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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 03:26

Eh oui une belle soirée à Montpellier avec un Apéro Surprise avec deux invités de marque : Terreur Graphique et  B gnet.

Et une jolie dédicace à Oncle Fumetti. 

 

Allez à la découverte de cet atelier d'artistes au 2 rue du bayle à Montpellier.

 

Terreur graphique

 

 

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 03:09

Le synopsis de Casterman :

 

« À Aix-en-Provence, une pénitente Ursuline souffrant de terreurs nocturnes et d’hallucinations commence à être exorcisée à la veille de Noël 1609. Bientôt rejointe dans ses déclarations par d’autres femmes, elle accuse son confesseur marseillais, le curé Louis Gaufridy, de l’avoir séduite et ensorcelée. Reprenant ces accusations un peu plus tard, en 1611, le Parlement d’Aix conclura après « expertise médicale » que le prêtre, au terme d’un pacte avec le diable, est devenu rien moins qu’un « lieutenant de Lucifer ». Torturé, Gaufridy passe aux aveux. Il est condamné au bûcher et brûlé en public le 30 avril de la même année. »

 

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Magnifique album que celui-ci. Hugo Bogo a réalisé un travail remarquable entre le récit qui est superbement adapté  d’une histoire vraie, passionnante entre hystérie collective, injustice et une reconstitution graphique d’une grande beauté. C’est à la fois artistique et très rigoureux intellectuellement. Les planches sont très belles. C’est un livre très atypique. On est captivé par le récit et la beauté  que nous propose l’auteur. Cette narrationi nous fait prendre conscience que l’humain est fragile et que le rapport à la religion  n’est pas sans danger et on le sait tous bien. L’album est sorti chez tous les bons libraires.

 

Hugo Bogo est un jeune créateur. Cet album est son premier livre. Il nous vient de l’Ecole européenne supérieure de l’Image d’Angoulême. 

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 06:56

Le synopsis de Le Lombard :


« Louve traverse l’effrayant Royaume du Chaos pour retrouver sa « part sauvage ». Cette dernière est partie affronter le diey loup Fenrir afin de lui dérober la dextre de Tyr et la ramener au Mage Azzalepstön. Aidée par une chouette mécanique et des dragons envoyés par sa grand-mère Kayla. Louve fait preuve d’une ingéniosité et d’une ruse qui lui permettront de surmonter les pires obstacles. Une belle démonstration de la supériorité de l’esprit sur la force brutale. »

 

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Encore une belle sortie chez Le Lombard. Un nouvel album tiré de l’univers de Thorgal. La suite des aventures de Louve qui s’installe dans le décor avec sa série en propre. Il faut convenir que Surzhenkoi signe au dessin un album très beau. Je vous recommande la planche page 17. C’est esthétique, très travaillé. L’ensemble est homogène. Yann est à la manœuvre, pardon au scénario. Les deux font la paire. Nous en sommes au tome 3 et on prend du plaisir à suivre cette jeune fille. Un album par an même si le rythme c’est accéléré puisqu’il n’y a que quelques mois entre les deux derniers. La série monte en puissance. La dramaturgie est là et on attend la suite avec impatience.

L’album est sorti.

 

Yann est insaisissable. Né à Marseille le 25 mai 1954, ce personnage d’origine bretonne est installé à Bruxelles.  Aujourd'hui, Yann est sans conteste l'un des scénaristes incontournables de la profession.

 

Roman Surzhenko  est né en 1972. Il a un parcours très riche en Russie et en Ukraine.  Ses favoris sont notamment  Serpiery, Gimenez, Rosinski, Manara, Giraud, Bilal… Youri Jigounov. De belles références. Il dessine Louve à présent.

 

Graza est connue pour avoir mis en couleur des albums de Thorgal. Née en Pologne, elle a suivi des cours de dessin et peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie. C'est là qu'elle rencontre Kas, futur dessinateur de la série "Hans". Celui-ci deviendra son époux. Elle s’installe en Belgique avec lui.

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:21

Le synopsis de Dargaud :

 

« Ce 4e épisode de WW2.2 est dédié à Vassili Zaïtsev, sniper surdoué et capitaine de l'Armée rouge. Figure emblématique de la bataille de Blackpool, il voit son unité tenir la ville face à une armée anglaise en déroute sur son propre sol. La situation est intolérable pour le commandement britannique qui fait appel à un commando de tireurs d'élites américains. Dans les ruines de Blackpool, une guerre invisible et impitoyable va voir le jour... Une guerre ayant un seul et unique but : éliminer Vassili Zaïtsev. »

 

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Le 15 mars est sorti le tome 4 de cette uchronie que nous connaissons maintenant bien. Il s’agit de revisiter l’Histoire moderne et surtout la Seconde Guerre Mondiale et de lui donner un sens nouveau. C’est toujours aussi passionnant. Le dessin est de qualité. Cet ibère est brillant. Il faut dire que sa carrière est déjà superbe. Les planches sont nettes. C’est précis, chirurgical et on prend plaisir à suivre l’histoire tout en contemplant des dessins classiques. C’est de la ligne claire. Les personnages sont bien dessinés. Il y a de jolis plans. Des portraits aussi. C’est colorisé de manière très adaptée. Bref côté graphisme c’est tout bon. Le scénario est évidemment passionnant. On cherche à faire la différence entre la Vraie Histoire, les emprunts et la fiction. Pour le reste, le rythme est bon. Tout s’enchaîne bien. C’est fluide. Cet album se dévore et on se plaît à le lire.  Allez-y sans retard, si ce n’est déjà fait.

 

Herik Hanna est né en 1977. Il aborde la BD par Strange très tôt. C’est un amateur de comics et de cinéma notamment d’ Hitchcock. Il scénarise des projets tels que La Grande Evasion avec Void 01 dessiné par Le Grand Sean Phillips. Il publie en 2013 une série Bas Hass qui connaîtra 4 tomes.

 

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Ramon Rosanas est Espagnol et vit à côté de Barcelone. Il a abordé la BD avec Astérix et Obélix. Il commence à dessiner à 19 ans pour le magazine El Vibora.  Il travaille pour Marvel en Angleterre et pour un éditeur japonais. Il consacre quinze années à collaborer dans le milieu de la presse. Il revient à la BD par la grande porte en travaillant avec Marvel Etats Unis.

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 11:35

Fred, de son vrai nom Frédéric Othon Théodore Aristidès né le 5 mars 1931 est mort le 2 avril 2013 à Paris.

Merci pour tout Monsieur. 

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 06:07

Le synopsis de Gallimard.

 

« Au XVIIe siècle, le roi en Prusse Frédéric-Guillaume Ier s'est mis en tête de posséder
la garde royale la plus haute du monde, c'est à-dire constituée de forces de la nature, aux proportions extraordinaires. Pour recruter ces géants, le roi envoie des hommes dans toute l'Europe, et jusqu'en Irlande. C'est là qu'ils découvrent Cathal Crann, modeste berger capable d'assommer un ours d'un seul coup de poing. Emmené de force à Potsdam, Crann y devient le favori d'un roi ridicule, tombe amoureux, découvre la vie, et se fait aussi quelques ennemis mortels... »

 

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Bayou , c'est une collection de BD publiée par Gallimard et dirigée par Joann Sfar. Un Bayou, c'est donc « un roman graphique » d'une centaine de pages de cette collection. C'est d'un de ces albums qu' Oncle Fumetti a choisi d'évoquer aujourd'hui. Ce livre édité en 2010 est un petit bijou d'inventivité. Le scénario est original. Ce personnage de Cathal Crann est touchant et drôle. Le dessin est naïf et agréable à l'oeil. Les planches sont simples avec en général 6 cases. Celles-ci ne sont pas marquées. C'est un choix esthétique. Au delà de ces considérations, c'est à un vrai conte philosophique et à une évocation historique que nous ont convoqué les deux auteurs. C'est tout simplement l'histoire des Lange Kerls qui nous est narrée. Pour ceux qui ne le savent pas ce bataillon prussien du XVII ème siècle a vraiment existé. Il était composé de soldats sélectionnés pour leurs grandes tailles, jamais en dessous de 1 mètre 88. C'était une sélection sur le physique. Il se dit même que des mariages ont eu lieu pour créer une race de soldats « à part ». Cela rappelle une idéologie nauséabonde du passé récent et d'aucun de relever que le nazisme a essayé et continue à propager ces concepts détestables. C'est donc une BD intéressante, bien conçu et intelligente. Oncle Fumetti aime à mettre ce genre de concept en avant. A découvrir ou à redécouvrir.

 

Laurent Rivelaygueest né en 1970 près de Toulouse. Il est le scénariste de ce livre. Il intègre l'école Estienne à Paris. Il travaille un temps dans la pub. Il dessine et ecrit un roman en 2007 Poisson-chien. Il est aussi peintre.

 

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Olivier Tallecest né en 1970. Il est breton. Il sort de l'école supérieure d'arts appliqués Duperré à Paris. Il voyage ; Brésil, Madagascar, Chili... Il travaille dans la presse ; Libé, les Inrckuptibles ou Le Nouvel Obs. En 2009 il publie Negrinha déjà publiée chez Gallimard.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 20:12

Le synopsis de Futuropolis :

 

«S’appuyant sur les témoignages et les journaux de l’époque, Jean-Luc Loyer raconte le terrible drame qui survient en 1906, dans la mine de Courrières. Une catastrophe industrielle et humaine qui engendra des luttes et grèves retentissantes mais des acquis sociaux tout relatifs. Un album érudit et extrêmement documenté, qui n’oublie pas d’évoquer la vie des familles de mineurs, leur entraide chaleureuse dans le quotidien et leur solidarité dans l’adversité et le malheur. »

 

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C'est un livre sur un épisode de la révolution industrielle que nous propose Jean Luc Loyer. En 1906, un événement majeur survient dans les mines du Nord. Une gigantesque catastrophe minière met en émoi la France et lui fait prendre conscience de la violence du sacrifice des mineurs et de leurs familles, qui par leur travail et leur courage, contribuèrent à la construction du pays et à son rayonnement industriel.


Ce livre excellemment bien documenté et parfaitement bien dessiné nous informe sur ce qu'a été cet épisode triste et poignant. Il nous permet de prendre conscience du sacrifice de centaines de hommes et même d'enfants qui perdirent la vie lors de cet épisode funeste. Au delà de la bande dessinée et de cet événement, Jean Luc Loyer redonne vie à tous ces individus, femmes, hommes et enfants qui payèrent de leurs avenirs la marche inexorable et infernale du développement économique qui avance sans prendre en compte l'humain. Il nous narre leurs vies simples, courageuses et solidaires. Leurs combats aussi. Une leçon de vie très actuelle. C'est passionnant et poignant. A découvrir.

 

Jean Luc Loyer est né en 1964. C'est un homme du Nord de la France. Il fait ses études à Douai à l'école des Beaux Arts puis il rejoint celle d'Angoulême. Il travaille un temps dans le monde du dessin animé. Il nous livre une douzaine de livres depuis 1998. Il est à la fois scénariste et dessinateur.

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 09:38

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Dans la série, «j'emprunte la terminologie du cinéma », nous allons parler du champ-contre-champ. Il s'agit d'un angle de vue qui permet de mettre en parallèle deux personnages antagonistes ou de rompre avec la monotonie d'une situation. Il autorise plus de dynamisme et permet plus de vitesse à une action. Dans l'exemple pris en illustration et qui est tiré de La complainte des landes perdues de Rosinsky et Dufaux publié par Dargaud, on voit bien que les deux personnages se font face et que le dessinateur retourne l'action pour accentuer la rivalité et pour permettre aux lecteurs de prendre plus possession de la scène.

Cela permet également de mettre en scène un dialogue entre deux individus. Cet angle permet de retourner une perspective et de mettre en valeur un décor en complétant la vision de ce qu'en aura le lecteur. Bien entendu les plans devront se succéder dans la même orientation...Une vue en plongée sera opposée à une vue en contre-plongée. Amusez-vous bien.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 22:41

Antoine Ozanam est un scénariste heureux. Ce mois-ci sortent deux de ses livres ; Klaw travaillé avec Joël Jurion au dessin chez Le Lombard et L'Ombre blanche développé avec Antoine Carrion chez Soleil Productions. Il a accepté gentiment de répondre aux questions d'Oncle Fumetti. C'est riche, intéressant et pas dénoué d' humour. Bonne découverte.

 

 

OZanam

 

 

Bonjour Antoine. Même si on peut lire des éléments sur toi sur internet on te connaît encore peu. Qui es-tu ? D'où viens tu ?

 

Ohlala, ça commence fort ! Homme de type caucasien de bientôt 43 ans. 1m72, brun et myope. Avec 5 kilos en trop. Ayant déménagé 15 fois (3 ans en moyenne donc), j’ai du mal à dire d’où je viens. Disons que je suis un banlieusard parisien qui a réussi à s’enfuir. 


 

Comment en vient-on à écrire des scénarios pour la bande dessinée ? Est-ce que une vocation ?

 

 

Faire de la BD est une vocation. Mais comme tout le monde (comme tous les gamins), je me projetais dans le dessin. J’ai mis assez longtemps à comprendre que je préférais raconter des histoires que les dessiner. Mais dès que j’ai compris, ça a été une évidence.


 

On trouve trace de toi dans le 9ème art pour des publications depuis 1999 environ. Tu as commencé, je crois, par un album Hotel Noir sorti chez Paquet, que tu as dessiné avec Bruno Lachard. Peux-tu nous en parler ?

 

 

J’ai connu Bruno à Bruxelles pendant mes courtes études à Saint Luc. Quelques années plus tard, il m’a fait rencontrer Paquet. Je lui ai montré mon book et il a flashé sur des illustrations qui mêlaient pate à modeler et dessin. Il m’a dit « si tu fais une histoire avec cette technique, je te signe ». Bruno est venu assez vite dans le projet. Il a modelé tous les persos et a dessiné toutes les affiches de propagande que l’on peut voir sur les murs de la ville. 

Tout allait bien jusqu’à la publication de l’album ! Au dernier moment, Paquet a changé de format… puis à la sortie, il a changé de diffuseur… C’est ce que l’on appelle « apprendre son métier ».

 


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Pourquoi ne dessines-tu plus ?
Le dessin n’a jamais été une évidence. Et faire des planches a été une véritable souffrance physique. À la limite, je serais plus un illustrateur qu’un dessinateur. Mais même là, il faudrait vraiment que je me fasse violence. Du coup, je dessine encore mais uniquement pour mon plaisir. Et ça redevient une évidence…

Quels sont tes thèmes de scénarios préférés ?
Le mot d’ordre dans tout ce que j’écris, c’est « liberté ». Je veux me sentir libre d’écrire ce qui me fait plaisir au moment où je le fais. Je ne suis pas du genre à vouloir creuser un sillon pour qu’on me reconnaisse… Je préfère que le lecteur se souvienne de mon histoire que de mon nom. Du coup, ça ouvre un énorme champ de thèmes possibles. 
Mais si je regarde bien, je crois qu’il y a certaines choses qui reviennent : La double identité, les actes manqués…


Qu’est ce qui te permet d’élaborer des scénarios ? Comment travailles tu ? Comment trouves-tu tes sujets ? Quel est ton rythme de travail ?
Au départ de l’écriture, il y a le dessin. Je suis du genre à attendre de trouver le bon dessinateur avant d’écrire. Bien sûr, avant, il y a des idées qui me trottent dans la tête. Mais ça devient concret avec le dessin. D’ailleurs les gens qui bossent avec moi savent que pour me stimuler rien ne vaut un croquis…
Pendant longtemps, ça m’a obligé à avancer sur une historie avec trois ou quatre pages de décalage avec le dessinateur. Mais j’ai maintenant envie d’écrire mes histoires d’un seul trait (ce qui n’empêche pas les relectures). J’ai l’impression de perdre de la spontanéité. On verra.
Pour les sujets, c’est moins conscient. Il y a des « choses » intimement liées à ce que je suis. Qui m’ont construit en tant qu’homme et que j’ai envie de partager. Ça peut être une atmosphère musicale ou la vie fictive d’un perso de roman. C’est de plus en plus la vie de gens réels. Après tout, à quoi bon inventer quand la réalité est encore plus folle.
Le rythme varie beaucoup. Mais il n’a rien à voir avec les parutions d’une année. A la limite, j’écris forcément plus que ce qui sort en une année. Puis qu’il y a aussi les choses que j’abandonne ou que je mets de coté… et puis, c’est sans compter le fait qu’une histoire peut rester très longtemps en gestation dans ma tête.

Préfères tu les séries ou les « one shots » ? Qu'est ce que détermine la longueur d'une œuvre ?
J’adore les deux ! Je dirais même que l’un ne va pas sans l’autre. J’aime que le lecteur ait toute l’histoire d’un coup car il peut juger du contenu d’un seul coup. Mais j’aime aussi l’idée que l’on puisse faire une véritable série où le rendez-vous serait pris avec le lecteur tous les ans. Malheureusement, c’est très dur à mettre en place. 
En tant que lecteur, que Franck Legall annonce qu’il va refaire un Théodore Poussin, c’est comme si un pote me téléphonait pour me dire qu’il va revenir de voyage et qu’il aimerait passer à la maison.  J’aimerai bien pouvoir créer ça. Pour l’instant, je n’ai fait que des miniséries... 

Parle nous de Klaw qui est un de tes derniers albums conçu avec la collaboration de Jöel Jurion ? Qui a eu l'idée ?
L’idée de travailler ensemble ? Je connaissais Joël par le biais d’un copain. Un jour, il m’a demandé si je serais intéressé de bosser avec lui ! La réponse était évidente. Mais je n’avais pas osé lui proposer. 
L’idée de l’histoire, c’est ma pomme. Mais j’avais vu certains croquis de Joël qui m’avaient fait penser qu’il serait la bonne personne pour une histoire de ce type.

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C’est un tryptique. Pourquoi trois albums ? Cela tient au scénario ou est-ce une volonté de se limiter ? Les albums suivants sortent très rapidement, le dernier en août. Pourquoi ? Envie de passer vite à autre chose ?
Au départ, je voulais lancer une véritable série. Un « ongoing ». Avec un album par an pendant 60 ans. Mais ne voulant pas effrayer ni Joël ni Le lombard, j’ai vu qu’il me fallait 3 albums pour tout mettre en place. Pour que si ça s’arrêtait le lecteur ne soit pas frustré de ne pas en avoir assez. Là, on va voir évoluer Ange qui passe du préado au jeune adulte. Il y a une vraie fin pour moi au bout des trois tomes. Mais elle est ouverte… disons qu’on en reste à un truc qui pourrait s’approcher de « ils vécurent heureux ». Mais on ne dit pas comment ils y arrivent.
Pour cette sortie rapprochée, c’est une idée du Lombard qui nous a dit que cela pourrait rassurer le public de savoir que les trois tomes existent déjà. Je tiens d’ailleurs à les remercier d’avoir gardé notre travail sous le coude aussi longtemps.  
Mais s’il est possible de ne pas passer à autre chose, j’en serais ravi. J’aimerai bien faire un long bout de route avec Ange. 


Pourquoi as-tu travaillé sur ce projet avec Joël ? Comment avez vous collaboré ?
L’histoire de Klaw été déjà bien avancée quand Joël m’a proposé de bosser avec lui. Et il a fait les trois premières pages très vite. Si bien qu’on a présenté le projet en un temps record. Et l’acceptation par Le lombard s’est fait encore plus vite. Du coup, on a avancé comme je le disais tout à l’heure : avec 5 pages d’écart ! Ce qui a fait que j’ai vécu quatre ans avec Ange et toute la troupe. Comme Joël n’habite pas près de chez moi, tout s’est passé grâce à la magie du web. 

Qu’est ce qui fait la particularité d’une collaboration avec lui ? Quelle est sa force ? Ses faiblesses ?
Joël est assez facile à vivre. Je lui envoie un découpage écrit, et il tombe une super page très dynamique. Ses persos ont une force incroyable. Donc tout coule de source. Sa seule faiblesse est de douter de lui de temps en temps. Il vous montre un dessin formidable et il vous demande si ça peut aller. 

Tu as travaillé avec Casterman, Soleil, Ankama et beaucoup d’autres et toc !!! cette fois-ci avec Le Lombard. Pourquoi ?
 
Pour le Lombard, ça vient des contacts de Joël. Je connaissais Pôl du temps où il était libraire. Les retrouvailles ont été faciles. Et puis pour un projet comme ça, il faut un éditeur qui y croit. Pôl a été super dans le rôle. Par la suite, tout le staff du Lombard s’est montré plus qu’à la hauteur. Ça a été une super expérience. 
C’est d’ailleurs pour ça que de temps en temps, je vais « picorer » chez un autre éditeur : pour voir comment ça se passe ailleurs. Mais je suis d’un naturel fidèle. Donc, je favorise toujours les éditeurs avec qui j’ai déjà travaillé et avec qui ça s’et très bien passé. 

Quels sont tes maîtres dans ton domaine ? Qui t’a inspiré ? Et dans les dessinateurs ?
Ils sont très nombreux à m’avoir mis des claques ! Makyo, Letendre, Yann et Benoît Peeters pour commencer. Mais mes « maitres » pour le scénario ce sont Carlos Trillo et Peter Milligan. J’aime leur façon de rythmer leur récit. 
Après, il y a Le maitre. Celui qui se permet de dessiner aussi bien qu’il écrit : Andréas ! Ce type est un génie. Il ose vraiment tout. 
Pour les dessinateurs, ça va vite devenir un hall of fame ! Je n’en citerai donc que trois : Horacio Altuna, Duncan Fegredo et Riff Reb’s. Mais il y en a plein d’autres.

Si tu devais emmener 5 BD sur une île déserte lesquelles prendrais tu ?
On a le droit aux intégrales ? En tout cas, je vais tricher, je ne parlerai pas de ceux que j’ai déjà cité (sinon, il va y en avoir que pour Andreas et Altuna). 
Donc : Perramus (Breccia), Cages (Mc Kean), Trait de craie (Prado), Murmure (Mattotti) et Silence (Comès).


L’Ombre blanche  que tu as travaillé avec Antoine Carrion sort ce mois-ci également chez Soleil Productions. Peux tu nous en parler ?
Là encore, c’est la tentation de faire une série. Le premier cycle est de deux albums. Avec une vraie fin. Mais l’univers mis en place est assez large pour que l’on puisse aller très loin. 
C’est mon quatrième album avec Antoine Carrion (aka Tentacle Eye). Je crois que nous sommes arrivés à un moment dans notre collaboration où nous nous connaissons assez pour tenter des choses plus ambitieuses du point vu développement. Pour cette histoire, Antoine m’a demandé de faire un récit d’Heroic fantasy. Comme je crois vraiment ne rien à avoir à raconter sur le sujet, j’ai dit oui en faisant un récit sans héroïsme et sans fantasy… Cela donne une histoire médiévale un peu brute, sèche. 

ombre blanche
Quels sont tes projets à venir ?
Pour cette année, il y a donc la suite de L’ombre blanche et celle de Klaw. Il y aura aussi un album chez Daniel Maghen réalisé aussi par Antoine Carrion. Il s’agit de Temujin. Une relecture de la naissance de Gengis Khan. Là encore, il est question d’identité des personnages puisque notre Temujin n’est pas Gengis Khan. Le récit est orienté « initiation shamanique »…
L’année prochaine, ça sera le retour des one-shots et du polar. Puisqu’il y aura 3 polars bien rudes. L’un avec Rica (avec qui j’avais déjà fait e dans l’eau) et les autres par des dessinateurs étrangers pas encore connus chez nous mais qui risquent fort de marquer les esprits. Il devrait y avoir aussi un ovni dessiné par Lelis (auteur avec qui j’ai fait
Last Bullets)…
           
Mais en fait, je suis déjà en train de préparer 2015 ! Et là, il va y avoir des surprises ! Avec des récits ou la poussière se disputera la place avec le sang ! Et aussi une petite perle au Lombard avec Julia Bax qui réalisera tout un album à l’aquarelle…

Et bien nous reparlerons de tout cela avec plaisir. Merci Antoine pour tes réponses et à bientôt donc pour découvrir tes réalisations futures.
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 19:37

Le synopsis de Dargaud :

 

« Le Monde de Milo se situe tout près de cette maison au bord du lac, dans laquelle il est si souvent seul. Un jour, il trouve un magnifique poisson d'or, et sa vie bascule ! Car après le merveilleux poisson, c'est un homme à tête de crapaud, puis un autre à tête d'aigle qui apparaissent, bientôt suivis par une jeune fille prisonnière. Milo découvre que, de l'autre côté du lac, existe un monde fantastique dans lequel une bataille entre le Bien et le Mal fait rage. Il comprend surtout qu'il n'est pas impliqué dans cette histoire par hasard... »

 

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C'est sur un album très particulier que l'Oncle Fumetti a choisi d'écrire ce soir. Il s'agit de la dernière création du scénariste Richard Marazano. Il a choisi de transposer un conte chinois dans un contexte européen. Dans la réalisation c'est plus complexe que cela. Le dessinateur, le talentueux Christophe Ferreira qui nous « vient » du Japon applique un style très manga à cet album. En fait c'est une BD transversale...Sino-franco-japonaise tant les contrastes sont marqués.

Pour le dessin on pourrait se croire chez Miyazaki ou dans le dessin animé « Tom Sawyer » du Club Dorothée. Ce n'est pas péjoratif d'ailleurs. Le récit est chinois ou plutôt le style de l'histoire avec un poisson voile comme on en trouve en Chine. Pour le reste, le contexte est européen et la BD un vrai format franco-belge. En final tout cela fonctionne bien. C'est annoncé comme devant concerner les pré ados ou les adolescents. Nul doute que les adulescents liront et apprécieront aussi ce livre. Il est sorti depuis quatre jours. C'est un diptyque donc attendez vous à une suite.

 

Richard Marazano est né en 1971. Il rejoint l’atelier BD de l’école des beaux-arts d’Angoulême et fréquente l’atelier Sanzot avant de s’installer à Bruxelles. Il est aujourd’hui l’auteur d’une œuvre de bande dessinée importante parmi laquelle on peut citer, chez Dargaud, Le Complexe du chimpanzé dessiné par Ponzio. Il est prolixe et est un talent reconnu.

 

Christophe Ferreira est né en 1975. Il étudie à l'école des Gobelins. Depuis plusieurs années il vit et travaille au Japon. C'est là-bas que Richard Marazano est allé le chercher avec Alex Alice. En 2007 il avait participé à Persépolis, le film d'animation de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.

C'est donc un spécialiste de l'animation qui fait escale dans le monde du 9ème Art. 

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