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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 06:55

Rubén Pellejero est un dessinateur espagnol. Il est né en 1952. Il débute comme illustrateur et, il commence la bande dessinée en 1983 pour une série sur Barcelone. Il collabore principalement avec le scénariste argentin Jorge Zentner pour le compte de Casterman. Il a aussi publié deux albums chez Dupuis sur des scénarios de Denis Lapière et Franck Giroud. Il reprend Corto Maltese après Hugo Pratt avecJuan Diaz Canales Le voici au commande également de the long and the winding road écrit avec Christopher publié chez Kennes Editions.

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 06:55
The long and the winding road de  Ruben Pellejero et Christopher chez Kennes Editions.

Le synopsis de Kennes Editions :

«« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage » disait le poète. C'est pourtant sans joie que notre Ulysse entreprend le voyage posthume que lui propose son père. En guise de dernière volonté, celui-ci l'invite à répandre ses cendres sur l'île de Wight, en Angleterre, en suivant le même périple que lui lorsqu'il s'était rendu au mythique concert de 1970. Une odyssée rock qui avait changé le cours de sa vie. Et qui pourrait bien changer la sienne... Sur une bande-son d'époque, au volant d'un combi Volkswagen hors d'âge et flanqué des trois compagnons de jeunesse de son père, tous plus barges les uns que les autres, Ulysse empruntera donc la route longue et sinueuse qu'ils avaient suivie quelques années plus tôt.Au-delà de la ligne blanche, Ulysse découvrira que son père n'était pas ce petit bourgeois étriqué pour qui il n'avait jamais eu grande estime. Et à travers lui, il comprendra mieux d'où il vient et qui il est vraiment. ».

Le casting est détonnant. Réunir ces deux-là pour faire ce livre c'est juste improbable et pourtant cela marche. Cette histoire est attachante et fonctionne bien. Le héros est sympathique, on a envie de le suivre dans ce périple avec ses comparses que l'on aimerait bien rencontrer en vrai. Le scénar est incroyable et permet tout et surtout tous les excès. On a plaisir à suivre ce « road movie » un peu particulier. Le trait de Pellejero est incroyable. Passer de l'univers de Corto Maltese et de Pratt a celui de Christopher ne demande pas que du talent. De l'humanité. Christopher sort le grand jeu. La dramaturgie est bien menée. Les personnages sont drôles, humains et attachants. On se régale à suivre cette histoire. C'est un 184 pages au format 320 x 240.

Rubén Pellejero est un dessinateur espagnol. Il est né en 1952. Il débute comme illustrateur et, il commence la bande dessinée en 1983 pour une série sur Barcelone. Il collabore principalement avec le scénariste argentin Jorge Zentner pour le compte de Casterman. Il a aussi publié deux albums chez Dupuis sur des scénarios de Denis Lapière et Franck Giroud. Il reprend Corto Maltese après Hugo Pratt. Le voici au commande de cet album atypique.

Christopher est né en Angleterre en 1969. Cet Anglo-Marseillais (si cela existe) monte à la capitale (Paris)faire ses études de graphisme et réalise enfin que dans le logo de Carrefour, il y a un C en défonce. Cette découverte ne réussira pas pour autant à empêcher notre Anglo-Parigot-Marseillais à se lancer dans la bande dessinée en créant la comédie illustrée. Il consacre son temps à raconter des histoires de vies quotidiennes (la série "les filles" chez Carabas, "Les Colocataires" chez Dupuis...) au sein de l'atelier Cachalot en espérant que la prochaine révélation ne sera pas un miracle qui le forcera à s'enfuir dans un autre pays. Ce n'est pas le cas.



The long and the winding road de  Ruben Pellejero et Christopher chez Kennes Editions.
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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 06:55
Patience de Daniel Clowes chez les éditions Cornélius.

Le synopsis de Cornélius :

« Jack et Patience file le parfait amour, malgré quelques problèmes d’argent ils forment un couple harmonieux et comblé par l’arrivé futur de leur premier enfant. Un jour, ce bonheur vole en éclats. Jack rentre du travail et découvre qu’un étranger lui a arraché son fragile équilibre familiale. Pour empêcher l’irréparable, Jack fera tout ce qui est en son pouvoir même si pour cela il doit courber l’espace et le temps. »

Daniel Clowes. Je ne suis pas certain que la majorité des lecteurs de Bandes Dessinées connaissent et aient eu la possibilité de lire cet auteur. C'est une star aux Etats Unis mais il a été peu publié en France. C'est un auteur au style affirmé. On retrouve chez lui ce qui se fait de mieux. Trait précis, presque chirurgical. Colorisation forte à l'image de ce qui se faisait dans les années 70. Il signe ici l’une des œuvres les plus travaillées de sa carrière déjà longue. C'est une bonne façon de prendre contact avec son œuvre. Il travaille habilement les codes de la science-fiction. Fluide et addictive, la lecture de Patience transporte le lecteur dans un tourbillon d’émotions et de réflections aussi. L’auteur utilise la fiction et les voyages temporels pour mieux aborder des problématiques multiples: la construction de l’identité, la part du secret dans le couple, le deuil, la vengeance et bien sûr, l’amour. Patience mélange rêves d’enfance et questionnements matures. Un découverte pour certains. Une confirmation pour d'autres. Un auteur qui ne laisse pas indifférent. Cela sort le 13...mais c'est demain !!!!.

Daniel Clowes est né en 1961 à Chicago. Il apprend à lire dans les comics des années 50. Il publie dès 1989 le premier numéro de Eightball, que Chris Ware considère aujourd’hui comme le plus grand comicbook de la fin du XXe siècle. Clowes devient malgé lui, une icône de la contre-culture et du post-modernisme. Sacré “romancier graphique”, Daniel Clowes quitte Chicago pour la Californie. Il dessine pour le très sérieux New York Times Magazine des histoires au sein desquelles cigarettes et obscénités sont bannies par contrat. Son style mélangeant observation clinique du quotidien, dérapages fantastiques et satires grotesques, ont fait de lui le conteur atypique et précis.

Patience de Daniel Clowes chez les éditions Cornélius.
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 06:55

René Follet est né en 1931. C'est dès 14 ans que l'on retrouve son trait pour la réalisation de planches sur Stevenson, pour L'ïle aux Trésor de Stevenson. A 18 ans il entre au journal de Spirou. Il y réalise des planches des bonnes histoires de l'Oncle Tom. Il enchaîne avec une collaboration avec Le Lombard et le journal de Tintin. Sa première série Ivan Zourine y est publiée. Il crée aussi les Zingari pour le journal de Mickey. Et tant de choses encore...Une carrière de rêve pour un artiste hors du commun.... Rassurez vous cet artiste exceptionnel n'est pas mort. Oncle Fumetti pense qu'il ne faut pas attendre leur décès pour dire aux personnes que l'on aime son admiration. Monsieur Follet, Oncle Fumetti vous admire.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:55
Au fil de l'eau de Juan Diaz Canales chez Rue de Sèvres.

Le synopsis de Rue de Sèvres :

«Madrid, aujourd’hui. Niceto octogénaire passe sa retraite entouré de sa bande de vieux copains, de son fils Roman et de son petit-fils Alvaro. Dans l’Espagne marquée par la crise, le quotidien n’est pas simple. Il devient réellement inquiétant lorsque les amis de Niceto commencent à mourir les uns après les autres, dans des circonstances de plus en plus étranges et violentes…Quand Niceto disparaît à son tour, c’est une véritable course contre la montre qui démarre pour Roman et Alvaro. »

Après Blacksad avec JuanJo Guarnido et la reprise de Corto Maltese avec Ruben Pellejo on aurait pu croire l'homme repu, et l'artiste satisfait. Il n'en est rien. Juan Diaz Canales se la joue solo et nous propose un album propre. Propre au sens de personnel, pour soi en somme. Mais aussi propre, comme qui dirait bon ou solide comme vous voulez.Clean quoi !? Le Vieux Fumetti aime le noir et blanc. Il a toujours été fan de l'age d'or de la BD quand le récit était sublimé par des cases sobres et travaillées. Canales sait faire et nous en donne pour notre argent. Le récit nous narre la vie de la middle class madrilène quand elle glisse lentement vers la pauvreté. C'est prenant et profondément humain. C'est aussi un polar bien mené. Il est dépaysant et assez cynique. C'est donc diablement intéressant. L'Espagne est sur le devant de la BD européenne et c'est fun et agréable pour nous. C'est sorti. Cela fait donc 112 pages au format, 21x27,5 cm. Cela vous fera 17 euros !!!

Juan Diaz Canales est madrilène. Il nait en 1972. Il est le scénariste de Blacksad. Il a fait également les Beaux Arts. Il est pluridisciplinaire. Scénariste, dessinateur, il supervise des séries TV et des films d'animation. Il a créé son propre studio en Espagne où il demeure. Il vient de reprendre Coro Maltese le légendaire personnage de Hugo Pratt pour Casterman avec Ruben Pellejo. Il reprend le cours de sa carrière en publiant ce nouvel album chez Rue de Sèvres.

Au fil de l'eau de Juan Diaz Canales chez Rue de Sèvres.
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 06:55
Les Voyages d'Ulysse de Emmanuel Lepage et René Follet chez Daniel Maghen Editions.

Le synopsis de Daniel Maghen Editions :

«Jules Toulet, peintre obscur de la fin du XIXeme siècle, a perdu sa muse Anna. Les quelques lettres qu’il a reçues d’elle n’ont fait qu’entretenir la flamme et l’ont empêché de se remettre à peindre. Il traîne dans Istanbul et tente de retrouver la créativité de ses années de jeunesse. Le cœur dévasté et les poches vides, il embarque alors sur L’Odysseus, le navire du mystérieux capitaine Salomé, qui l’accepte à bord car elle s’intéresse à la peinture. En particulier, elle compte sur lui pour l’aider à retrouver un peintre, nommé Ammôn. Pourquoi ? Que lui veut-elle ? Quelle histoire se cache derrière cette femme au front dur qui ne connaît pas la crainte ? Qui est-elle ? »

Quand deux dessinateurs et même deux artistes comme Emmanuel Lepage et René Follet se rejoignent pour nous proposer un livre c'est forcément une grande attente. Oncle Fumetti écrit « un livre ». Tiens !!! pourquoi dit-on un livre et pourquoi dit-on un album !!! Un truc à creuser. C'est un livre. Déjà le bébé pèse 272 pages en format 25.0 cm x 32.5 cm. Cela pose les choses. Le prix aussi 29 euros. Nous sommes loins de la BD classique à 15 euros. Après venons en au contenu. C'est juste superbe. Sans doute un des albums de l'année. Deux talents de premier plan qui en plus s'accordent bien. Le père spirituel et son fils. Leurs travaux se conjuguent magnifiquement. C'est fin et finement travaillé. C'est le livre rêvé et même fantasmé par beaucoup. Classique mais beau. Dans un futur musée de la Bande Dessinée il aura sa place. Pour sûr ! A lire absolument. A parcourir et à reparcourir inlassablement.

Emmanuel Lepage est breton de Saint Brieuc. Il est né en 1966. Il est scénariste, dessinateur et coloriste. Plus de 20 œuvres déjà à son actif. Il a travaillé avec beaucoup de maisons d'éditions : Ouest France, Soleil Productions, Futuropolis, Daniel Maghen, Vents d'Ouest ou Dupuis et le Lombard. Une carrière riche de travaux de qualité commencée en 1987.

René Follet est né en 1931. C'est dès 14 ans que l'on retrouve son trait pour la réalisation de planches sur Stevenson, pour L'ïle aux Trésor de Stevenson. A 18 ans il entre au journal de Spirou. Il y réalise des planches des bonnes histoires de l'Oncle Tom. Il enchaîne avec une collaboration avec Le Lombard et le journal de Tintin. Sa première série Ivan Zourine y est publiée. Il crée aussi les Zingari pour le journal de Mickey. Et tant de choses encore...Une carrière de rêve pour un artiste hors du commun.

Les Voyages d'Ulysse de Emmanuel Lepage et René Follet chez Daniel Maghen Editions.
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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 06:55
Blake et Mortimer endeuillés.... Ted Benoît est décédé.

Ted Benoit était né en 1947. Il commença sa carrière dans le cinéma. Il étudie ensuite à l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques. Il est alors assistant réalisateur jusqu'en 1971. Il a collaboré à Métal Hurlant, l'Echo des Savanes et A Suivre. Il reçoit le prix du meilleur scénario au festival d'Angoulême en 1979. Il était également scénariste. Il n'en reste pas moins vrai que c'est un vrai spécialiste de la Ligne Claire. Il avait d'ailleurs reçu le Prix du public à Angoulême pour l'Affaire Francis Blake en 1997. Il nous a quitté le 30 septembre dernier.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 06:55
Exposition Tintin au Grand Palais du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017

Le pitch de l'Exposition :

« On ne présente plus la carrière de Georges Remi, dit Hergé, auteur belge de bande dessinée principalement connu pour Les Aventures de Tintin. Souvent considéré comme « le père de la bande dessinée européenne », il est l’un des premiers auteurs francophones à reprendre le style américain de la bande dessinée à bulles. Perfectionniste et visionnaire, il crée tour à tour Les Exploits de Quick et Flupke (1930) ou Les Aventures de Jo, Zette et Jocko (1935) et fait évoluer ses personnages en lien avec l’actualité contemporaine. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes contemporains et a vendu presque 250 millions d’albums, traduits dans une centaine de langues. Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais en collaboration avec Le Musée Hergé. L’exposition bénéficie du soutien d’Aurel BGC, Mécène d’honneur, de Linklaters et de Nexity. »

C'est la fête à Tintin en ce moment. Entre le Hors série de la revue sérieuse « Beaux Arts et cette exposition majuscule, le monde de l'Art propose le travail de son créateur, Georges Rémi alias Hergé. grâce à une importante rétrospective de son travail au Grand Palais. On peut y voir de nombreux crayonnés qui permettent de découvrir un dessinateur brillant. Nous le savions. Bien entendu la colonne vertébrale de l’exposition repose sur la genèse des albums. Deux salles consacrées à sa passion pour la peinture et l’art contemporain ouvrent le parcours également On y trouve aussi des publicités. Bref, les fans sont gâtés et peuvent d'ores et déjà découvrir cette exposition. A noter que l'exposition participe à la Nuit Blanche ce week-end en étant ouverte de 20h à minuit.

Exposition Tintin au Grand Palais du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017
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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 06:55
Beaux Arts – Hors série... Hergé les secrets du créateur de Tintin.

Ce mois les amateurs de BD sont gâtés. Le magazine Beaux Arts nous propose un Hors Série consacré à un des plus grands dessinateurs de tous les temps. Hergé. Grand pas seulement par son trait et par le style qu'il a créé ou pérénnisé : La Ligne Claire. Grand pas seulement parce qu'il a créé un personnage mondialement connu et emblématique. Mais surtout grand parce qu'il a contribué à faire d'albums dessinés pour les jeunes un art nouveau et qu'il a donné envie à des créateurs de se lancer et donné du rêve à des générations de lecteurs de « 7 à 77 ans »... Dans ce magazine forcément riche et en tout cas bien conçu on découvre des dessins, des photos, des interviews autour de thèmes comme ; la ligne caire, ses inspirateurs du Maître, la naissance de scénarios, son rapport à la peinture, les 15 dates clés de sa vie vouée à la création. C'est un bijou parce que même les fans de première force trouveront aussi des nouveautés et des informations sur leur idole. A ne pas manquer....

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 06:55
Interview de Nathalie Ferlut pour Andersen les Ombres d'un Conteur chez Casterman.

Qui êtes-vous Nathalie Ferlut ?

A priori, un auteur de BD. Parfois une dessinatrice, parfois une scénariste, pas toujours au même moment. Je fais des livres, et au fond, c'est ce que je pensais faire, déjà quand j'étais petite. Pour ma famille, je suis quelqu'un qui achète, empile et lit beaucoup de livres. Pour mes chats, je suis un humain qui a la bonne idée de travailler à la maison, donc pas loin du bol de croquettes. Pour mon banquier, je suis une déception, je pense.

Comment êtes-vous venue à ce mode d’expression ? Pourquoi la BD ?

Après mon bac, je suis partie en fac étudier -entre autres- l'histoire de l'Art mais je m'ennuyais assez : j'avais envie d'écrire des histoires qui m'appartiennent. Et bizarrement, alors que je n'étais pas une super dessinatrice, j'ai plutôt pensé à la bande dessinée plutôt qu'à la voie journaliste ou études purement littéraires. C'était à la fois un hasard (j'ai vu une affiche de promotion de l'école d'Angoulême dans les couloirs de la fac) et un genre d'évidence : je lisais de la bande dessinée depuis toujours mais je n'avais jamais imaginé que ça puisse être un métier. Bien des années plus tard, c'est devenue une vocation : comme un mariage sur un coup de tête qui devient une vraie histoire d'amour avec le temps...

Vous définiriez vous comme une scénariste ou une dessinatrice ? Que préférez-vous ?

Ça dépend : il m'arrive de dessiner les histoires d'autrui, et de scénariser pour d'autres personnes. Dans ces cas-là, j'essaie d'être l'un ou l'autre en évitant au maximum les interférences (ne pas trop intervenir sur le dessin du dessinateur ou être critique sur le scénario écrit par une autre personne). Lorsque que je travaille entièrement sur un projet, j'imagine que je suis plus portée sur l'écriture que sur le dessin.

Parlez-nous de vos œuvres ? Qu’est ce qui les relie entre elles ?

Peut-être mon besoin d'écrire, beaucoup. Mes projets sont toujours très hybrides : ils comportent beaucoup de texte, dialogué ou narratif. Mon inspiration est plutôt à chercher du côté du théâtre ou du conte. Et puis, il y a toujours un personnage, au centre qui est l'unique sujet de tout le projet : lui, ses doutes, sa façon de parler, de bouger : pour moi, c'est la voix de mes personnages. Au fond, ce qui leur arrive est un peu accessoire pour moi : ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus.

Vous avez travaillé avec Delcourt, Carabas puis Casterman. Des choix ou le hasard des rencontres ?

Un peu tout ça. Ainsi que ce simple fait : un projet d'album, c'est un rêve et aussi un gagne-pain. Il faut donc trouver un éditeur qui engage des avances sur droits décents pour l'auteur, et un avenir pour le livre. Parfois on doit prospecter un peu partout pour aligner tous ces astres-là.

Parlez-nous de votre dernier travail. Pourquoi ce sujet ? Pourquoi Andersen.

C'est un amour de jeunesse, Andersen, pour moi, que j'ai retrouvé avec joie, à l'âge adulte, sans qu'il aie perdu sa pertinence ou son humour. C'est donc un projet que j'avais en tête depuis une dizaine d'années mais ça a été très long de savoir comment raconter le bonhomme, qu'en dire qui puisse toucher des lecteurs, quel format, quelle voix pour le laisser parler, quand même : Andersen, c'est surtout quelqu'un qui écrit magnifiquement bien. Il fallait donc évoquer son style littéraire, sans le plagier...

C’est très fouillé. Comment travaille-t-on à définir la personnalité d’un tel personnage ?

En lisant plein de livres, de biographies. Et puis en les laissant de côté, et en reprenant les contes. C'est un genre d'enquête assez long, qui demande des périodes de maturations, de doutes… Il faut laisser se décanter les mots et les impressions.

Lorsqu'on connaît Andersen, on voit clairement se dessiner son autobiographie, ses inquiétudes, ss emportements et ses passions dans son œuvre. On l'entend très bien se raconter...

Interview de Nathalie Ferlut pour Andersen les Ombres d'un Conteur chez Casterman.

Combien de temps avez-vous travaillé dessus entre les recherches, les dessins. C’est un long processus non ?

J'ai du mal à passer moins de deux années sur un projet. C'est plus le scénario, le concept et puis le découpage et les dialogues, qui me prennent beaucoup de temps. Le dessin, lui, est une étape plus rapide. Quant-à la couleur, ça dépend puisque je ne la fais pas forcément toute seule (là, j'ai été aidée par Thierry Leprévost, qui a d'ailleurs mis en couleur tous mes premiers albums)

Etes-vous plus Photoshop ou mine de plomb ?

Les deux sont complémentaires, pour moi. Pas la mine de plomb, d'ailleurs, mais du lavis, dans mon cas, des encres, diverses avec lesquelles je fais mes cases, avant de les scanner et de monter les planches sur Photoshop.

Quels sont vos projets en cours ou les futurs ?

Il y a un projet en cours de finition, sur Artemisia Gentilleschi, aux éditions Delcourt, qui est dessiné par Tamia Baudouin. Et d'autres choses dont je ne peux pas vraiment parler encore : un album où je ne ferais que le dessin, par exemple...

Interview de Nathalie Ferlut pour Andersen les Ombres d'un Conteur chez Casterman.
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