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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 07:55
Interview de Flore Balthazar pour Frida Kahlo chez Delcourt.

Flore Balthazar a publié le mois dernier Frida Kahlo avec Jean Luc Cornette chez Delcourt. La voici chez Oncle Fumetti qui a voulu en savoir plus...

Bonjour Flore Balthazar. On vous connait assez peu ou pas assez en tout cas. Présentez-vous. Qui êtes-vous ? D’où venez-vous et pourquoi la Bande Dessinée ?

Ce n’est pas très grave si on ne me connaît pas : ce qui est assez pratique, en bandes dessinées, c’est d’envoyer ses petits bonshommes faire le boulot pendant qu’on reste derrière sa table à dessin. Je suis Belge, donc née au milieu d’un carrefour : à moitié flamande, un bout française et sans doute pas mal de wallon, étant donnée que je suis née à La Louvière. En toute logique, j’oublie souvent quelle langue parler, et à qui, du coup ça m’arrive de parler espagnol à un Flamand, wallon à un Français, et plus généralement en langage « chat ».

La bande dessinée était une évidence, grâce à la Belgique, à Tintin (comme beaucoup,j’ai appris à lire dans le Lotus Bleu), la proximité de La Louvière avec Marcinelle a fait le reste concernant Spirou. Enfin, à l’époque, surtout la librairie en face de l’école.

Vous êtes à la fois dessinatrice et scénariste. Qu’est-ce qui vous fait choisir de réaliser seule un album ou parfois de collaborer pour le dessin et la colorisation ?

Tout dépend du projet, de sa taille, c’est une question de distance; avec le sujet, par exemple. A l’inverse de Jean-Luc Cornette, j’ai une formation plutôt très littéraire. Je me sens donc plus proche du dessin, pour lequel je n’ai pas les ombres de Dostoïevski ou Victor Hugo qui surveillent ce que j’écris. Le dessin est un bon catalyseur de l’écriture.

Vous êtes un auteur « Dupuis » grâce à Miss Annie ou La Grande Vague…Vous voici chez Delcourt avec ce beau sujet. Vous quittez le Groupe Média Participations pour laconcurrence. Pourquoi ?

Tous les sujets n’intéressent pas tous les éditeurs… Pas toujours et tout le temps, en tout cas :-)

Celui-ci n’a pas trouvé sa place chez Dupuis, mais a intéressé immédiatement Elisabeth Haroche, chez Delcourt. La collection Mirages était d’ailleurs parfaite pour accueillir « Frida ».

Interview de Flore Balthazar pour Frida Kahlo chez Delcourt.

Parlez-nous de ce projet « Frida Kahlo ». Comment y êtes- vous venue et connaissiez- vous ce peintre ?

Oui et non. J’avais lu sa correspondance (Frida Kahlo par Frida Kahlo chez Points), mais en ne connaissant que superficiellement son œuvre. Pour Jean-Luc, c’était l’inverse : il avait vu plusieurs expositions. Nous avons vu ou revu le film et le sujet a fini par s’imposer.

Comment passe-t-on de Miss Annie à Frida Kahlo ?

Après avoir dessiné des chats pendant plusieurs années, j’avais envie de retourner vers les humains. Le hasard, le destin ou les coïncidences ont fini par faire le reste du travail.

Comment s’est passée la collaboration avec Jean Luc Cornette ?

Ça a été assez simple, en fait. Il a écrit l’histoire, j’ai fait les dessins. On a râlé un peu ici et là, et puis on s’est mis d’accord. On est spécialistes pour râler, mais, en tout cas pour ma part, environ une heure après, je me dis« ah oui, pourquoi pas ? ». Et alors, j’essaie de voir ce qui marche le mieux.

Frida Kahlo a eu une vie riche. Pourquoi travaillez sur ces quatre années de sa vie précisément et sur sa rencontre avec Léon Trotski ?

En fait, le problème qui se posait avec Frida était qu’il y avait plutôt « trop » que pas assez. Beaucoup de choses avaient été faites, aussi, qui racontaient essentiellement son parcours, son accident, ses opérations. Il a fallu trier. Trotski a un peu servi de « marque-page » : entre son arrivée à Mexico, accueilli par le couple Rivera-Kahlo et son départ inopiné (mais largement prévisible) suite à un coup de piolet, Frida en a profité pour devenir peintre.

Il est significatif, je pense, qu’elle passe de Mme Rivera à Mme Kahlo entre la planche 14 et la planche 119.

Interview de Flore Balthazar pour Frida Kahlo chez Delcourt.

Est-ce particulier de travailler sur une BD mettant en scène une artiste-peintre ? N’est pas l’occasion de se comparer à l’artiste dans son travail ?

Nous avons plusieurs point communs : être une femme, qui fait un métier visuel, dans un monde masculin. Il y a de plus en plus de femmes dans la bd, mais ça reste quand même majoritairement un sport d'hommes. Ça permet de s’identifier assez pour, je l’espère, incarner le personnage avec justesse.

Mais les différences sont nombreuses également, suffisamment pour garder la distance nécessaire. J’ai eu une vie beaucoup facile qu’elle ! Et puis, surtout, comparer son œuvre à la mienne serait pour le moins prétentieux.

Comment travaillez-vous ? Avec quels outils ? Crayons, lavis, Photoshop ? A quel rythme ?

Je travaille très simplement : crayonné, encrage (à la table lumineuse). Ensuite, je scanne et corrige.

Quels sont vos collègues favoris, ceux que vous admirez ou qui sont vos modèles, scénaristes ou dessinateurs.

Je dois avouer que tous m’épatent beaucoup. Je ne sais pas comment ils.elles font.

Pour le moment, j’admire beaucoup le parcours de Léonie Bischoff, nous partageons le même atelier et j’ai la chance de le voir de près. C’est assez rassurant de voir que, comme dit le capitaine Haddock, c’est toujours à la fois très simple et très compliqué. On extériorise juste différemment. Son album « Hoodoo darlin’ » est magnifique, par exemple.

J’aime beaucoup également ce que font Bianco, Nob, Emmanuel Lepage…

Quels sont vos projets futurs ?

Pour mon prochain album, je retourne au bercail, chez Dupuis. Il s’agira de raconter la vie d’une famille « ordinaire », en Belgique, pendant la guerre. Je voudrais comprendre comment les gens normaux font pour trouver à manger, continuer à survivre, voire à vivre, tout simplement, pendant que le monde autour est rempli de bruit et de fureur. Essayer aussi de faire quelque chose d’universel à partir du local, du quotidien… Bref, tout un programme ! A priori, ça s’appelera « Les Louves ».

Merci beaucoup Flore Blathazar et à bientôt.

Interview de Flore Balthazar pour Frida Kahlo chez Delcourt.
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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 07:55
Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti... La bête est morte ! de Calvo et Dancette.

Quand la BD entre en guerre cela donne «La bête est morte » de Victor Dancette et Edmond-François Calvo. En fait on dit souvent que cet album très connu et en même temps si méconnu est de Calvo et c'est donc inexact. Il faut rendre hommage aux deux créateurs.

Il convient avant tout, de présenter le dessinateur, Calvo. Il naît en 1892 à Elbeuf dans notre verte Normandie. Il commence sa carrière de dessinateur après la première guerre mondiale comme caricaturiste (dans Le Rire et Le Canard Enchaîné) puis comme dessinateur pour enfants dans une éphémère revue illustrée créée par le Parti communiste, Les Petits Bonshommes. Il participe à plusieurs autres périodiques comme Fillette, L’Epatant, Junior ; c’est le début de sa spécialisation dans un genre dont il sera l’un des maîtres incontestés : la bande dessinée animalière. Il collabore aussi avec des illustrés, c'est ainsi que l'on appelle les journaux de l'époque avant guerre et après aussi, périodiques réservés à la BD tels que Coeurs Vaillants, Tintin, Zorro. Tout cela a la Libération. Il meurt en 1957 sans achever sa dernière série, Moustache et Trotinette, l’histoire d’une souris, d’un chat et d’un chien visitant diverses époques de l’histoire. Ce que sa biographie, certes, peut diffusé n'indique pas toujours c'est qu'il donna des conseils à un petit jeune qui devint grand ; Albert Uderzo. Les connaisseurs relèveront aussi qu'il collabora avec Marijac ; un grand scénariste à son époque.

Alors... La bête est morte. De quoi s'agit-il ? C'est un livre qui raconte, en deux volumes, la Seconde Guerre Mondiale, sous forme de satire. La bande dessinée a été publiée après la libération de la France, juste avant la fin du conflit en Europe. D'ailleurs la fin de la BD annonce la chute d'Hitler. Le récit décrit pour l'essentiel la zone européenne, mais une page est consacrée à la guerre dans le Pacifique. Il est vrai que les informations passaient peu à cette époque.

C'est une des rares bandes dessinées françaises réalisées sur l'Occupation, avec Les Trois Mousquetaires du maquis de Marijac. L'œuvre est créée peu après le dessin animé Blitz Wolf de Tex Avery,sans que l'on puisse imaginer que les deux œuvres se soient mutuellement influencées.Le style de Calvo est lui en revanche influencé par les dessins animés de Walt Disney. BD animalière. Anthropomorphisme. C'est donc une des premières BD à style journalistique revendiquée. D'autres y viendront comme Art Spiegelmann par exemple.

La bio de Victor Dancette est plus succincte. On sait de lui qu'il naquit en 1900 à Tourcoing et qu'il fut donc scénariste d'illustrés et qu'il créa entre autre chose la célèbre collection « bibliothèque rouge et or » qui ravit les adolescents des années 50 et 70. Il meurt en 1975.

Les bonnes lectures d'Oncle Fumetti... La bête est morte ! de Calvo et Dancette.
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 07:55
Jan Van Eyck de Dominique Hé et Dimitri Joannidès chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

«Gand, le 14 septembre 1426. Hubert Van Eyck décède prématurément alors qu’il travaillait sur le Retable de l’Agneau mystique, une pièce destinée à l’église Saint-Jean. Ce travail inachevé met son commanditaire, le marchand Joost Vijdt, dans l’embarras. Mais Van Eyck avait un frère, qu’il avait initié à la peinture, et qui pourrait bien être en mesure de terminer l’œuvre… La mort soudaine de son frère pousse Jan Van Eyck, alors au service du duc de Bourgogne comme peintre et émissaire secret, à s’interroger sur le sens de sa propre vie. Il se demande s’il ne ferait pas mieux de retourner à ses pinceaux. Magnanime, son maître l’autorise à terminer le retable, à l’aide d’un nouveau procédé pictural tenu secret, s’il accepte une dernière mission diplomatique pour Constantinople. C’est justement au cours de ce voyage que Jan Van Eyck va trouver l’inspiration et les modèles pour achever l’œuvre de son frère... »

Glénat nous propose une nouvelle collection basée sur les grands peintres. Ce n'est pas moins de 19 artistes de premier plan et d'époques différentes que nous allons apprendre à mieux connaître. Tous ces albums paraîtrons entre mars et novembre. La narration est confiée à des spécialistes de ces créateurs. Ce ne sont pas forcéments des scénaristes de BD mais des vrais connaisseurs du monde de l'Art. Des hommes de lettres aussi. Les dessinateurs viennent eux du monde de la BD ou du roman graphique. Le premier livre abordé porte sur Jan Van Eyck. Dominique Hé est au crayon et là la planche à dessins. Il tire superbement son étoile du jeu. C'est très esthétique avec de planches intéressantes avec des cases vastes et superbement travaillées. Dimitri Joannidès sait transmettre sa passion de ce peintre flamand pas si connu que cela et c'est une belle découverte. L'album sort ce mercredi. Une collection de vulgarisation intéressante. A noter que des feuillets en fin d'album nous font découvrir les peintres de manière plus classique.

Dimitri Joannidès est historien de l’art, scénariste et aussi journaliste. Il collabore à la Gazette Drouot depuis 2006 et y tient la rubrique des "Entrevues imaginaires avec les grands peintres. Il collabore aevc des maisons de ventes aux enchères et d'institutions en tant qu’expert en art moderne et contemporain. Pour cette collection développée par Glénat il est le scénariste des histoires consacrées à Jan Van Eyck, Egon Schiele etMichel-Ange qui viendront par la suite. Il est par ailleurs l'auteur des fascicules "Histoire de l'Art" à découvrir à la fin de chacun des albums de la collection.

Dominique Hé est né en 1949. Ses premiers récits sont publiés par Pilote en 1973, puis à partir de 1976 par Rock & Folk et Métal Hurlant. Il crée Roland Donges en 1979 pour le mensuel des Humanoïdes Associés où il campe Marc Mathieu dès l'année suivante. Il anime en 1988 Marc Lechat dans Le Journal de Mickey tout en collaborant à Pif Gadget. Pour les éditions Glénat, il crée en 1989 Mémoires d'un aventurier avec François Dimberton, puis illustre en 1992 Tanatha écrit par Patrick Cothias, enfin il reprend en 2000 Sophaletta avec Erik Arnoux. Il a aussi publié chez Dargaud. Dominique Hé a également réalisé des illustrations pour Nathan, Hatier, Clé International, Bayard Presse, Musée du Louvre, Hachette, Bordas, Lire, la Comédie-Française, Atlas, Vuibert, Timpani (pochettes de disques) et bien d'autres pour la publicité et la communication. Il vit à Paris.

Jan Van Eyck de Dominique Hé et Dimitri Joannidès chez Glénat.
Jan Van Eyck de Dominique Hé et Dimitri Joannidès chez Glénat.
Jan Van Eyck de Dominique Hé et Dimitri Joannidès chez Glénat.
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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:20
Rosa tome 1 – Le Pari de François Dermaut chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

« Dans un hameau Normand au début du XXe siècle, Rosa, mariée par ses parents à Mathieu, veuf et alcoolique de 25 ans son aîné, bientôt atteint de la tuberculose, tient dans la ferme conjugale un bistrot fréquenté par les rustauds du village. Alors que seule la lecture lui permet de s’évader, elle est mêlée à un pari absurde aux enjeux énormes initié par des « hommes » vantards, braillards, émouvants dont certains influents dans la commune. En en édictant les règles, la femme insignifiante qu’elle était hier à leurs yeux éprouvera le plaisir indicible que procure le pouvoir. Rosa découvrira les « hommes », leurs ambitions, leurs faiblesses, leur ignorance, leurs peurs, leurs tares cachées, leur cupidité, leur soif de domination… Elle s’émancipera de sa condition de femme de la fin du XIXe siècle, et s’affranchira du joug de la religion, omniprésente à cette époque. »

Françoise Dermaut nous propose avec la sortie de ce tome 1, une œuvre intimiste sur une chronique villageoise. Il nous prouve si jamais c'était utile qu'il sait sortir du registre de la BD historique pour une narration plus psychologique. C'est donc à une série de deux albums que nous sommes conviés. On ne va pas vous réécrire le synopsis. Beaucoup y est dit. C'est le parcours d'une femme qui par des ressorts inattendus prend le pouvoir sur les hommes à une époque où l'épouse est dominée par son mari et à une époque où la communauté impose et broie les individus par un mode de vie difficile et aliénant. Le graphisme est superbe. On connait le talent de Françoise Dermaut. Le travail sur les physionomies est très réussi. La dramaturgie est bien menée. Les planches sont belles et bien découpées. On suit les pérégrinations de l'héroïne avec intérêt. Il y a du Gustave Flaubert dans cette histoire. Comme on sait que le tome 2 arrive tout n'est pas joué et on a envie de connaître la suite. A découvrir absolument. Cela sort le 4 mars.

François Dermaut est né en 1949 à Roubaix. Il étudie le dessin à l'Institut Saint-Luc de Tournai. Il publie ses premières bandes dessinées dans les magazines des éditions de Fleurus sous le pseudonyme de Franjacq. Il y adapte des classiques de la littérature comme Oliver Twist en 1974, ou Les Misérables en 1975 dans l'hebdomadaire Djin. Puis vient son œuvre majeure développée avec Daniel Bardet en 1982 Les Chemins de Malefosse déjà chez Glénat. Il travaille par la suite avec Didier Convard. En 2003 vient Carnets de Saint-Jacques de Compostelle notamment. Avec Bernard Ollivier, il travaille sur Carnets d'une longue marche : la Route de la soie chez Phébus en 2005. Après 12 tomes, il passe la main à Brice Goepfert pour le dessin des Chemins de Malefosse. Il dessine et co-scénariser Malefosse avec Xavier Gelot. C'est un fidèle de Glénat.

Rosa tome 1 – Le Pari de François Dermaut chez Glénat.
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 07:55
Chez Sotheby's Paris le 7 mars à 14h30...

Une vente se tiendra le 7 mars prochain chez Sotheby’s à Paris. Il est proposé des œuvres d’artistes emblématiques du Neuvième Art. Le choix est éclectique à travers 288 éléments composés de planches originales, d’illustrations et de peintures. Destinée à passionner les amateurs et les collectionneurs, la vente mêlera des auteurs européens et américains, historiques et contemporains, et reflète ce nouvel élan et cet incroyable engouement pour la Bande Dessinée. Les prix sont élevés même s’ils ne sont pas encore du niveau de ceux de l’art contemporain. Toutefois seuls les amateurs les plus fortunés ou les plus passionnés y risqueront leurs deniers mais c’est aussi enrichissant de voir ces œuvres rassemblées à défaut de les voir au mur chez soi. Pour vous donner un ordre d’idée ; un original de couverture (voir photo) du Petit Vingtième par Hergé est estimé entre 450 et 480 000 euros… cela laisse rêveur.

Parmi eux donc, citons, Hugo Pratt, Peyo, Moebius, Enki Bilal, Philippe Druillet ou Blutch ou Nicolas de Crécy... Il y aura des artistes américains tels que Winsor McCay ou Milton Caniff que nous connaissons tous. Quelques planches de Prince Vaillant par Hal Foster également et des crayonnés de Hergé. Un vrai plaisir des yeux. En plus c’est un samedi à 14h30.

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 07:55
Paroles de BD…Philippe Druillet

Au sujet de Métal Hurlant. «..C'était une période de folie. Il y avait en permanence une quarantaine de personnes chez moi, la drogue circulait, on inventait une nouvelle manière de dessiner, sans la moindre limite. A Métal, on avait les meilleurs dessinateurs du monde, mais la gestion était un joyeux bordel. Jean-Pierre Dionnet, aidé de Philippe Manoeuvre, a réussi à faire tenir tout ça debout. Métal hurlant, c'est un mouvement artistique, une légende. Mais j'en ai un peu marre qu'on m'en parle tous les matins... ». Tiré d’une interview de janvier 2014 publiée par l’Express.

Philippe Druillet est né le 28 juin 1944 à Paris. Il est dessinateur et scénariste de bande dessinée français. En 1969, Goscinny lui donne sa chance et il travaille pour Pilote. Il crée Métal Hurlant et les Humanoïdes Associés avec d’autres. La Nuit est son album-phare. Il est publié en 1976 et marque un tournant dans l'œuvre de Druillet, car il se lie intimement à l'accompagnement de sa femme dans la maladie, jusqu'à son décès. Son découpage et sa colorisation cassent les codes de l’époque. Lone Sloane est son héros récurrent. On le voit dans 10 albums de 1966 à 2012. (crédit photo : wwww.druillet.com).

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 07:55

Dans son bureau à Bruxelles, interview d'HERGÉ après l'inauguration de la statue de son héros : il est sinon ravi au moins étonné. Il répond aux reproches et critiques qu'on lui fait sur la politisation de ses histoires. Politiquement, il ne se situe nulle part et reprend à son compte une citation de Nietzsche : "Toute conviction est une prison". Merci à l'INA, à France 2 (Antenne 2 à l'époque). Un document de 1976.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 07:55
Loki 2. le Dieu fourbe de Dobbs et Benjamin Loirat chez Soleil.

Le synopsis de Soleil :

«Après leur mésaventure auprès de la tribu des hommes-loups Ülfhëdhnar et de Nidhogg le Dévoreur, nos trois compagnons sont de nouveau réunis. Mais le moine, le poète et le combattant demeurent encore et encore les jouets d’un destin facétieux et tragique. Et si... oui, et si les Nornes, maitresses du temps et grandes tisseuses de la destinée des 9 mondes, avaient choisi le guerrier sans passé appelé Loki pour une tâche bien précise: mettre un terme définitif à l’âge d’or d’Odin le Tout Puissant et mener l’univers connu sur la voie du Ragnarök, le commencement de la fin. »

Un Dobbs cela se déguste. Le Monsieur est rigoureux. Il y a du travail et de la reflexion dans ce qu'il fait. Ceux qui le connaissent vous diront que c'est un personnage mais le scénar cela ne se galvaude pas. Il prend le temps. Il fait les recherches qu'il faut et il nous propose toujours un « produit » pensé et abouti. Cet album n'échappe pas à la règle. Un petit tour à Asgard en si bonne compagnie cela ne se refuse pas. La couverture est superbe et on sait que Dobbs y apporte un soin scrupuleux. C'est une bonne entrée en matière. Avec ces lascars pas de lézard...la suite est du même tonneau. Bref c'est certes encore une BD de viking mais c'est atypique. On est directement au stade des Dieux. On sait tous un peu que la mythologie nordique est complexe et laisse la place aux rêves et à l'imagination. Les créateurs sont donc en capacité de nous en proposer. Benjamin Loirat a le sens du trait. Il sait dessiner les physionomies qu'il convient. Les planches sont travaillées et c'est très esthétique. C'est rapide, punchy. La fine équipe est reconstituée. Toujours Quemener pour les couleurs. Une bonne BD. Il n'y en a pas beaucoup en ce moment. Ne boudez pas votre plaisir.

Benjamin Loirat est un jeune dessinateur. Il circule encore peu d'informations sur lui. Son premier album a été une vraie réussite. La suite est bien construite. Il s'annonce comme l' un des jeunes dessinateurs les plus prometteurs de sa génération. Il remet le couvert avec Dobbs ; une paire complémentaire. Il en faut.

Olivier Dobremel alias Dobbs est formateur, scénariste et conférencier. Il est montpelliérain. Il collabore maintenant depuis plusieurs années avec Jean Luc Istin et avec Soleil sur des scénarios portant sur des livres tels que : Ed Gein, Mr Hyde contre Frankenstein, Allan Quatermain ou encore Alamo. Il a sorti 11 albums depuis 2009 et d'autres depuis. Il est prolixe mais c'est de la prolixité talentueuse.

Simon Quemener est montpelliérain également. Il a été formé à l'école ArtFx de Montpellier. Il est à la fois dessinateur mais aussi coloriste. Il collabore actuellement avec Soleil mais son parcours l'a amené à travailler avec d'autres éditeurs comme Ankama ou Joker.

Benjamin Loirat

Benjamin Loirat

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 07:55
Vénéneuses de Thomas Gilbert chez Sarbacane.

Le synopsis de Sarbacane :

« Vénéneuses suit le fulgurant destin de Noor et Domitille, deux lycéennes sensuelles et sauvages. Nos héroïnes veulent vivre à 1 000 à l’heure, avec une force de vie et de mort époustouflante : soirées – trop – arrosées, amours interdites et dangeureuses, fascination pour l’auto-destruction, relations compliquées entre filles… Dans cette cruelle chronique d’une amitié hors normes, le tout jeune Thomas Gilbert explore avec brio les affres de l’adolescence. Il mène son récit tambour battant. Un récit porté par un dessin énergique, survolté et inspiré – acide. »

Une chronique sur l'adolescence. Une de plus allez vous penser. Non. Pas celle-ci. Thomas Gilbert nous offre sa vision de cette période de la vie. Le passage de l'enfance à l'age adulte. Nous connaissez non ? Il fait sa proposition par la biais de deux héroïnes. Deux filles. Une histoire de filles racontée par un homme. Paradoxe?Non pas forcément. Comme de juste elles prennent la vie par les deux bouts. On ne vous raconte pas la fin. On vous laisse la découvrir. Le parti pris graphique est au diapason avec le récit. C'est novateur dans la narration. C'est très travaillé et pourtant très brut. C'est intéressant par la colorisation aussi. C'est très « barré ». On suit cela avec plaisir. C'est nouveau, original et intéressant. Une vraie belle découverte. Une œuvre à prendre dans ses mains, à ouvrir et à lire du début à la fin. C'est sorti. C'est un 160 pages quand même, en format 20,5 X 28 CM de plaisir. En quadri et en couverture cartonnée. Allez-y voir.

Thomas Gilbert est né en 1983. Il entre dans la carrière en 2009, avec la sortie du premier tome d’Oklahoma boy mais,aussi de Bjorn le Morphir. Il nous propose ses histoires. Toujours des projets très personnels. Il crée du lien avec le lecteur. Il travaille à l’atelier Mille, à Bruxelles.

Vénéneuses de Thomas Gilbert chez Sarbacane.
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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 06:20
Frida Kahlo de Jean Luc Cornette et Flore Balthazar chez Delcourt.

Le synopsis de Delcourt :

«1937, Mexique. Frida Kahlo, artiste et femme libre, accueille chez elle Léon Trotski, cadre du parti communiste de l'Union soviétique, forcé à l'exil. Jusqu'à son assassinat quatre ans plus tard, le politicien, la belle Mexicaine et Diego Rivera, son tumultueux époux, vont vivre une aventure hors norme, entre passion et fureur, art et politique, rires et larmes. Trois destins qui s'entremêlent pour quatre ans d'Histoire. »

Frida Kahlo était hors de son temps . Artiste, féministe, engagée politiquement et bisexuée, elle était à son époque très en avance sur ses contemporains dans une société machiste et peu ouverte à la modernité et aux idées. Elle était issue d'une famille très bourgeoise mexicaine et d'un père allemand immigré en ce pays d'Amérique Centrale. Femme belle, forte de caractère et fragile physiquement, artiste et engagée. Cela lui vaudra une vie tumultueuse. Les deux auteurs se sont attachés à nous narrer un aspect essentiel de sa vie ; son engagement auprès du parti communisme mexicain avec son mari Rivera, autre artiste mexicain et sa relation tumultueuse avec Léon Trotski quand ce dernier fût exilé au Mexique, pays où il mourut assassiné d'un coup de pioche dans la tête. C'est donc un récit passionnant et dramatique auquel nous sommes conviés. Il y aurait d'autres aspects de la vie de cette femme incroyable qui auraient pu être racontés tant elle a été riche. C'est malgré tout un parti pris intéressant. On suit la dramaturgie avec intérêt. Le graphisme est intéressant tout en laissant sa place au récit. Flore Balthazar nous propose ses dessins et la colorisation. On prend plaisir à suivre l'histoire et à tourner les pages. A lire.

Jean-Luc Cornette est né en 1966 en Belgique. Il étudfie à l'institut Saint Luc de Bruxelles et fait ses débuts chez Spirou avec une petite héroïne, Columbia. Il collabore avec L'École des Loisirs ou le Seuil Jeunesse. Il a travaillé également à l'adaptation du Fantôme des Canterville avec Christophe Hanze, l'autre complice de longue date. Le voici chez Delcourt.

Flore Balthazar est belge. On découvre plus particulièrement son travail depuis 5 années environ. Elle collabore avec Dupuis pour Miss Annie ou encore La Grande Vague. La voici dans un registre différent. Intéressant.

Frida Kahlo de Jean Luc Cornette et Flore Balthazar chez Delcourt.
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