en lui en a pris pour nous comme pour lui. Il commence à avoir une belle bibliographie.

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 21:36
Les légendes de la Bande Dessinée par Oncle Fumetti...Bonzo le chien et Georges E. Studdy.

Il est personnage de Bande Dessinée comme des êtres vivants. Ils connaissent une notoriété exceptionnelle et puis telles des météores, ils disparaissent après avoir éclairés d'une lueur éphémère notre quotidien. « Bonzo the Dog » est de ceux-là. Il naquit dans les années 20 du trait de Georges Studdy un artiste. Ce dessinateur anglais naquit à Davenport en 1878. Quelques années après, le journal «The Sketch » demande à ce créateur de lui fournir une page pour sa parution. Par la suite la Gaumont commande à Studdy qui a du succès, une série de documentaires sur la guerre. Il y introduit petit à petit ce personnage de chien blanc, potelé et aux oreilles tombantes. Une sorte de Droopy avant l'heure. Allez savoir d'ailleurs si Tex Avery... Non !!! Et si Snoopy ?!?! Ce personnage contemporain de Félix le Chat rencontre un franc succès. Il se mélange aux hommes et se moque d'eux et de leurs turpitudes.

Il est un des premiers personnages du 9 ème Art a avoir été un support de merchandising. Eh oui !! il intègre le «Mass-Market » et devient un support du marketing de l'époque. Son succès est énorme. Dans les années 30, l'éditeur Hachette s'empare du phénomène et sort une série de petits livres souples avec des aventures drolatiques de ce petit héros facétieux. On essaiera même de sélectionner des Terriers pour proposer un chien, bien réel celui-ci, a ses fans. Un sommet de notoriété. Cela ne fonctionna pas. Son créateur vécut bien du succès de sa créature jusqu'à sa mort en 1948. Fin de l'histoire. Allez au lit les enfants...

Georges E. Studdy

Georges E. Studdy

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 03:58
La page technique d’Oncle Fumetti… Le roman graphique.

On voit de plus en plus apparaître la terminologie « roman graphique » dans le monde du 9ème Art. Elle se traduit par « graphic novel » chez les anglo-saxons. Elle est récente. Début des années 70 en Europe. Les avis divergent pour déterminer les œuvres qui peuvent figurer dans ce registre. Le concept n’est pas clairement arrêté.

Il nous appartient de tâcher de définir ce qu’est un roman graphique. La tâche est ardue. Il apparaît, que tout part des Etats Unis. Les créateurs et les éditeurs ont souhaité se démarquer des comics. Il leurs fallait trouver un terme et un style pour ces livres qui ne sont pas dans les kiosques et qui ne sont pas publiés dans des périodiques comme peuvent l’être les albums de Marvel, DC Comics ou Dark Horse pour ne citer qu’eux. Pendant longtemps, les BD américains étaient publiés sous forme de livrets pas très qualitatifs ou étaient publiés en strips dans les journaux. Les éditeurs et les créateurs ont pensé développer des supports plus sophistiqués. Il apparaît clairement que des artistes comme Dave Mac Kean, Frank Miller ou Neil Gaiman se devaient d’être publié sur des supports de meilleur qualité tant il est vrai que le public-cible était différent que celui des comics. L’idée était d’atteindre ou de satisfaire un public plus intellectuel (sans connotation péjorative quelconque) et de se « frotter » sur les tables et les rayonnages des libraires aux œuvres littéraires classiques. Cela impliquait un changement de support avec des « produits » plus travaillés et des tentatives pour se démarquer de nos chers comics.

On ne cherche pas forcément dans ces œuvres à créer des personnages ou des concepts récurrents. On cherche le plus souvent à créer du « one shot » à la fois intéressant dans le récit qu’il soit sorti de la réalité ou de la fiction. On recherche aussi plus de liberté dans la mise en page puisque le plus souvent on sort de la planche mais pas forcément. Le concept est flou et permet ce que l’on veut. Le propos peut être à la fois simplement artistique mais aussi se prête à la sociologie, au roman-policier, à l’essai politique etc. On casse les cadres. On sort des codes habituels et surtout artistiques.

Les difficultés sont de cibler le public et de trouver le bon format et le bon «produit-livre » pour le rendre différent, original mais « vendeur » tant il est vrai que les enjeux économiques restent essentiels.

L’Europe et la France notamment ont suivi. On découvre de plus en plus ces concepts autres qui ont été développés par des maisons d’éditions qui veulent conquérir un nouveau public exigeant et voulant à la fois un objet et une œuvre artiset proposer des œuvres ambitieuses. Tout le monde s’y est mis et Oncle Fumetti s’en voudrait de mettre en avant certains artistes ou éditeurs plutôt que d’autres. Simple esprit d’équité. Malgré tout, il nous semble que nous pouvons parler de Pierre Duba édité par 6 Pieds sous Terre comme un exemple et d’une forme d’archétype de ce genre d’œuvre. A la fois très travaillée artistiquement, publiée dans des livres plutôt que des albums et par une maison d’édition plus marginale au public plus élitiste et rare. Mais ce n’est qu’un exemple. Il y en a bien d’autres et d’aussi bons.

Bonne lecture.

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 06:26
Les Dingodossiers tome 1 de René Goscinny et Marcel Gotlib chez Dargaud.

Les gens se débarassent de n'importe quoi...Le vieux Fumetti se baladait samedi matin et il passe au milieu d'un vide-grenier et là il voit à même le sol un livre «Les Dingodossiers ». Incroyable. Un chef d'oeuvre de la BD moderne. Un album culte de Goscinny et Gotlib. Il demande le prix ;' « 1 euro Monsieur!!! » lui est-il répondu. Et c'est ainsi que le Vénérable s'en retourna chez lui avec une édition originale de ce fantastique livre acquis pour une somme dérisoire. Tout est possible même le plus improbable.

C'est l'occasion dans cet article de rendre hommage à Marcel Gotlib. Il aura 80 ans en Juillet. On ne souhaite jamais un anniversaire avant l'heure mais on ne dira jamais assez notre admiration à des créateurs tels que lui. Imaginez ce que serait notre Art favori sans le brio et l'esprit d'aventure que ces hommes ; Gotlib et Goscinny ont pu avoir. Si vous en avez l'occasion reprenez ou prenez le temps de relire les rubriques à brac, les albums de Gai-Luron, les aventures de Superdupont ou celles de Pervers Pèpère...ou de la Coccinelle. Ce ne sera jamais du temps perdu.

Passez une bonne année Monsieur Gotlib. A bientôt en Juillet.

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 16:55
Gargantua et Pantagruel de Rabelais et Dino Battaglia chez Mosquito.

Le synopsis de Mosquito :

«En 1980, pour Il Giornalino, Dino Battaglia au sommet de son art graphique réalise cette magistrale adaptation du chef-d'oeuvre de Rabelais. Devant cette oeuvre colossale (5 volumes !) Battaglia choisira de sélectionner les épisodes les plus représentatifs et les plus dynamiques mettant ainsi en valeur la joie de vivre et l'extraordinaire modernité de Rabelais dénonçant la bêtise et le sectarisme sous toutes ses formes. Les contraintes éditoriales de l'époque ayant amené Battaglia à édulcorer certains passages, nous avons pris le parti d'intercaler dans le fil du récit quelques extraits des textes originaux, cela permet de rendre mieux compte de la saveur de l'oeuvre de Rabelais. »

Les éditions Mosquito qui mettent et savent mettre en valeur les Bandes Dessinées italiennes et les créateurs italiens nous proposent de nouveau une superbe album. Dino Battaglia pour les connaisseurs est un maître dans l'art de représenter de manière figurative ses créations. Il prend le prétexte du chef d'oeuvre de Rabelais pour nous exposer sa vision des aventures de Gargantua et de Pantagruel. Alors bien sûr le Mister est décédé. Ce n'est donc pas une œuvre récente mais une réédition mais elle est intemporelle. C'est magnifiquement dessiné. Le graphisme est incroyable tant il rend les personnages vivants et présents. L'osmose entre le texte de Rabelais et la vision de Battaglia est excellente et rend la lecture de cet œuvre passionnant. C'est un grand moment de la Bande Dessinée que celui-ci. Mosquito encore une fois nous propose et nous offre la possibilité de découvrir ou de redécouvrir cette œuvre majeure du 9ème Art. La colorisation est faire par la femme de Battaglia. Un chef-d'oeuvre artisanal et familial. A noter qu'un tirage de tête est disponible pour 70 euros et c'est une pièce de collection.

La fiche technique de l'éditeur : Troisième édition ; 23 x 30 cm, 120 pages.- Cartonné, couleurs ; ISBN : 2-908551-38-1 ;Prix : 20.00 € ; Disponible

Dino Battaglia est né en 1925. Il est italien. Il commence sa carrière après la guerre. Il débute avec Hugo Pratt. Il ne s'attachera pas à un personnage mais plutôt à la retranscription de récits littéraires d'auteurs majeurs tels que Rabelais, Lovecraft, Poe, Maupassant et bien d'autres. Son trait réaliste est vite devenu une référence. Il décède en 1983.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 17:05
Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti...Keko le magicien de Carlos Nine chez Rackham.

Le synopsis de Rackham :

« Keko est un magicien raté qui vit avec sa mère, Dame Teton, qui n’est ni plus ni moins qu’un énorme sein. Une telle hérédité est sans doute la cause des problèmes de libido qui taraudent notre magicien, qu’il voltige au bras de femmes fatales ou végète dans des hôtels minables avec sa mère et quelques autres parasites. Prisonnier de ses obsessions et de ses tours de magie fantasques, Keko va vivre des aventures loufoques dont son inconscient chargé semble être la source principale… »

Si vous avez envie de vivre une expérience hors norme et que votre quotidien de BD est depuis trop longtemps nourri par de l'héroic fantasy avec son lot de magiciens, de guerriers et autres assassins de tous poils. Si vous avez trop lu d'histoires d'espionnage directement ou non inspirées par XIII ou Largo Winch, Oncle Fumetti a ce qu'il vous faut. Carlos Nine le brillantissime dessinateur argentin nous a propose il y a quelques années un album qui ne manque pas de sel. Si vous n'avez pas peur des univers à la Lewis Carroll ou aux univers délirants...Keko le magicien va vous aller à merveille.Le monde concocté par Nine est onirique à souhait. Prenez le livre et ouvrez le sans à priori. C'est graphique une merveille. Alors là nous sommes loins mais alors très loin de la ligne claire ; la manga est aussi à des années-lumières de cet univers mais cela vous remue les méningues et les neurones de manière radicale. Les personnages sont totalement improbables. Ils changent de forme et surprennent. C'est digne de Wihelm Busch ou de Gustave Doré...Même si Nine n'a pas besoin de copier. Il a un fantastique talent. L'auteur nous prend à contrepied régulièrement mais c'est à découvrir si vous ne connaissez pas et cela vous changera de l'héroic fantasy. Et cela c'est une certitude. En mai fais ce qu'il te plaît...Dans la lecture aussi.

Carlos Nine est argentin. Il est né en 1944 à Buenos Aires. Il a publié dans son pays chez Fierro avant de nous rejoindre et de collaborer avec L'Echo des savanes. Il a maintenant une bibliographie de qualité tant chez Albin Michel, chez Dargaud, les Rêveurs ou Rackham. Il a reçu un prix du meilleur album étranger en 2001 à Angoulême pour le Canard qui aimait les poules. Il a collaboré avec Sfar et Trondheim pour le tome 8 de Donjon Monsters chez Delcourt.

Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti...Keko le magicien de Carlos Nine chez Rackham.
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 16:29
Une année au lycée de Fabrice Erre chez Dargaud.

Le synopsis de Dargaud :

«Un témoignage hilarant sur le quotidien d'un professeur d'histoire-géo ! Il faut dire que le lycéen est un être particulier : tantôt agité, dissipé, provocateur, studieux, complexé, blasé, dragueur, sérieux, paumé, suiveur, décidé, amusant ou amusé... Bref, c'est d'abord un adolescent, souvent déroutant, qui tente de se frayer un chemin vers le Graal : le bac ! Fabrice Erre a recensé les nombreuses anecdotes qui lui sont arrivées pour en faire une suite de gags décapants. »

La fiche technique de l'éditeur :Date de parution : 18 avril 2014 ; Nombre de pages : 150 ; EAN : 978220507212 ; Genre : Documentaire / Biographie, Humour. ; Prix : 17.95€ ; Format : 200x269 mm ; Public : Ado-adulte - à partir de 12 ans

Fabrice Erre fait son trou...Entendons nous bien !!! Le vieux Fumetti ne veut pas dire autre chose que cet auteur de BD petit à petit rencontre son public. C'est pourtant le cas. Il commença doucement avec Démonax chez 6 pieds sous terre, que votre Vieillard favori aime bien, poursuit par d'autres créations. Nous ne passerons pas sous silence les deux épisodes de Z comme Don Diego avec son acolyte Fabcaro mais le voici cette fois-ci en première ligne, seul, chez un des éditeurs du Top Four. L'album très attendu chez Dargaud est bien né. Fabrice Erre connait bien le sujet. Il est enseignant et il dépeint avec brio les travers de ses élèves non sans égratigner ses collègues professeurs au passage. Les planches sont agréables à l'oeil. Le trait de Mister Erre n'est pas sans rappeler celui de Dubout autre natif du Languedoc Roussillon. C'est clairement un compliment. La colorisation des planches est une bonne idée et on rit de bon cœur. Ce n'est pas sans rappeler certains souvenirs de potaches. Et oui !!! Le Vieil Oncle est allé aussi au lycée. Bref, une jolie réussite...Cela tombe bien. Le marché est calme en qualité en ce moment.

Fabrice Erre est languedocien et est né en 1973. Il est historien, enseignant, écrivain et dessinateur. Faut pouvoir !!! Il collabore comme son compère avec 6 pieds sous terre ; notamment pour Démonax. Il collabore à la revue Jade et a cinq albums à son actif et un essai «Le Règne de la poire» paru aux Editions Champ Vallon en 2011.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 08:13
Fairest Tome 1 de Bill Willingham et Phil Jimenez chez Urban Comics.

Le synopsis de Urban Comics :

« Héroïne incontestée de la guerre menée par la petite communauté des Fables contre l’Adversaire, la Belle au Bois Dormant n’en a pas moins payé le prix fort. Plongée dans un profond sommeil, elle attend depuis le baiser de l’amour véritable. Qui aurait pu prévoir que l’heureux élu serait le célèbre et présomptueux Prince des voleurs, Ali Baba ? Accompagné d’un odieux petit génie, tous trois doivent à présent trouver le moyen d’échapper au bras droit de l’ennemi vaincu : la glaçante Reine des Neiges. »

Les éditions Urban Comics nous gâtent en ce début d’année. Ils nous proposent depuis février le premier tome de Fairest scénarisé par le brillant et inspiré Bill Billingham. Le Mister s’est entouré d’un dessinateur au niveau, en l’occurrence Phil Jimenez. Bio de ces messieurs ci-dessous. Un encreur Andy Lanning et une coloriste Andrew Dalhouse viennent compléter l’équipe. Cette équipe fait du bon travail. Ils ne se privent pas de nous proposer un album superbe. Le graphique très comics est très réussi. C’est superbe et presque trop, tant l’utilisation de l’ordinateur pour la colorisation permet d’atteindre une forme de perfection. Une forme seulement. C’est parfois un peu trop glacé et « rectiligne », aseptisé. Trop de perfection nuit à l’aspect artistique parfois. Pour le reste, le scénario est maîtrisé évidemment par l’ami Bill. Il connaît les contes et légendes et depuis un moment déjà, il les détourne pour notre plus grand plaisir. C’est bien fait et les méandres de l’histoire sont agréables à suivre. Cet album est beau même si la perfection technique gomme un peu la poésie qui pourrait s’en dégager. Pas de raison de s’en priver pour autant. Bonne lecture.

Bill Billingham est un auteur américain né en décembre 1956 en Virginie. Il est scénariste.Il est très connu pour les albums Elementals et Fables qui sont des best-sellers sur tous les continents. Il est prolixe et a travaillé avec Marvel et DC.

Phil Jimenez est né à Los Angeles en 1970. Il est à la fois scénariste et dessinateur. Il fait ses études à la School of Visuals Arts à New York. Il commence par collaborer avec CD Comics. En 2007 il signe un contrat d’exclusivité avec la Marvel. C’est lui qui a signé le fameux comics mettant en scène Spiderman et Barack Obama.

La fiche technique de l’éditeur : Public: Ado-adulte – à partir de 12 ans. Genre: Fantastique / Esotérisme. Collection: Vertigo Classiques. Date de sortie: 14 février 2014. Pagination: 168 pages. ISBN: 9782365773829. Prix: 15.00 €

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 06:58
Fantomiald de Giovanni Battista Carpi et Guido Martina chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« Qui se cache derrière Fantomiald ? En fait, ce célèbre vengeur masqué, chargé de veiller à la protection de Donaldville et du coffre-fort de Picsou, naît un peu par hasard lorsque Donald découvre un mystérieux costume dans une maison abandonnée. Car oui, on a un peu du mal à imaginer notre Donald super-gaffeur en héros défenseur des opprimés… et pourtant ! Pour lutter contre le crime, Fantomiald dispose de toute une panoplie de gadgets fournis par Géo Trouvetou, le plus génial inventeur de Donaldville : un gant multifonction, une 313 volante ou encore des bottes à réaction… Avec ça, qu’on se le dise, les Rapetou n’ont qu’à bien se tenir ! »

C’est en 1974 que ce personnage mystérieux arrive en France dans Mickey Parade. Vous l’aurez compris c’est un avatar de Superman, Batman. Le rôle de Clark Kent est tenu par Donald. Paradoxalement ce héros n’est pas américain, il est italien. Il est la création de Giovanni Carpi au dessin et de Guido Martina au scénario. Il apparaît dans le périodique de BD Topolino en 1969 en Italie donc. Il se nomme Paperinik sur la terre de ses créateurs. C’est donc une charmante parodie de Comics US. C’est une vraie trouvaille pour les fans de Disney et à ce titre Glénat a raison de nous le présenter. Tous les codes de Disney et du Journal de Mickey y sont…Couleurs flashy etc. Pour les autres, c’est un vrai bon moment de 9ème Art avec tous les codes de cet univers particulier. La présentation est soignée. Nous sommes sur un vrai album de 223 pages avec une couverture en dur et des goodies à l’intérieur pour aller plus loin. C’est agréable et pour les fans cela permet d’agrandir sa collection. C’est un joli cadeau pour la Pâques aussi… Cela permet de sortir des cloches et des œufs. Bonne lecture.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 18:47

Titwane vient de sortir un carnet sur la brigade de répression du banditisme avec Raynal Pellicer publié chez de la Martinière ; Enquêtes Générales. Nous avons souhaité lui poser quelques questions...

Bonjour Titwane. On vous connaît peu ou pas assez. Présentez vous. Qui êtes-vous ? D'où venez vous ? Pourquoi ce pseudo de Titwane ?

Je suis un illustrateur installé à Tours. Je travaille au sein de l'atelier Cachalot qui regroupe 9 auteurs, illustrateurs et/ou graphistes indépendants. Comme illustrateur, je travaille principalement pour l'édition, adulte et jeunesse, mais parfois aussi pour la presse ou la communication. J'ai un parcours un peu particulier car je suis autodidacte en matière de dessin. J'ai fait des études scientifiques et exercé plusieurs années le métier d'ingénieur avant de me consacrer complètement au graphisme et à l'illustration. Mon pseudonyme me vient de mon grand frère qui m'a toujours appelé Titoine au lieu de Pierre-Antoine, mon vrai prénom. J'en ai simplement changé l'orthographe. J'ai toujours eu l'habitude d'avoir beaucoup de surnoms alors en choisir un comme pseudonyme s'est imposé naturellement.

Quel est votre métier ? Vous vous présentez comme illustrateur et carnettiste. Quelles sont les différences entre ces deux métiers ? Comment les définissez-vous ?

Mon métier est varié, ça fait partie de ses avantages d'ailleurs. Je suis illustrateur, carnettiste mais je pourrais dire auteur, graphiste, professeur de croquis ou scénographe. Disons qu'illustrateur est ce qui me définit le mieux en ce moment : je fais des illustrations, je crée des images, principalement pour des livres, j'illustre des textes, romans, reportages ou articles. Et c'est ce à quoi je voudrais me consacrer. Mes autres activités sont plus ponctuelles, parfois plus alimentaires. Carnettiste c'est une façon de dire que je dessine dans des carnets, que je fais du croquis d'observation. Cette activité est plus personnelle mais elle rejoint parfois l'illustration comme pour "Enquêtes Générales" où mes dessins s'apparentent à des croquis faits sur le vif, même si ils ne le sont pas vraiment. L'illustration est au service d'un texte, d'une histoire, d'un propos ; c'est un travail réfléchi, raisonné, mûri. Un croquis dans un carnet se suffit à lui-même, il n'a pas forcément d'objectif, il existe comme une trace, l'empreinte d'un moment ; c'est un instantané plutôt intuitif, direct, sans filet. L'illustration et le croquis sont deux disciplines différentes mais complémentaires et que j'essaye de mêler au plus près dans mon travail.

Vous avez sorti avec Raynal Pellicer «Enquêtes générales » chez de La Martinière en octobre 2013..Comment êtes-vous venu sur ce projet et parlez-nous en ?

"Enquêtes Générales" vient de la rencontre, il y a quelques années, avec Raynal Pellicer, auteur et réalisateur de documentaires. Il écrivait alors un (très bon) livre sur le photomaton, son histoire et son détournement par des artistes, aux éditions de la Martinière, et m'avait contacté pour y inclure des peintures que j'avais faites à partir de photomatons. Plus tard, il m'a fait intervenir sur des programmes courts qu'il réalisait pour TF1 dans lequel on voyait des carnets de voyage dont les croquis s'animaient. 25 épisodes plus tard, on s'entendait bien et on avait bien apprécié de travailler ensemble. Raynal avait depuis longtemps le projet de réaliser un documentaire sur la BRB (brigade de répression du banditisme) mais il s'était toujours heurté à un refus des services. Il a alors eu l'idée de faire appel à moi et de proposer que le reportage soit dessiné au lieu d'être filmé. Nous avons alors réalisé quelques pages à partir de l'interview d'un policier et elles ont servi de sésame pour obtenir les autorisations nécessaires à l'immersion.

Comment réalise-t-on un carnet de cet ordre ? Vous êtes vous immergé comme Raynal Pellicer au sein de la Brigade de Répression du Banditisme ?

La réalisation de ce livre a été un long processus. Je n'ai participé que de loin à l'immersion car il n'était pas possible de dessiner sur place : question de temps, d'efficacité, d'organisation. Même si j'aurais probablement pu obtenir l'autorisation de suivre les policiers, il nous a semblé préférable que l'un de nous garde un certain recul tandis que l'autre s'immergeait totalement. Raynal était sur place, prenait des notes, faisait des photos, des vidéos, des enregistrements sonores et ensuite je travaillais à partir de tout ce matériau très riche. Parfois il m'est arrivé de "passer commande" à Raynal d'images qui me manquaient mais le plus souvent j'avais plus de documentation que nécessaire. Et puis nous parlions beaucoup et souvent. Je suis allé sur place par la suite et j'ai reconnu sans peine les lieux et les personnes que j'avais l'impression de côtoyer depuis un an.

Quelle est la difficulté de rédiger un tel carnet ? En quoi est-ce spécifique ? Est-ce qu'il y a eu de la censure ? Des éléments à ne pas montrer ?

Outre les difficultés liées à n'importe quel sujet : rendre les choses intelligibles, garder un bon rythme de narration, conserver du recul, il n'y a pas eu de difficultés particulières. Nous avions quelques contraintes sur le fait de changer les noms des personnes, les visages des braqueurs mais le filtre du dessin, qui n'est pas la photo, nous a bien rendu service. Ce récit ne pouvait exister que dessiné, il n'aurait eu aucune chance de "survie" si il avait été photographique. Il n'y a eu aucune censure de la part des policiers qu'accompagnait Raynal, rien ne lui a été caché. Il y a eu une relecture par certains des policiers, par un juge et un avocat car certaines affaires évoquées ne sont ou n'étaient pas encore jugées et il ne fallait pas mettre en péril une procédure. Au final les modifications ont été minimes et n'ont porté que sur le texte.

Est-ce que l'on doit le classer dans la Bande Dessinée ? Dans la catégorie des romans graphiques ?

On ne doit pas forcément le classer, on doit juste le lire ;) .Ce livre est un peu hors cadre, c'est sa force mais aussi parfois son handicap lorsque les libraires ne savent pas trop où le ranger. Il peut se trouver au rayon BD, au rayon polar, au rayon reportage (avec les revues type XXI), au rayon beaux livres… malheureusement parfois aussi au rayon justice (qui n'est pas forcément celui où l'on se dirige en priorité pour (s')offrir un livre !). Ce n'est pas du roman graphique car ce n'est pas du roman, rien n'est fictionnel tout est vrai, même si on nous dit parfois que ça se lit comme un roman. On peut dire que c'est de la bande dessinée, on peut dire que c'est du récit dessiné ou du reportage illustré, c'est ainsi que je le qualifie le plus souvent. Nous l'avons vraiment conçu comme un carnet de voyage, avec sa chronologie et ses apartés.

Comment travaillez-vous ? Avec quelles techniques, outils ? Quel est votre rythme de travail ?

Sur ce livre j'ai travaillé principalement à la plume avec de l'encre de chine et de l'aquarelle, mais aussi parfois simplement au crayon ou à l'acrylique. Ce sont des outils simples, rapides, efficaces. Ce sont ceux que j'aurais utilisés si j'avais fait les dessins sur le vif. Même si on n'a jamais cherché à faire croire que j'étais sur place, on voulait que le résultat se rapproche d'un carnet de croquis, des carnets que je fais quand je travaille pour moi. Mon rythme de travail est simple : comme j'ai une famille, je travaille du lundi au vendredi, d'environ 9h à environ 18h et souvent de 21h à très tard. Sur certaines périodes je dois prendre un peu sur les week-ends ou les nuits, tout dépend des échéances. Pour ce livre, les échéances étaient très resserrées et j'ai fait des grosses journées pour tenir les délais, notamment les trois derniers mois.

Avez vous des modèles dans votre métier ? Si oui qui sont-ils ?

Je ne sais pas si on peut parler de modèles. J'ai en premier lieu des collègues d'atelier qui me sont d'une grande aide car je peux partager avec eux mes doutes, mes interrogations et tester mon travail grâce à leur regard aiguisé et sans concession mais toujours bienveillant, c'est très précieux. Ensuite, je suis admiratif du travail de tellement de gens que la liste serait immense. En matière de dessin proche du croquis, j'aime beaucoup le travail de Benjamin Flao, de Simon Hureau, de Nicolas de Crécy, de Fabrice Neaud, d'Emmanuel Guibert mais aussi de Beuville, Toppi, Battaglia, Mattotti, Hyman… (j'aurai à peine fini cette liste que j'aurai envie de rajouter des dizaines de noms, c'est trop dur comme exercice !)

Quels sont vos projets futurs ? Viendrez vous vers la Bande Dessinée classique ?

Actuellement je travaille sur l'illustration d'une série de romans jeunesse qui sortiront à l'automne et nous démarrons tout juste un deuxième livre avec Raynal Pellicer, dans la lignée d"Enquêtes générales", prévu pour octobre 2015. Des pages pour l'excellente Revue Dessinée sont également en préparation. Actuellement je n'ai pas de projet que l'on pourrait qualifier de bande dessinée classique car je veux continuer à explorer cette forme du reportage dessiné. J'y viendrai probablement, ce sont les rencontres qui en décideront.

Quelles sont vos références dans la Bande Dessinée et si vous y veniez quel style aimeriez-vous faire ?

Mes références dans la bande dessinée s'approchent de mes "modèles" cités plus haut. Ajoutons Tardi, Posy Simmonds, Gipi (son dernier ouvrage est une tuerie), le "Portugal" de Pedrosa, la virtuosité de Blutch,… (s'ensuit une liste sans fin de tous ces gens extraordinaires dont je ne me lasse pas de regarder le travail…). Le jour où je viendrai à la BD, j'espère juste que je réussirai à produire un travail personnel et cohérent, ce serait déjà pas mal !

Merci beaucoup pour vos réponses Titwane et à bientôt avec Oncle Fumetti.

Enquête générales chez Lamartinière : Interview de Titwane.
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Published by Oncle Fumetti
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